RT 2012 : quels surcoûts et quel coût global ?

RT 2012 : quels surcoûts et quel coût global ?

Quel surcoût, la RT 2012 induira-t-elle dans les constructions ? Entre 7 et 10 % dans l’individuel, selon une étude du ministère du développement durable. Et de 5 à 7 % dans le collectif.



 

Le ministère a fait une évaluation économique de la RT 2012. Ses estimations de surcoût, selon les scénarios constructifs retenus, s’établissent entre + 7 à + 10,6 % dans l’individuel. Le cas retenu concerne une maison de 90 m2 d’un coût de 95 k€.

 

Cinq solutions ont été étudiées :

 

  1. effet joule (convecteur) + ECS thermodynamique performant et Bâti meilleures techniques possibles. C’est une solution peu coûteuse avec un surcoût de 6 650 €.
     
  2. pompe à chaleur + ECS thermodynamique + bâti performant BBC : elle engendre un surcoût de 7 050 €.
     
  3. chaudière condensation gaz + ECS solaire avec appoint chaudière + bâti performant BBC, d’un surcoût identique à la solution 2
     
  4. chaudière bois granulé + ECS bois + bâti performant BBC : c’est la solution la plus coûteuse avec un surcoût de 10 050 €.
     
  5. réseau de chaleur urbain + ECS RCU+ bâti performant BBC, solution la moins coûteuse avec un surcoût
    de 6 550 €.

 

En termes de coût global sur 20 ans, les écarts les plus importants concernent la solution 5 (-5 828 €) et la solution 4 (+ 2 246 €) dans les zones de climat modéré (H2b, soit le grand quart Ouest). Explication : la chaudière à granulés suppose un investissement et une maintenance (encrassement) supérieure à celle des autres solutions. Ces coûts globaux sur 20 ans tiennent compte de l’investissement initial auquel s’ajoutent 20 ans de frais énergétiques sur les usages réglementés (ECS, éclairage, refroidissement…), d’abonnement et de maintenance en appliquant un taux d’actualisation annuel de 4 %.

 

Dans le collectif, (sur la base d’un immeuble d’architecture régulière de 17 logements, soit 84 k€ par logements) les surcoûts varient de 4,4 % à 7 %. Les solutions les moins coûteuses en investissement concernent la solution effet joule (convecteur) + ECS thermodynamique individuelle + bâti très bonnes techniques (soit 3 595 € de surcoût). Elle est suivie de près par la solution effet joule + ECS solaire avec appoint thermodynamique + bâti très bonnes techniques (+ 4032 euros).

 

Les solutions les plus coûteuses sont celles de la chaudière individuelle + ECS instantanée + bâti performant BBC (+ 5879 €), suivie par la solution chaudière collective condensation gaz + ECS solaire avec appoint chaudière  + bâti performant BBC (+ 5755 €). A noter : les solutions chauffage bois et biomasse sont pénalisées en raison du surcoût à l’investissement. La RT 2012 module donc les exigences de consommation maximale afin de ne pas écarter cette solution dont l’avantage réside dans le contenu très faible et incontesté en CO2 (13 g de CO2 par kWh).

 

En termes de coût global dans le collectif, sur 20 ans, les solutions s’avèrent toutes bénéficiaires avec des écarts peu importants selon les choix constructifs. Exception faite avec la solution chaudière individuelle (ave ECS instantanée et bâti performant BBC) qui suppose une maintenance plus coûteuse par rapport aux chaudières collectives ou aux convecteurs. Notons que la plus bénéficiaire demeure donc celle mettant en œuvre des convecteurs avec ECS thermodynamique individuelle performante et un bâti bien isolé. « Les investissements sont toujours rentables car sur 20 ans, les économies réalisées varient de 5 000 à 15 000 euros » conclut Jean-Pierre Bardy.

 

Le collectif privilégié


 

« La RT 2012 ne privilégie aucune filière industrielle », précise Jean Pierre Bardy, sous-directeur de la qualité et du développement durable dans la  construction. Selon le responsable, chaque acteur et chaque fabricant doit faire des efforts afin que les surcoûts engendrés soient raisonnables, notamment en logement collectif.  « On sait que la maison individuelle a les faveurs des Français, mais, c’est parfois un non sens sur le plan du bilan carbone. Une maison isolée et donc mal desservie par les transport supposera l’utilisation de 2 véhicules », reprend Jean-Pierre Bardy. En revanche, la densification des villes est plutôt un élément favorable qui justifie la valorisation des logements collectifs et des solutions industrielles développées dans le cadre de la RT 2012. Un argument qui explique l’exigence de consommation plus favorable de 57,5 Kw/m2/ an en collectif jusqu’au 1er janvier 2015 (contre 50 Kw/m2/an en maison individuelle).

 

 

Source : batirama.com / Fabienne Leroy

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