Une market place de matériaux invendus entre Pros voit le jour

Une market place de matériaux invendus entre Pros voit le jour

Materiopro est une nouvelle plateforme numérique destinée aux entreprises du Bâtiment souhaitant vendre des matériaux neufs non utilisés. Les acheteurs pourront être les entreprises mais aussi les particuliers.



C’est un nouveau challenge qui s’ouvre pour Patrick Torcol (au centre de la photo), président et fondateur de cette start-up ou plateforme numérique dédiée aux professionnels. Entrepreneur pendant 35 ans dans le domaine de la peinture et des revêtements de sols (50 salariés, 7 M€ de CA), notre homme, membre du conseil d’administration de l’Union professionnelle des métiers de la finition au sein de la FFB (UPMF), a voulu poursuivre l’aventure professionnelle après avoir transmis son entreprise à son fils.

 

Son constat est simple : les entreprises doivent récupérer, stocker et souvent jeter une quantité étonnante de produits neufs invendus. Effaré par ce gaspillage coûteux (la mise en décharge n’est pas gratuite !) qu’il a bien analysé après la transmission de son entreprise, Patrick Torcol a cherché une solution pour donner une 2e vie aux matériaux neufs invendus.

 

Il a ainsi présenté son projet à son syndicat ainsi qu’aux autres corps de métiers de la FFB qui y ont vu l’occasion de résoudre de façon vertueuse un problème récurrent au sein de la profession tout en améliorant la marge des entreprises.

 

Un moyen de générer de la trésorerie

 

« Aujourd’hui, un patron doit améliorer la rentabilité de l’entreprise sur tous les postes possibles, surtout dans sa gestion administrative ; et c’est d’ailleurs l’un des rares leviers possibles car, sur les chantiers, les prix sont encore trop tirés par le bas pour générer de la marge significative » explique Yves Labbé, délégué général de l’UPMF.

 

L’idée repose donc sur la mise au point d’une plateforme dédiée aux professionnels du Bâtiment qui pourront revendre à moitié prix leurs invendus, dans un premier temps aux professionnels, puis dans un second temps, aux particuliers.

 

Dès le mois de septembre prochain, le système permettra en effet aux professionnels de s’adresser aux particuliers (sur un site dédié), s’ils n’ont pas trouvé d’acheteurs professionnels. En fait, le professionnel aura par la suite la possibilité de vendre ses invendus aux deux cibles, professionnels et particuliers. En revanche, la plateforme ne sera pas ouverte à la vente pour les particuliers : ces derniers ne pourront qu’acheter…

 

Le colossal marché des invendus

 

Le marché des invendus est en effet considérable selon Jean-Baptiste Rault, président de l’agence Passerelles : il représente 1 % de la valeur des achats des entreprises, soit 1,24 milliard d’euros par an. Et ils totalisent 40 millions de tonnes de déchets par an, ce qui aujourd’hui semble irresponsable, dans le cadre d’une économie qui se veut circulaire et vertueuse. Le montant moyen annuel des invendus représente ainsi une valeur de 4080 euros et jusqu’à 20 000 euros pour les plus grosses entreprises.

 

L’acheteur professionnel pourra ainsi gagner en moyenne de l’ordre de 50 % du prix du lot repéré, voire davantage (jusqu’à - 20 % maximum par rapport à l’offre du vendeur) mais pas plus sachant qu’une seule contre-offre est possible pour la même transaction. A charge pour le vendeur d’accepter ou de refuser définitivement la demande au rabais de l’acheteur. « On n’est pas marchand de tapis non plus, et le but est de faciliter la vente et non pas de la compliquer » rétorque Patrick Torcol.

 

L’offre de produits concerne donc aujourd’hui tous les matériaux utilisés dans le bâtiment à l’exception des marques de distributeurs (MDD) et de l’outillage. Mais des idées, encore secrètes, semblent germer dans l’esprit du créateur de la startup concernant ce domaine du matériel et de l'outillage notamment.

 

 

Une rémunération grâce aux abonnements et une commission

 

La plateforme qui emploiera 8 personnes et vise 2000 adhérents (pour 4000 ventes) d’ici à la fin de l’année, sera rémunérée par les abonnements des vendeurs inscrits (192 euros par an ou 20 euros par mois) et par une commission de 5 % qui sera prélevée sur chaque vente.

 

Une appli sera lancée au mois de mai pour faciliter l’accès du service aux abonnés. En trois minutes, un vendeur pourra mettre en ligne des produits invendus et les proposer à la vente, déclare Patrick Torcol.

 

Doté d’un système de géolocalisation, le système et son appli faciliteront la mise en relation entre acheteurs et vendeurs en fonction des critères géographiques spécifiés. La plateforme s’appuiera également sur un système de livraisons et pourra indiquer des prix fournis-livrés des produits intéressant des entrepreneurs un peu éloignés du « point de vente » d’origine. Enfin, la sécurité du paiement en ligne par carte bancaire est garantie avec le logiciel Stripe (alternative à Paypal) dont le niveau de sécurité s’avère très élevé.

 

Des acheteurs pros et particuliers

 

Selon un sondage fourni par les promoteurs de la plateforme, quelque 83 % des professionnels se disent intéressés par un service de revente entre pros et 74 % le sont également pour racheter des lots non utilisés. Mais la possibilité laissée aux particuliers de racheter des produits invendus devrait garantir a priori la réussite du modèle business…

 

Le délégué général de la Fédération française des entreprises de génie électrique et énergétique (FFIE), Philippe Rifaux, se dit également très intéressé par ce nouveau service. Il estime à 250 millions d’euros le stock des invendus dans son secteur (90 % des entreprises d’électricité ont moins de 10 salariés) et déclare vouloir soutenir cette initiative auprès des entreprises du Bâtiment tous secteurs confondus.

 

La Startup espère créer 18 postes l’année prochaine (avec 9000 adhérents) et une trentaine de postes en 2020 avec 20 000 adhérents. Quant au nombre des ventes, il devrait atteindre 20 000 en 2019 et 60 000 d’ici 2020, selon les prévisions de Philippe Torcol, seul à porter le projet en autofinancement à ce jour.

 


Source : batirama.com / Fabienne Leroy

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