MaPrimeRénov’ : une fraude à plus d’un million d’euros dans le viseur de la justice

Une cinquantaine de victimes, plus d'un million d'euros d'argent public détourné : trois personnes, accusées de fraude au dispositif d'aide à la rénovation énergétique MaprimeRénov', seront jugées le 24 avril.

L’enquête, ouverte à l’hiver 2024, met en lumière un système frauduleux d’ampleur autour du dispositif MaPrimeRénov’, pilier de la politique de rénovation énergétique. À la clé : plus d’un million d’euros de subventions indûment perçues, et une cinquantaine de victimes, entre particuliers lésés et artisans abusés.

 


Un mécanisme frauduleux structuré autour des aides publiques

Tout part de deux signalements : celui d’un artisan victime d’une usurpation d’identité, puis celui d’un particulier dénonçant une escroquerie liée à des travaux de rénovation. Rapidement, les investigations révèlent un montage organisé impliquant trois personnes basées en Charente-Maritime, dont la dirigeante d’une société de conseil.

Le procédé repose sur l’ouverture de dossiers d’aide auprès de l'Anah (Agence Nationale de l'Habitat), en utilisant des données personnelles collectées auprès de particuliers. Des devis sont alors établis au nom d’artisans certifiés RGE. En apparence, les dossiers sont conformes. Dans les faits, les professionnels concernés n’ont jamais été sollicités et ignorent tout des chantiers.

Lorsque des travaux sont réalisés, ils le sont souvent par des intervenants non qualifiés, avec, à la clé, des malfaçons signalées par plusieurs clients. Le préjudice dépasse le million d’euros d’aides publiques, pour près de 50 victimes identifiées.

 

Lorsque des travaux sont effectivement réalisés, ils sont le plus souvent confiés à des intervenants non qualifiés, donnant lieu à de nombreuses malfaçons signalées par les clients. © Freepik

 


Une affaire symptomatique des dérives autour de MaPrimeRénov’

Placés en garde à vue puis sous contrôle judiciaire, les trois mis en cause devront comparaître le 24 avril 2026 devant le tribunal correctionnel de Saintes pour escroquerie et blanchiment en bande organisée. L’enquête a également mis en évidence des liens personnels entre les protagonistes, renforçant l’hypothèse d’une organisation structurée.

Cette affaire intervient dans un contexte de vigilance accrue autour de MaPrimeRénov’. À l’été 2025, le dispositif avait été temporairement suspendu pour les rénovations d’ampleur, face à la multiplication des demandes et des tentatives de fraude. Depuis, les contrôles se sont intensifiés : l’Anah indique avoir déjoué plus de 21 000 fraudes en 2025, représentant 174 millions d’euros d’aides bloquées.

Un signal d’alerte pour la filière. Et un enjeu majeur pour la crédibilité des dispositifs publics de soutien à la rénovation énergétique.



Source : batirama.com / AFP / Laure Pophillat / © Freepik

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