Eurobois lance 2026

La première grande rencontre du monde du bois en 2026 est aussi le moment du bilan pour l’année 2025, qui n’est pas si mauvais que ça, à en croire les exposants et les visiteurs.

Eurobois a quitté résolument son orientation bicéphale avec les machines d’un côté et les produits de l’autre. La saignée des exposants de produits bois toutes catégories s’est poursuivie, mais des pôles d’excellence émergent avec le beau carré agencement, le secteur outillage artisan autour du stade XXL de Mafell, le pôle traitement des bois. L’informatique du bois, une force du salon, a un peu plus de mal à rassembler.

La machine profite du monopole d’Eurobois en France, Weinig revient en force, Biesse est pour l’instant moins présent en termes de surface de stand et de machines exposées, comme scm d’ailleurs. Le pôle des fournisseurs de seconde main est conséquent et central. L’animation est comme toujours un point fort du salon avec la ligne de production de plus en plus sophistiquée, les épreuves de préparation aux Worldskills, et un programme de conférence au milieu du salon.

 

Protectwood, spécialiste du traitement du bois, s'est trouvé une image dans ces éléments légers à emboîter pour créer un mur. © Jonas Tophoven 

 

 

Salon agile pour entreprises agiles

Ce qui ressort de la configuration du salon et des entretiens, c’est la résilience d’une filière diversifiée et où les PME de petite taille, plus flexibles, s’en sortent face à des modèles industriels de type germanique. Un grand marché diffus, agile, en tout cas sans présence marquée des EG et où on s’adapte sans vouloir tout faire ou tout dominer. À cette image, un salon lyonnais typiquement flexible, en adaptation permanente, français. Mais qui existe grâce aux marques européennes. En ce sens, plus un salon régional européen, bénéficiant de la force du bois dans l’AuRA, et de la proximité de l’Italie du Nord, qu’un leader national de quoi que ce soit, sinon de la machine à bois.

 

Épreuves d'entraînement pour les Woodskills dans le bois, Eurobois est vraiment un salon d'animation. © Jonas Tophoven

 

 

Vers la machine frugale

La polyvalence d’Eurobois, dans ce contexte, devient un atout. La librairie du compagnonnage dresse ses tréteaux à côté des grosses machines et vend le Petit manuel dessiné de bois de brin par Brunelle Dalbavie, nouvelle apparition du groupe RAF (réseau des alternatives forestières) et consorts, et ce retour aux source plaît aux commerciaux des grosses machines, qui y voient l’avenir. En d’autres termes, usiner les surbilles et les charpentières, mais aussi les bois locaux, les bois attaqués, et cesser de transformer le bois en partant d’une sylviculture qui en fait un matériau industriel neutre, avec énormément de chutes. Une utopie ?

 

L'artiste-concepteur Michael Feneux devant le stand Spax qu'il a conçu. © Jonas Tophoven

 

 

L’insoutenable légèreté de l’épicéa

Sur le plan de la seconde transformation en MOB, l’utopie est de dépasser le tandem portail de taille et plateau multifonction, comme l’illustre la ligne de production du salon avec Hundegger et Mach Diffusion. Voire d’inventer des lignes qui partent du sciage ou du façonnage des éléments de base, pour aller au séchage, puis à la taille et à l’assemblage en automatique. De gros monstres théoriques loin de l’agilité des PME françaises, sauf pour ceux qui veulent à tout prix plus d’automatisation, d’IA et moins de salariés syndiqués.

Non loin de la grande ligne de production qui désormais intègre les baies, du moins en précadres, dans des configurations de murs finis, Woodtech Fankhäuser propose le plateau multifonction sur base d’assemblage, une belle transgression. Essetre table sur une mécanisation qui intègre le retournement des MOBs ou FOBs. La fusion portail et plateau est sans doute poussée la plus loin chez Technowood en Suisse. Par contre, rien sur la production hors-site 3D. Et l’IA n’entre que par la petite porte, justement dans la perspective d’une convergence avec ce marché vertueux bas carbone local multi-essence.

 

Ephémère Square, l'entreprise de la Woodtech qui se développe le mieux. © Jonas Tophoven 

 

 

Le bois sans le fossile

Eurobois nous ramène sur le plancher des vaches. Avec tout de même les fameux Awards, qui pèsent par leur régularité. Quatre prix ont été décernés, loin de l’IA et des lendemains qui chantent de la production connectée. Une scie sur table de Bosch, un pantalon, des surfaces décoratives textiles, et un premier Prix pour "une avancée majeure dans le domaine des colles contact".  Une colle non chlorée, avec des solvants "à faible impact environnemental". C’est un petit pas sur la longue route vers des liants et colles non fossiles et saines.

 

Heco évolue vers le boulonnage et le ré-usage. © Jonas Tophoven

 

 

Boulonner pour déboulonner

Côté vissage, l’une des nouveautés vient de Heco, il s’agit pour ainsi dire de faire du Resix sans Resix, donc sans colle, avec des tiges filetées boulonnées capable chacunes de porter 2 tonnes. Un outil complémentaire permet de retirer sans destruction la tige du bois. Le raccord avec la structure se fait par une interface musclée en métal. Ce n’est pas de la fixation cachée à la Knapp, mais une avancée vers le ré-usage. Si Encore Heureux avait eu ça pour la villa éphémère durable de Clichy-sous-Bois, il y a quelques années, le choix initial d’un boulonnage aurait été tenu.

 

Technowood : utiliser des lamelles brutes de sciage pour créer des lames d'air isolantes et limiter le carbone à plusieurs titres. © Jonas Tophoven

 

 

Un salon bien agencé

Côté ré-usage, Ephémère Square fait fort. Bizarrement, ses kiosques extérieurs notamment pour les JOP faisaient un peu baraque mais les modules de travail disposés ça et là à Eurobois c’est chic, et c’est toujours la même approche de connexion par élément métallique cubique distinctif.

Autre ré-usage chez Protectwood, un mur en éléments emboîtés de contreplaqués, cela attire le regard comme le dome/zome de l’artiste-concepteur Michaël Feneux, qui abrite le stand de son sponsor Spax.  Avec 11 autres partenaires dont Schilliger pour le bois, Michaël Feneux lance une grande opération parisienne autour de son œuvre Belajo pour avril 2026.

Avec le Forum International à Paris, le Timbershow à Nantes et Batimat en fin d’année, le monde du bois aura largement le temps de se montrer, d’échanger et de se mettre sur la rampe de la construction et rénovation en mode 2030, extrêmement économe en carbone.

 

L'oeuvre Chien Loup des Compagnons renoue avec les oeuvres collectives du 19e siècle. © Jonas Tophoven

 


Source : batirama.com / Jonas Tophoven / © Jonas Tophoven

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