La baisse du coût des panneaux photovoltaïques et des batteries redessine l’équation économique du solaire. Au Salon Solar & Storage Live, les fabricants ont mis en avant des solutions pour produire, stocker et consommer davantage d’électricité sur place, alors que le recul des aides à la revente renforce l’intérêt de l’autoconsommation.
À propos du photovoltaïque, le contexte est particulier. Les prix des panneaux photovoltaïques ont baissé de 30 % depuis 2020, passant de 2,50 €/Wc à environ 1,80 €/Wc selon Potentiel Solaire. En 2026, leur prix s’est stabilisé. Pour des clients domestiques, le prix TTC d’une installation photovoltaïque en toiture variait de 6000 à 8000 € pour 3 kWc, de 10 000 à 13 000 € pour 6 kWc et de 14 000 à 17 000 € pour 9 kWc.
Dans le même temps, le prix moyen mondial des batteries au lithium-ion a atteint un niveau historiquement bas de 108 dollars par kWh, et le stockage stationnaire résidentiel a chuté d'environ 45 % sur un an pour s'établir autour de 70 dollars par kWh. En France, une batterie LFP (Lithium-Fer-Phosphate) de 5 kWh de capacité coûte entre 800 € et 3 000 €, hors installation. Pour une capacité de 15 kWh, les prix installés en France oscillent généralement entre 9 000 € et 15 000 €, soit un coût global moyen d'installation situé entre 600 € et 1 000 € par kWh, selon ECOinfos Energies Renouvelables.
Lors du Salon Solar & Storage, les exposants étaient réticents à donner des prix, nous en avons quand même obtenues deux, en promettant de ne pas citer les marques :
– 4 000 € HT pour un stockage modulaire LFPO de 20 kWh,
– et 3 700 € HT pour 10 kWh, toujours en technologie LFPO.
Les aides publiques pour les installations photovoltaïques ont baissé en 2026 : la prime à l’autoconsommation a disparu depuis le 5 juin 2026 pour les installations ≤ 100 kWc. Dans le cas d’une installation avec revente du surplus, le tarif d’achat du surplus est fixé à 1,1 c€/kWh HT pour les installations ≤ 100 kWc depuis le 5 juin 2026, tandis qu’il fait l’objet d’appel d’offres pour les installations > 100 kWc. Bref, soulignaient pratiquement tous les exposants à Solar & Storage Live, pour les installations domestiques et tertiaires, il est temps d’abandonner l’idée de la revente, de passer à l’autoconsommation de l’électricité produit sur site et d’optimiser l’autoconsommation avec un stockage d’électricité. En tout cas, rappelait le BE TECSOL, présent à Solar & Storage Live, il faut étudier l’ajout d’un stockage pour chaque dossier d’installation photovoltaïque, même si ça ne conduit pas à le retenir à chaque fois.
Solar Light TPO, composé des panneaux PV ultra-légers Stykon d’Heliup et de la membrane d’étanchéité UltraPly™ TPO d’Elevate, ne pèse que 7 kg/m2. © PP
Au Salon Solar & Storage Live, nous avons rencontré deux marques françaises de panneaux photovoltaïques. Ils ne peuvent pas battre les industriels chinois sur le prix de revient des panneaux PV et ont donc choisi des niches spécifiques. Le premier est Heliup qui présentait l’association de ses panneaux photovoltaïques ultra-légers Stykon® à la membrane d’étanchéité UltraPly™ TPO d'ELEVATE, du groupe Holcim. Baptisée Solar Light TPO, c’est une solution globale sous avis ETN, performante et immédiatement déployable pour les toitures-terrasses qui ne possèdent pas une résistance mécanique suffisante pour recevoir des panneaux PV classiques et leurs fixations. Solar Light TPO pèse seulement 7 kg/m2, membrane d’étanchéité incluse. Ce qui évite tout renforcement de charpente. Sa pose est deux fois plus rapide, parce qu’elle utilise une fixation directe par collage, sans perçage, rails ni lestage, garantissant la continuité d'exploitation du site. C’est un procédé sous avis favorable ETN (Enquête de Technique Nouvelle) par le CSTB et classé au feu Broof (t3) (ERP/ICPE). Sa performance est garantie ≥ 25 ans. Les modules Stykon® à haut rendement (> 20 %) sont conçus et fabriqués près de Grenoble. Que ce soit sur des bâtiments tertiaires, industriels, logistiques ou sur architectures neuves complexes (sheds, toitures inclinées), Solar Light TPO débloque le potentiel photovoltaïque des bâtiments. Il est disponible dès à présent. Heliup possède une capacité de production de 100 MWc par an.
Les modules PV du français VOLTEC Solar sont garantis 30 ans, produit et rendement, et sont recyclables à 97,4 %. © PP
Le second fabricant français de modules PV que nous avons rencontré à Solar & Storage Live est l’alsacien Voltec Solar, créé en 2009 et qui appartient au groupe familial Strub, principalement fabricant de meubles et de parquets. Voltec Solar a choisi la voie de la qualité et de la durabilité. Ses deux lignes de fabrication à Dinsheim-sur-Bruches atteignent une capacité annuelle de 600 MWc environ, avec un prix de revient de 23 c€/Wc en moyenne. Voltec Solar emploie 120 personnes, conçoit, fabrique et commercialise des panneaux avec une à deux cellules de plus par panneaux que ses concurrents, soit 2 à 4 % de puissance en plus.
Depuis 2009 jusqu’à maintenant, 3,1 millions de panneaux Voltec Solar sont en fonctionnement, grâce à ses 200 installateurs en France. Sa gamme TARKA offre 30 ans de garantie de rendement et sur le produit. Les panneaux TARKA Diamant résistent à des impacts de grêlons de Ø 55 mm, soit un classement RG5, le niveau maximal. Voltec Solar a développé des panneaux PV en couleur avec l’aide des ABF pour faciliter le déploiement en centre-ville : le module Rubis (RAL 3007) et le module Ambre (RAL 8007).
La troisième marque de panneaux photovoltaïque française présente à Solar & Storage Live est Syrius Solar Industry. En plus de concevoir et de fabriquer des chauffe-eaux solaires, Syrius Solar Industry propose une gamme complète de solutions photovoltaïques, intégrant ses propres panneaux solaires PW500. Ces modules bifaciaux de 500 Wc, dotés de la technologie TopCon, allient performances élevées, fiabilité et rendement exceptionnel de 22,48 %.
Parmi les offres de stockage d’électricité, nous avons remarqué celles du français Technideal. Nous connaissions son armoire Billy, destinée au stockage domestique depuis 2013, mais il montrait à Solar & Storage de nouvelles solutions pour le tertiaire et l’industrie avec du stockage modulable jusqu’à 4 MWh. Technideal commercialise également les onduleurs ond NEO de 6 kW monophasé du français Imeon, qui offrent une plage de tension de 90 à 550 V.
Technideal fabrique du stockage d’électricité, des bornes de recharge électrique, des coffrets, des disjoncteurs, des interrupteurs différentiels, des interrupteurs-sectionneurs, des contacteurs, interrupteurs et horloges, … tous les accessoires nécessaires à l’exploitation d’une installation PV depuis le domestique, jusqu’à des systèmes industriels. © PP
Atmoce, une société allemande avec des bureaux à Lyon, montrait pour sa part, ses nouveaux stockages à très basse tension, les M-ELV BattBank. C’est une solution modulaire avec un capacité de 16 kWh par module et sept modules associés au maximum, soit jusqu’à 112 kWh et une puissance de 70 kW avec une tension de 51,2 V DC (Courant Continu). Leur rendement est particulièrement élevé, puisque le cycle AC (Courant Alternatif) – stockage en DC – décharge en AC affiche une efficacité ≥ 90 %.
Atmoce mettait en avant ses générateurs M’ELV associés avec des micro-onduleurs dans une solution complète, capable d’assurer le back-up avec démarrage automatique en cas de coupure du réseau extérieur. Chaque module contient 7 kWh et offre une puissance crête de 5 kW. L’ensemble fonctionne entièrement en AC. La durée de vie de la batterie est garantie 15 ans. Compatible avec du monophasé et du triphasé. Les batteries sont associables jusqu’à 4 : 28 kWh et 20 kW. © PP
Sur le stand Ecostal Yomatec, on trouvait les stockages Sigenergy, dont ses solutions modulaires empilables SigenStack et son système SigenStor Neo avec onduleur embarqué en partie haute. © PP
Le bulgare V-TAC est capable de livrer ses systèmes de stockage en France en une semaine. Il propose des modèles de stockage modulaires résidentiels à base de solution LiFePO4 de 5,12 kWh sous 51,2 V, extensible jusqu’à 64 unités en parallèle, soit 327 kWh. V-TAC propose aussi des batteries de 14,33 kWh, ultra-minces, conçues pour un montage mural et offrant 8 000 cycles de fonctionnement charge/décharge. Enfin, l’entreprise propose des armoires de stockage jusqu’à 261 kWh avec refroidissement liquide. © PP
Le français Syrius, pionnier du solaire thermique, s’est diversifié dans le photovoltaïque et le stockage d’électricité. Il propose des kits photovoltaïques PowerPod tout en un, avec batteries LFP garanties 10 ans, une sortie back-up intégrée pour le secours électrique. Il montrait aussi ses batteries Myrtillo de 5 à 30 kWh et sa gamme de batteries pour le tertiaire de 100 kWh à 3 MWh. © PP
Bien sûr, plusieurs exposants distribuaient le matériel Fusionsolar de Huawei pour le résidentiel avec onduleurs monophasés ou triphasés, les batteries de la gamme Luna de 5 à 21 kWh, les solutions de gestion d’énergie SmartAssistant et l’application FusionSolar. Ainsi que les solutions pour le tertiaire et l’industrie avec des stockages Luna2000 de 107,5 kWh, 161,3 kWh et 241 kWh, toujours en technologie LFP. L’offre FusionSolar contient aussi des bornes de chargement pour véhicules électriques en 150 à 1 000 V DC, avec du courant de sortie nominale de 375 A ou 600 A. © PP
Notre prochaine rencontre avec les solutions solaires, un peu thermique et largement photovoltaïque, sera au Forum EnerGaïa à Montpellier les 9 et 10 décembre 2026.