Le Salon du Végétal revient à Angers du 15 au 17 septembre 2026 avec un axe particulièrement intéressant pour les professionnels du bâtiment et de l’aménagement : comment intégrer durablement le végétal dans des villes confrontées à la densification, aux fortes chaleurs, au manque d’eau et à la dégradation des sols ?
Le Salon du Végétal 2026 prévoit près de 300 exposants et plus de 8 000 visiteurs professionnels. Plus de 60 conférences, tables rondes et forums sont annoncés. Parmi les temps forts figurent la Grande Matinée du paysage, consacrée aux pratiques contemporaines de plantation en ville, ainsi qu'une conférence organisée par Plante & Cité pour ses 20 ans autour de l'évolution de la nature en ville.

Organisé tous les deux ans au Parc des Expositions d’Angers, le Salon du Végétal 2026 entend dépasser la seule question horticole pour s’intéresser aux usages du végétal dans l’aménagement des territoires. Le rendez-vous réunira producteurs, distributeurs, paysagistes, collectivités, architectes, bureaux d’études, urbanistes et professionnels de la construction autour des enjeux de végétalisation et d’adaptation climatique. © IA / Laure Pophillat
L’aménagement paysager constitue cette année l’un des principaux axes du salon, avec une attention particulière portée aux "milieux contraints". Le sujet recouvre notamment les espaces urbains soumis à la densification, aux canicules, à la sécheresse, aux sols dégradés ou encore à la présence de réseaux enterrés. Cette évolution accompagne la progression du secteur du paysage : en effet, l’activité a augmenté de 10 % entre 2022 et 2024 et de 60 % en dix ans. Le secteur comptait en 2024 quelque 33 550 entreprises pour 8,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 140 300 actifs.
L’un des principaux dispositifs du salon sera donc le jardin démonstrateur consacré aux milieux contraints. Conçu par la paysagiste Anna Lena Hahn et le Collectif Vent d’Ouest, avec l’Institut Agro Rennes-Angers et le lycée CFPPA Le Fresne Angers-Segré, il doit présenter trois réponses concrètes aux difficultés rencontrées dans les projets urbains :
– sélectionner des palettes végétales résistantes ;
– Concevoir des sols à partir de matériaux disponibles localement ;
– Et, enfin, rafraîchir la ville sans recourir à des technologies énergivores.
L’intérêt du dispositif ne s’arrêtera pas au salon. Les solutions présentées doivent ensuite être transposées en conditions réelles à Angers, en partenariat avec la direction Parcs, Jardins et Paysages de la ville et Angers Loire Métropole.
Le salon met également en avant un Guide de plantation en milieux contraints. Piloté par Anna Lena Hahn et élaboré avec des professionnels de la production horticole, de la conception paysagère et de l’aménagement, ce document doit réunir méthodes, ressources scientifiques, retours d’expérience et conseils pratiques pour accompagner les projets de plantation.
Cette approche traduit une évolution du métier : végétaliser ne consiste plus simplement à planter, mais à prendre en compte les conditions physiques et biologiques du site. Le dossier insiste notamment sur les difficultés liées aux sols urbains, aux réseaux souterrains, aux expositions défavorables et aux contraintes de gestion. Le Pôle Arbre(s) abordera ainsi le choix des essences, la gestion du patrimoine arboré, les techniques de plantation et l’adaptation des arbres au changement climatique.

Végétaliser la ville ne consiste plus seulement à planter, mais à adapter les choix végétaux aux contraintes physiques et biologiques du site. © IA / Laure Pophillat
Le sujet de l’arbre sera également abordé sous l’angle des travaux de voirie. Olivier Konneradt, responsable du patrimoine arboré de la Ville de Versailles, présentera notamment un protocole développé depuis 2023 visant à réorienter ou ré-enfouir les racines lors de travaux plutôt qu’à les sectionner. L’objectif affiché est de préserver l’ancrage coomme la stabilité des arbres et de limiter les risques sanitaires.
Autre problématique : la gestion de l’eau. Le programme prévoit notamment une intervention consacrée à l’évolution des pratiques en horticulture et dans les aménagements paysagers face aux tensions sur la ressource.
Au-delà de l’aménagement, le Salon du Végétal entend montrer le poids économique d'une filière qui représente 47 000 entreprises, 205 000 professionnels spécialisés et 16 milliards d’euros de chiffre d’affaires. La production, la distribution et le paysage constituent les trois grands piliers de cette économie, avec respectivement 1,8 milliard, 5,4 milliards et 8,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires.
La question de la relocalisation constitue également un enjeu important. Le dossier fait état d’importations douze fois supérieures aux exportations pour les végétaux d’ornement et souligne la progression des circuits courts : 57 % des entrepreneurs du paysage auraient augmenté leurs achats locaux et 90 % des fleuristes proposeraient du végétal français. Ces données sont attribuées notamment à FranceAgriMer, VALHOR, l’Unep, Xerfi Specific et aux statistiques des Douanes.

Angers se veut une destination "supernature", où le végétal est une véritable spécialité locale depuis des siècles, et donc le lieu idéal pour un Salon consacré au sujet. Avec ses formations, ses chercheurs et ses entreprises, le territoire rassemble un écosystème particulièrement riche, porté par des savoir-faire et des innovations qui répondent aux enjeux d’aujourd’hui et de demain. Un territoire où l’on vient aussi découvrir, échanger et profiter d’un patrimoine paysager exceptionnel, entre ville verte et Val de Loire classé à l’Unesco. ©