Nouveau patron de la division Unilin Panels du groupe Unilin, Bert Vandenkendelaere creuse la brèche ouverte par son prédécesseur, Véronique Hoflack, promue à la tête de la division sols.
Chez Unilin, l’économie circulaire est congénitale. Non seulement parce que le BENELUX est en pointe sur ces questions, mais parce que Unilin est né de l’idée d’utiliser des résidus de la production de lin. Plus tard, il y a eu le passage pionnier vers le bois recyclé. À présent, l’histoire de l’enseigne est réécrite sous cet aspect circulaire et durable, mais il faut tout de même faire la part des choses. Comme telle ou comme part du groupe Mohawk, , Unilin est davantage connu pour ses innovations type Quick-Step en sols stratifié que pour une démarche biosourcée. L’intégration du liant végétal d’Evertree dans les panneaux MDF Panneaux de Corrèze a été initiée avant la reprise de l’entité par Unilin Panels. Mais il a dû y avoir comme une impulsion supplémentaire. Voilà que Véronique Hoflack teste le recyclage du MDF chez elle dans une cocotte-minute, tandis que les panneaux Next de Panneaux de Corrèze passent à la génération 3 et que le groupe développe une colle 100 % biosourcée pour ses panneaux HPL (Verneo).
Matière de recyclage en MDF. Elle peut désormais intégrer jusqu'à 25 % le process de fabrication des MDF neufs. © Unilin Panels
Unilin Panels décarbone
Alors que seuls la France et le Luxembourg ont pour l’instant développé une réglementation de la construction neuve limitant les émissions de GES, Unilin fait partie de ces groupes qui calculent leur empreinte carbone et qui ne remontent pas à 1990 comme les États, mais 2020 : avec des résultats conséquents, grâce à l’utilisation de la biomasse, mais aussi des éoliennes, etc. Une bonne action, certes, mais qui devient aujourd’hui une bonne opération car il s’agit de limiter autant que possible l’exposition aux énergies fossiles.
Installation de recyclage de MDF à Bazeilles, 20 millions d'euros investis. © Unilin Panels
Petites idées et gros volumes
Unilin Panels, c’est une division de plus en plus européenne, partie de la Flandre, puis étendue à l’Allemagne avec une unité spécialisée dans les mezzanines, puis la France avec les deux sites de Panneaux de Corrèze et Bazeilles.
Bazeilles investit 20 millions d’euros et l’objectif devient de recycler 70 000 tonnes de MDF par an soit 25 % d’une production de 350 000 m3. Les économies de gaz à effet de serre sont conséquentes et cela tombe bien, car l’image vertueuse du bois comme stockeur de carbone réutilisable est ainsi en train de s’étendre aux produits transformés et aux panneaux de process.
Panneaux pour caissons avec paroi Unilin pare-vapeur sur le chantier du vestiaire et Club House de Coincy dans l'Aisne. © Jonas Tophoven
Master Oak et chêne piqué
Cela veut dire que le nouveau patron d’Unilin Panels ne va pas passer sa vie à faire du reporting, mais, en bon responsable marketing et ventes qu’il était déjà depuis de longues années pour la même enseigne, transformer l’essai et positionner Unilin comme . Et pour cela, deux anecdotes : lors du dernier Interzum, Unilin décroche la palme avec son Master Oak, une imitation du chêne qui va permettre un retour de l’aspect meuble massif en chêne environ 15 ans après que ce marché ait complètement périclité en France. Bert Vendenkendelaere prend les commandes d'Unilin Panels au moment où le Master Oak déploie pleinement, avec une large palette de teintes, ses qualités de toucher et le visuel du placage bois avec les atouts d'un produit PPSM (résistance contre les rayures, résistance aux UV et facilement nettoyable...).
On peut, comme dans le cas des sols stratifiés imitant parfaitement le bois, crier au fake. Mais quelques allées plus loin, sur le stand collectif French Timber des exportateurs français de bois, discussion sur les conséquences des attaques du chêne et de l’aspect piqué qui se répand. Difficile de faire du placage avec du piqué. Par contre, le promoteur nordiste Aventim a utilisé des chênes piqués de la forêt de Chantilly comme poteaux apparents de ses nouveaux espaces de travail.
Master Oak, vedette du dernier salon Interzum à Cologne. © Unilin Panels
Unilin dans l’Aisne
Autre anecdote avec du chêne : le vestiaire et club-house de Coincy dans l’Aisne par l’agence Vivarchi, qui a présenté au Forum Bois Construction de février 2026 une maquette ½ d’une ferme en chêne massif communal, sur lesquelles reposent des caissons en grisard. De la paille en isolation, le nec plus ultra de la valorisation locale avec transformation locale et des conséquences pratiques, puisque la présentation du projet au Forum leur fait rencontrer un chercheur du FCBA qui a travaillé sur la certification comme essence constructible du tremble, et qu’un groupe de travail se met en place sur le sujet à la scierie Forêt vivante.
Séparation des fibres de MDF de bois à Bazeilles, une première mondiale. © Unilin Panels
Le panneau de particule frugal
Mais l’anecdote en question, c’est que sur le chantier on trouve des panneaux de particule vert d’Unilin, qui font office de pare-vapeur et évitent le recours à des membranes côté intérieur de l’isolation en paille. Normalement, cette couleur est masquée ensuite par une ossature technique demi-stil avec plaques de plâtre pour cacher aussi les fils électriques.
À Coincy, par mesure d’économie, les panneaux resteront tel quel, juste repeints. Vivarchi a testé l’effet. C’est plus frugal, plus économique, mais on évite une couche en plus et donc, c’est aussi plus vertueux. En tout cas, l’expérimentation architecturale avec le bois local n’exclut pas un usage avisé de panneaux industriels malins.
Innovation, durabilité et puissance
Unilin Panels, c’est, selon Bert Vandenkendelaere, un ADN d’innovation, de plus en plus clairement une logique de décarbonation associée à la circularité, et enfin c’est la puissance d’un leader européen qui va conforter la dimension vertueuse de la filière européenne du bois, et surtout faire des investissements et des innovations à fort impact en termes d’empreinte.
Source : batirama.com / Jonas Tophoven / © Unilin Panels