Les bétons esthétiques ont la cote

Les bétons esthétiques ont la cote

Les aménagements extérieurs accordent une place de plus en plus large au béton : les bétons décoratifs sont une tendance forte, qui permettent des réalisations originales et esthétiques.





Trois caractéristiques principales font du béton une matière très appréciée des maîtres d’ouvrage : une liberté formelle permise par une grande facilité de moulage, une large palette de couleurs liée aux composants du béton et à l'ajout de pigments et les différentes textures rendues possibles pour en animer la surface.

 

C’est ici qu’intervient le béton décoratif, également dit « esthétique » ou « architectonique », qui est proposé dans différents aspects de finition.

 

© Sika

Traitement chimique ou mécanique

 

Pour offrir une large palette de variétés esthétiques, le béton peut en effet faire appel à divers procédés techniques pour présenter le relief décoratif voulu. On peut ainsi lui appliquer deux sortes de traitements : chimiques ou mécaniques.

 

Le traitement chimique de la désactivation consiste à appliquer un retardateur de prise sur le coffrage avant le coulage. Il peut être appliqué au rouleau ou au pinceau en fond de moule, pulvérisé sur béton frais ou encore recevoir un papier retardateur pour la réalisation de motifs.

 

La peau du béton est ensuite enlevée par lavage au jet d’eau, à la brosse ou par sablage à faible pression suivant la profondeur du traitement. Cette technique permet le traitement de surfaces de grandes dimensions, tout en étant précise grâce à une profondeur de l’attaque parfaitement maîtrisée.

 

 

Du béton sablé au béton grésé

 

Pour leur part, les traitements mécaniques peuvent être réalisés sur des bétons frais. C’est le cas du béton lavé (à très faible pression) ou brossé (environ deux jours après le décoffrage). Ils peuvent également procéder par chocs sur le béton durci. Ce sera le cas du béton:

  • sablé (au jet de sable projeté à l'air comprimé).
  • grenaillé (par projections de grains durs métalliques ou non sur la surface du béton).
  • bouchardé (par martelage de la surface du béton durci avec des burins à pointes).
  • poli (par meulage de la surface avec des meules à grains de finesses différentes selon le rendu souhaité).
  • grésé (à la meule diamant, puis à la meule à grain de 60 ou 120, avant un bouchonnage par application d’un enduit de surface).

 

Ces solutions esthétiques se trouvent davantage chez les maîtres d’ouvrage privés que publics en raison de la plus grande surface de budget dont disposent davantage les premiers. On observe aussi cependant un engouement grandissant auprès des maîtres d’ouvrage publics.

 

Interview de Mélanie Shink


Responsable projets marketing innovation chez Ciments Calcia et Dominique Lacoste, responsable bétons spéciaux chez Unibéton.

 

« Les bétons décoratifs gagnent des parts de marché »

 

Quel est le chiffre d’affaires représenté par les bétons décoratifs en aménagement extérieur et quelle croissance a poursuivi ce marché durant les cinq dernières années ?

 

Il est difficile de donner un chiffre d’affaires global de ce marché. Toutefois, on estime qu’il représenterait aujourd’hui 5 à 7% du marché total du béton. Le marché global est en croissance aujourd’hui, la maîtrise d’œuvre et d’ouvrage étant très friandes de ces solutions.

 

Quant au taux de croissance sur les 5 dernières années, il est également difficile à évaluer, mais il est clair que les bétons décoratifs gagnent des parts de marchés. En fait, le besoin se construit suivant l’offre qui permet non plus uniquement d’obtenir des ouvrages résistants et durables, mais également beaux, confortables, écologiques, voire technologiques.

 

Le béton décoratif répond en effet aux différents enjeux de la ville durable. Décliné en béton drainant, il permet de lutter contre l’imperméabilisation des sols en autorisant l’infiltration des eaux de pluies dans les sols. Par sa teinte claire, il permet en outre d’atténuer les îlots de chaleur urbains et de réduire les nécessités d’éclairage nocturne … 

 

Quels sont les acteurs en présence aujourd’hui ?

 

Ce marché concerne les fournisseurs de béton prêt à l’emploi, les pré-fabricants, les fabricants d’adjuvants pour béton, les fournisseurs d’équipement de mise en œuvre, les entreprises spécialistes de la chaussée en béton ou de la maçonnerie paysagère. 

 

Quels sont les facteurs de croissance du marché ?

 

Les bétons décoratifs existent depuis une vingtaine d’années, mais ils ont surtout évolué depuis 10 ans, tandis que les 5 dernières années ont vu l’apparition sur le marché des bétons scintillants, luminescents ou encore du pochoir, qui séduisent beaucoup les maîtres d’ouvrage et les maîtres d’œuvre.

 

Ceux-ci s’intéressent aux variations de teintes, aux démarcations visuelles pour distinguer les zones piétonnières du reste de la chaussée ou encore les aménagements extérieurs plus esthétiques. 

 

Les facteurs de croissance du marché résident aujourd’hui en premier lieu dans la formation à l’innovation côté entreprises de mise en œuvre et dans le développement d’équipements de mise en œuvre spécifique, mais aussi dans les exigences de confort et de réduction de l’imperméabilisation des sols……

 

Comment fonctionne la distribution de ces solutions et quelles compétences doivent avoir les entreprises de mise en œuvre ?

 

Nous livrons les chantiers à partir de la centrale à béton la plus proche. Nos produits prêts à l’emploi sont ensuite mis en œuvre par les entreprises. Nous travaillons en amont avec l’architecte ou le maître d’ouvrage sur différentes solutions, et apportons nos conseils et notre assistance technique de la mise en œuvre à la finition.

 

La bonne préparation des supports et la maîtrise des techniques de mise en place sont essentielles pour assurer une finition de surface de qualité. De plus, les techniques évoluant au fil des années, il est important que les entreprises puissent suivre des formations au fur et à mesure de l’apparition de nouvelles solutions sur le marché. C’est pourquoi nous proposons des programmes dédiés pour créer un réseau d’applicateurs labellisés et agréés.   

 

Comment devenir spécialiste du béton décoratif ?

 

©Chryso

 

  • La Béton Academy, filiale du groupe Chryso, est le leader de la formation du béton décoratif.

 

Le centre met son expérience et ses compétences au service des artisans et industriels du béton. L’apprentissage se fait sur site ou dans ses locaux et vise le béton ciré, imprimé, coloré ou drainant, le recouvrement décoratif millimétrique, l’enduit imprimé, la résine polyaspartique et les revêtements décoratifs. Une formation sur mesure est également possible en faisant part de ses besoins au centre (01 64 36 13 64).

 

Ainsi, l ’Institut Européen de Formation-Les Compagnons du tour de France (IEF-CTF) accueille, depuis deux ans, dans son centre de formation du Jura des apprentis auxquels ils dispensent des formations mises au point par la Béton Academy, en vue d’obtenir un certificat d’ « applicateur de béton décoratif ». Les coûts : béton ciré : 500 € HT/2 jours; béton imprimé: 600 € HT/2 jours; microchape, Aggreg'Art/Texture Top: 600 € HT/2 jours; résine polyaspartique: 350 € HT/1 jour et Vertic'Art: 600 € HT/2 jours.

 

  • De son côté, Sika propose un stage d’une durée de 8 h 00 pour un coût de 350 € HT par personne et à destination des paysagistes et des artisans réalisant des aménagements extérieurs, ainsi qu’un stage « essentiel des sols », intérieurs comme extérieurs (coût: 600 €/ 2 jours).

 

  • Signalons aussi Harmony Béton, société exclusivement dédiée à la fabrication et à la commercialisation des bétons décoratifs d'intérieur et d'extérieur, qui propose des stages de formation d'un ou deux jour(s) destiné(s) aux particuliers et aux professionnels. Les formations se déroulent à Simiane-Collongue près d'Aix-en-Provence et de Marseille. Seules les personnes ayant réservé par Internet sont inscrites (www.harmony-beton.com/fr/90-nos-formations). Une formation qualifiante sur les bétons extérieurs coûte 375 € HT (2 jours).

 

  • Ou encore Création-sud, fabricant distributeur de bétons décoratifs depuis dix ans, qui propose mensuellement des journées de formations aux bétons décoratifs. La formation, de 6 heures, traite du béton ciré, du béton lissé et du béton marbré dans ses locaux d’Aix-en-Provence et coûte 200 € TTC. Une formation complète (bétons décoratifs intérieurs et extérieurs) de 12 heures coûte 350 € TTC.

 

Quelle mise en œuvre ?

 

Dans son CCTP – Bétons esthétiques et décoratifs, Sika rappelle les conditions de bonne exécution de ce type de solutions.  Ainsi, afin de rendre le béton plus performant et répondre aux différentes contraintes du chantier, il est conseillé d’appliquer différents additifs : 


 

  • 1) Pour les bétons frais utilisés dans les procédés de béton imprimé, de béton tramé ou de béton désactivé, il s’agira d’incorporer à la fabrication :
    • un renfort d’ossature en fibres structurales macro-synthétiques pour béton et mortier, qui permet selon le dosage employé et l’application, la réduction ou la suppression du treillis soudé métallique anti-fissuration.
    • un adjuvant entraîneur d’air, qui engendre une amélioration de la maniabilité du béton, une diminution de la capillarité et de la perméabilité ainsi qu’une augmentation des résistances aux intempéries (cycle gel/dégel).
    • un plastifiant réducteur d’eau (permettant d’augmenter les résistances mécaniques du béton à 28 jours et/ou facilite la maniabilité/mise en œuvre du béton frais), qui est ajouté soit, en même temps que l’eau de gâchage, soit en différé dans le béton préalablement mouillé avec une fraction de l’eau de gâchage. 

 

  • 2). Pour une finition béton désactivé, on applique après coulage et application du béton frais, un désactivant de surface en phase aqueuse à haut pouvoir de cure, sous forme d’émulsion pulvérisable. 

 

Quelle réglementation ? 

 

Par ailleurs, les travaux doivent être exécutés conformément aux clauses et conditions générales des documents suivants : 

 

  • les documents techniques applicables aux travaux de Terrassement, de Gros Œuvre, de Béton Armé,
  • les normes françaises et européennes Homologuées (NF - EN) et documents de référence (norme NF P 98-170 Chaussées en béton de ciment - Exécution et contrôle, des règles d’exécution des DTU contenant les prescriptions des Cahiers des Clauses Techniques (CCT), des Cahiers des Clauses Spéciales (CCS) et autres documents (en particulier, le DTU 21 Travaux de bâtiment - Exécution des ouvrages en béton et le CCT (indice de classement : P 18-201).
  • le fascicule 28 : Exécution des chaussées en béton, ?
  • l’Eurocode / règles de calcul (Eurocode 0 - EN 1990 : Eurocodes structuraux, Base de calcul des structures  et- Eurocode 2 - EN 1992 : Calcul des structures en béton), ?
  • le guide technique Chaussées en béton, SETRA/LCPC, 1997,
  • les arrêtés, circulaires et avis précisant les modalités d’application des textes normatifs précités,?
  • le Cahier des Clauses Administratives Particulières (CCAP),
  • le Cahier des Clauses Techniques Particulières du fabricant. 

 


Source : batirama.com / Michèle Fourret / Photo d'ouverture : ©Sika

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