Remplacement des chaudières à gaz : l'UFC-Que Choisir critique l'objectif de l’Etat

Remplacer des millions de chaudières à gaz serait "très coûteux pour les consommateurs" et le résultat environnemental serait "incertain", craint l'association de défense des consommateurs.

Fin mai, la Première ministre Elisabeth Borne a présenté un plan de réduction des émissions de gaz à effet de serre de la France, dans lequel le changement des chaudières fioul ou gaz - même récentes, figure parmi les premiers postes ciblés. Bien que cette annonce n'était pas accompagnée d'un calendrier précis, la date de 2026 a été avancée par le président de la Capeb, Jean-Christophe Repon, après son échange avec la Première ministre.

 

Dans le secteur, nombreux sont ceux qui ont tiré la sonnette d'alarme sur ce projet, notamment Coenove et France Gaz. Sur notre site, notre sondage a clairement indiqué que notre lectorat n'approuvait pas la décision du Gouvernement, avec 90,9% de réponse négatives sur 939 votants, les commentaires soulignant l'importance de conserver un mix énergétique varié pour le pays et s'indignant face à une décision qui ne prend pas en compte la réalité du terrain. 

 

Concertation ?

 

Le Gouvernement a organisé une concertation sur l'avenir des chaudières gaz. Cette dernière, lancée début juillet, doit se terminer d'ici la fin du mois. Selon l'UFC-Que Choisir, cette concertation est un "simulacre", puisque "au mépris des réponses qui seront apportées, la Première ministre s'est déjà prononcée pour une fin de la commercialisation de nouvelles chaudières à gaz dès 2026". En outre, la concertation se tient "sans fournir aucune évaluation complète de l'impact environnemental d'une telle mesure".

 

La consommation électrique en question

 

Le gestionnaire du réseau de haute tension RTE "ne publiera qu'en septembre, soit après la fin de la concertation, une étude visant à 'évaluer correctement les nouveaux besoins d'électricité'", explique l'association. Or les modes de chauffage alternatifs, comme les pompes à chaleur, peuvent induire un surcroit de production d'électricité. "Rien ne permet aujourd'hui d'affirmer que le bilan environnemental d'une réduction du parc de chaudières à gaz serait positif" in fine, indique l'UFC Que Choisir.

 

En outre, dénonce encore l'association, "changer de mode de chauffage dans des logements mal isolés est une aberration" et pourrait conduire "soit à une insuffisance forte de chauffage, soit à une croissance trop forte de la pointe électrique en hiver".

 

Dernier point, qui grève les finances de nombreux ménages : interdire de commercialiser des chaudières à gaz ferait peser les coûts d'acheminement du gaz (30% de la facture hors taxe actuellement) sur "un parc de plus en plus restreint d'abonnés", sachant que certains d'entre eux seraient dans l'impossibilité matérielle d'installer une pompe à chaleur, qui "ne peut pas être mise en place" sans espace extérieur, relève l'association.



Source : batirama.com & AFP/ Photo © Freepik

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