Le photovoltaïque résidentiel ne se développe plus uniquement dans les départements les plus ensoleillés. En un an, la Creuse, l’Ain, les Vosges, le Vaucluse et la Meuse enregistrent les plus fortes progressions du taux d’équipement en panneaux solaires. Le constat est donc pour le moins surprenant : le solaire se diffuse désormais bien au-delà des territoires traditionnellement associés au photovoltaïque.
L’étude publiée en juillet 2026 par Hello Watt s’appuie sur les données de 112 000 utilisateurs équipés de panneaux solaires ayant déclaré leur installation dans l’application de l’entreprise et compare l’évolution du taux d’équipement des maisons individuelles entre juillet 2025 et juillet 2026. Pour mesurer le parc résidentiel, Hello Watt s’appuie parallèlement sur les données d’Enedis concernant les installations photovoltaïques d’une puissance inférieure ou égale à 36 kWc.
Pour rappel, Hello Watt, spécialiste de la rénovation énergétique et de l’électrification des logements, accompagne notamment les particuliers dans le suivi de leur consommation et l’installation de panneaux solaires, batteries, pompes à chaleur et bornes de recharge. Son application revendique plus de trois millions de téléchargements.
Entre juillet 2025 et juillet 2026, le taux d’équipement des maisons a progressé de 0,82 point en Creuse, plaçant le département en tête du classement national. L’Ain suit avec une hausse de 0,71 point, devant les Vosges (+ 0,68), le Vaucluse (+ 0,59) et la Meuse (+ 0,58).
Le phénomène est particulièrement intéressant dans les départements du nord-est de la France, où le photovoltaïque résidentiel progresse alors même que ces territoires ne bénéficient pas du même niveau d’ensoleillement que le pourtour méditerranéen. Et la dynamique est loin d’être marginale puisque la progression moyenne du taux d’équipement atteint 0,28 point en un an à l’échelle nationale. La Gironde, par exemple, gagne 0,45 point et se classe au 19e rang des départements ayant le plus progressé.
Cette progression se traduit par une hausse significative du parc résidentiel. Au 30 juin 2026, 1 242 435 installations photovoltaïques d’une puissance inférieure ou égale à 36 kWc étaient recensées par Enedis. Rapporté au nombre de maisons individuelles, cela représente 6 % des logements équipés, contre 5,41 % un an auparavant. Le taux d’équipement a ainsi progressé de 10,9 % en un an. En trois ans, la proportion a presque doublé : elle s’élevait à seulement 3,26 % à la fin juin 2023.
La demande semble elle aussi accélérer. Hello Watt indique avoir enregistré, en juin 2026, deux fois plus de demandes d’installation de panneaux solaires qu’en juin 2025.
Si la progression la plus spectaculaire se situe désormais dans des départements comme la Creuse ou les Vosges, les territoires du Sud conservent une longueur d’avance en matière de taux d’équipement :
– les Landes arrivent en tête avec 12,75 % des maisons équipées,
– puis la Drôme (12,14 %) et le Gard (11,87 %),
– suivent la Haute-Garonne (11,61 %),
– l’Isère (11,44 %),
– la Loire (10,89 %),
– les Pyrénées-Orientales (10,78 %),
– et le Rhône (10,61 %).
Le classement montre toutefois que l’ensoleillement ne suffit pas à expliquer la diffusion du photovoltaïque car l’Isère, la Loire et le Rhône figurent parmi les huit départements les plus équipés, malgré un potentiel solaire moins important que celui des territoires méditerranéens. En réalité, plusieurs paramètres entrent en ligne de compte, notamment la proportion de maisons individuelles, le niveau de revenus des ménages et les besoins de consommation électrique en journée.
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L’ensoleillement n’explique pas à lui seul le développement du photovoltaïque. La présence de l’Isère, de la Loire et du Rhône parmi les départements les mieux équipés montre que le nombre de maisons individuelles, le niveau de revenus et les besoins en électricité influencent également le recours au solaire. © Magnific
C’est l’un des enseignements principaux de l’étude : la géographie du solaire résidentiel dépend autant des conditions économiques que de la météo. À l’échelle européenne, la France reste d’ailleurs très loin derrière certains de ses voisins. Selon les données citées par Hello Watt, 58 % des maisons sont équipées aux Pays-Bas, 39 % en Belgique et 33 % en Allemagne, contre seulement 6 % en France.
Une situation qui montre que le niveau d’ensoleillement ne constitue pas le principal moteur du photovoltaïque résidentiel. Le prix de l’électricité, les dispositifs de soutien public et la maturité des filières jouent également un rôle déterminant.
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Aux Pays-Bas, par exemple, la combinaison d’un prix élevé de l’électricité et d’un système de facturation nette particulièrement favorable a permis au marché résidentiel de décoller rapidement – et en Allemagne, les tarifs de rachat garantis pendant 20 ans ont également contribué à accélérer fortement les installations. © Sciences et Avenir
Avec seulement 6 % des maisons équipées, la France reste donc largement en retrait. Hello Watt estime que plusieurs facteurs ont freiné le développement du solaire résidentiel : des aides moins généreuses que dans les pays pionniers, des démarches administratives complexes et, jusqu’à la crise énergétique de 2022, une électricité nucléaire historiquement relativement peu chère.
Toutefois, l’étude avance deux pistes afin d'accélérer le mouvement. La première consisterait à intégrer le photovoltaïque résidentiel à l’éco-prêt à taux zéro, afin de faciliter le financement des installations pour les ménages ne disposant pas de l’épargne nécessaire. La seconde viserait à étendre le bénéfice d’une TVA réduite aux batteries. Selon Hello Watt, l’ajout d’un système de stockage peut aujourd’hui entraîner l’application d’une TVA de 20 % à l’ensemble du projet, alors même que la batterie permet d’augmenter le taux d’autoconsommation et donc la rentabilité de l'installation.