Le modèle de Lhyfe est simple : produire de l’hydrogène vert par électrolyse, grâce à de l’électricité d’origine renouvelable, éolienne principalement, et livrer ses clients grâce à une flotte de conteneurs sur remorque.
L’entreprise française Lhyfe, fondée en 2017 par Matthieu Guesné, est le plus important producteur français d’hydrogène vert. L’entreprise a ouvert son premier site industriel en 2019 à Bouin en Vendée. Le modèle est simple : l’hydrogène vert est produit grâce à un électrolyseur alimenté par des éoliennes situées à quelques centaines de mètres.
Le 23 mai 2022, l’entreprise a été introduite en bourse sur le marché d’Euronext à Paris et a augmenté son capital de 110 M€. Le 13 mai 2025 à 11h40, l’action valait 2,23 €, 36,9 % du capital est flottant. En 2025, tous les sites de production de Lhyfe ont obtenu la certification RFNBO (Renewable Fuel of Non-Biological Origin), la plus haute exigence écologique de la filière. Ce qui fait de Lhyfe le 1er producteur d’hydrogène RFNBO d’Europe par électrolyse de l’eau.
Selon Matthieu Guesné, Lhyfe est désormais expert dans la conception et la mise en œuvre de solutions de production de H2 vert. Les deux marchés principaux de l’entreprise sont l’industrie, notamment la chimie, et la mobilité. © PP
Lhyfe a doublé son Chiffre d’Affaires en 2025
L’activité de Lhyfe est soutenue. En 2025, le CA a été doublé par rapport à 2024, atteignant 10 M€. Pour 2026, Lhyfe s’attend à une croissance de son CA de 50 %. Cette performance reflète principalement le développement du volume d’activité, l’élargissement du portefeuille de clients avec la signature de nouveaux contrats de vente d’hydrogène vert, ainsi que la contribution progressive des volumes produits sur les sites de Buléon (Bretagne) et de Bessières (Occitanie).
Citons notamment en France, le renouvellement et l’extension du contrat d’approvisionne ment de la station de distribution d’hydrogène Hyliko à Villabé (Essonne) puis, dès 2027, de la seconde station Hyliko à Tremblay-en-France (Seine Saint-Denis).
Depuis novembre 2025, les premières livraisons d’hydrogène RFNBO alimentent la première station hydrogène autoroutière en France accessible aux poids lourds et opérée par TEAL Mobility, coentreprise d’Air Liquide et de TotalEnergies dédiée aux stations hydrogène pour la mobilité lourde en Europe 5.
En Allemagne, Lhyfe a fourni à un opérateur de stations-service environ 90 tonnes d’hydrogène RFNBO en 15 mois. Aux Pays-Bas, Lhyfe a conclu un contrat pluriannuel pour la fourniture de la station hydrogène d’Essent à Deventer. Début 2026, Lhyfe a signé un contrat pluriannuel de fourniture d’hydrogène vert à la SETRAM qui assure l’exploitation des bus hydrogène de la métropole du Mans. Au total en 2025, Lhyfe a réalisé plus de 850 livraisons dans neuf pays européens, principalement en France, en Allemagne et en Suède, soit une hausse d’environ 80 % par rapport à 2024.
Les livraisons de H2 vert par Lhyfe s’appuient sur sa flotte constituée de plus de 80 conteneurs hydrogène de type 4, l'une des plus grandes flottes modernes de transport d'hydrogène "bulk" (livraison en vrac par la route) dans l'Union européenne. Cet outil logistique, véritable facteur différenciant, permet à Lhyfe de rendre accessible l’hydrogène renouvelable sur l’ensemble du territoire européen. © Lhyfe
Déjà 21 MW de puissance d’électrolyse et 1,4 GW en projet
Lhyfe possède 21 MW de puissance d’électrolyse installée sur quatre sites. Les sites – qui sont déjà en service – de Bouin (1 MW en Vendée), Buléon (5MW en Bretagne) et Bessières (5 MW en Occitanie). Quant au site de Schwäbisch Gmünd, proche de Stuttgart en Allemagne (10MW, Bade-Wurtemberg), il commence ses livraisons en 2026.
Deux autres sites sont en construction en France. À Croixrault, proche d’Amiens dans les Hauts-de-France, la grande majorité des équipements est installée. Le raccordement électrique, la mise sous tension électrique et les travaux de tuyauterie ont été achevés. Ce site de production de 5 MW, soit 2 tonnes d’hydrogène vert par jour, alimentera les usages locaux en matière de mobilité et d’industrie. À Le Cheylas, entre Grenoble et Chambéry, la grande majorité des équipements est installée également. Les travaux de tuyauterie et les travaux électriques sont achevés. Le site est alimenté en énergie. Les prochaines étapes incluent notamment l’installation des derniers équipements, le début des tests et la mise en service du site. Cette unité de 10 MW, soit quatre tonnes d’hydrogène vert par jour, livrera notamment le client Hympulsion pour répondre aux besoins de sept de ses stations d'avitaillement en hydrogène situées sur l’arc alpin. Elle approvisionnera également des industriels locaux. D’ici fin 2026, la capacité de production de H2 de Lhyfe aura augmenté de 70 %.
Lhyfe est aujourd’hui le premier développeur de sites de production d’hydrogène vert en Europe en nombre de sites installés. Quatre autres grands projets sont en cours de développement :
– Green Horizon sur le port du havre, 100 MW, signature du contrat de subvention de 149 M€ avec l'État français et encaissement de la première tranche (18,6 M€), obtention du permis de construire, dépôt du permis environnemental, et priorisation du raccordement au réseau électrique ;
– Kemsley (50 MW, Kent, Angleterre), présélection dans le cadre de l'Hydrogen Allocation Round 2 (HAR2), le mécanisme d'enchères britannique de soutien à la production d'hydrogène renouvelable et dépôt du permis de construire au second semestre 2025 ;
– Vaggeryd (10 MW) et Jordberga (10 MW), tous deux en Suède, obtention d'une subvention d'environ 11 M€ pour chacun ;
– Wallsend (15 MW, North Tyneside, Angleterre), présélection dans le cadre de l'HAR2, et obtention du permis de construire.
Le français EODev conçoit et fabrique des groupes électrogènes silencieux contenant une pile à combustible fonctionnant à l’hydrogène, ainsi que des unités de stockage d’électricité en batteries. C’est l’un des très rares exemples d’équipement à l’hydrogène utilisation en Travaux Publics. © PP
Clairement, le BTP est très en retard sur l’emploi de l’hydrogène. Autant, il existe désormais une douzaine de marques et modèles de camions et d’autocar fonctionnant à l’hydrogène, autant les engins de chantier sont rares. Symbio, l’entreprise française propriété de Forvia (ex-Faurecia), Michelin et Stellantis, promettait le développement d’engins de chantier fonctionnant avec les piles à combustible de 75 kW qu’elle développait. Mais le retrait de Stellantis a poussé l’entreprise dans une restructuration majeure qui réoriente son activité vers les data centers et la mobilité. Il n’est plus question du BTP. Les noubreux industriels qui s'étaient lancé dans la pile à combustible destinée à produire chaleur et électricité en maison individuelle n'en parlent plus. Début 2023, BDR Thermea avait développé et installé les premières chaudières murales à hydrogène et n'en parle plus non plus.
Source : batirama.com / Pascal Poggi / © PP