La semaine nationale 2026 du bâtiment et des Travaux Publics

La 6ème édition de la Semaine nationale des métiers du bâtiment et des travaux publics (BTP) s'est déroulée du 12 au 16 octobre 2026 et a suscité plus de 1 700 événements sur tout le territoire

Le 13 octobre dans les locaux de France Travail à Montreuil, Thibault Guilluy, le directeur général de France Travail, a lancé la sixième édition de la semaine nationale du Bâtiment et des Travaux Publics en présence de représentant de la CAPEB, de la FNB, de FNTP et de plusieurs associations. Cette semaine et ses plus de 1 700 manifestations à travers la France s’adressaient à la fois aux jeunes en recherche d’un premier emploi et aux personnes en reconversion. 

À cette occasion, France Travail a rappelé que, malgré une mauvaise conjoncture en 2026, l’artisanat du bâtiment recrute, forme et accompagne chaque année des milliers de jeunes, de demandeurs d’emploi et de personnes en reconversion. "Avec des formations concrètes, des débouchés nombreux et des valeurs fortes, ce secteur constitue une véritable opportunité professionnelle, accessible et durable", explique France Travail.

 

Avant la semaine du bâtiment, la FFB avait organisé les coulisses du bâtiment les 8 et 9 octobre et ouvert plus de 250 chantiers, ateliers et CFA au public pour permettre aux jeunes, chercheurs d’emploi et personnes en reconversion de découvrir concrètement les métiers du bâtiment, les savoir-faire et les formations qui y conduisent. Créée en 2003, cette opération constitue un temps fort de découverte et d’attractivité des métiers du secteur. © FFB

 

 

La CAPEB parie sur la féminisation

Selon la CAPEB, les objectifs de rénovation énergétique et d’adaptation des logements, qui impliquent 700 000 à 1 million de logements à rénover chaque année, pourraient générer près de 200 000 emplois à horizon 2030. Les entreprises artisanales rencontrent déjà des difficultés à recruter. Au premier trimestre 2026, 10 % des entreprises artisanales du bâtiment déclaraient avoir cherché à recruter et environ la moitié d’entre elles seulement y étaient parvenues. La CAPEB nationale et son réseau de 93 CAPEB départementales se sont donc associées à cette mobilisation pour faire découvrir les métiers de l’artisanat du bâtiment, susciter des vocations et rapprocher les entreprises artisanales des personnes à la recherche d’un emploi, en reconversion ou en réflexion sur leur avenir professionnel.

 

Comme l’indique Jean-Christophe Repon, président de la CAPEB, "faire découvrir les métiers du bâtiment, c’est donner à chacun la possibilité de se projeter dans des métiers utiles, concrets et qui ont de l’avenir. Notre secteur évolue profondément, notamment sous l’effet de la rénovation énergétique et de la transition écologique, et ces transformations créent de nouveaux besoins en compétences. Pour y répondre, nous devons faire connaître la richesse de nos métiers, encourager les vocations et ouvrir plus largement les portes de l’artisanat du bâtiment, notamment aux femmes et à tous ceux qui souhaitent se former, se reconvertir ou entreprendre". © PP

 

La grande idée que poursuit la CAPEB, c’est la féminisation des métiers. Les femmes représentent aujourd’hui 13 % des chefs d’entreprise et salariés de l’artisanat du bâtiment. Pour la CAPEB, cette faible représentation constitue un potentiel important pour élargir les viviers de recrutement et répondre aux besoins à venir. D’autant que 20 % des chefs d’entreprises membres de la CAPEB ont aujourd’hui plus de 60 ans. Ce qui représente à court terme un potentiel de 14 000 entreprises à reprendre.

La CAPEB agit ainsi pour faire évoluer les représentations, déconstruire les idées reçues et faire connaître aux femmes les possibilités offertes par les métiers du bâtiment, de l’apprentissage à l’entrepreneuriat. La démarche "Osez les métiers du bâtiment au féminin" participe à cette dynamique en donnant davantage de visibilité aux parcours de femmes dans le secteur. Elle a été illustrée le 13 octobre à Montreuil, par l’organisation d’une présentation et d’un débat au cours duquel des cheffes d’entreprise ont échangé avec une quinzaine de participantes intéressées par la création ou la reprise d’entreprise artisanales du bâtiment, mais aussi par la découverte des métiers du bâtiment.

À cette occasion, la CAPEB Grand Paris a présenté son nouveau dispositif "Osez le chantier de votre réussite", qui propose des immersions dans des entreprises artisanales adhérentes, notamment en serrurerie, couverture et maçonnerie.

 

Solène Verot, chargée de mission économique à la CAPEB Grand Paris – joignable par mail à l’adresse economique@capeb-grandparis.fr – a présenté le parcours, financé par l’Europe de juin 2026 à décembre 2028, intitulé "Responsable d’entreprise artisanale du bâtiment". Il s’agit d’une formation complète du chef d’entreprise à raison de 2 jours par mois, avec des ateliers complémentaires avec des chefs et cheffes d’entreprises de la CAPEB sur des sujets très concrets : quel statut juridique choisir à la création de l’entreprise, plan de financement, négocier avec un banquier, … Le parcours actuel embarque neuf participants, dont cinq femmes. © PP

 

 

Maryse Hadjipanayotou a créé à 24 ans, avec son mari qui en avait alors 25 ans, une entreprise de plomberie, chauffage, couverture. Son entreprise a formé de nombreux apprentis, devenus salariés ; certains sont partis créer leur propre entreprise artisanale et sont devenus chefs d’entreprise à leur tour. Ses deux enfants travaillent dans l’entreprise et assureront la succession. L’un de ses premiers apprentis, devenu salarié, a un fils aujourd’hui apprenti dans son entreprise. Maryse raconte l’épanouissement de sa vie personnelle et professionnelle et, clairement, remporte l’adhésion, des participantes à cet atelier. © PP

 

 

Autre participante à l’atelier animé par Solène Vero, Marie Pereira – à droite sur l'image –  est conjointe salariée de la société Alain Riffaut, son mari qu’elle a rejoint lors de la reprise d’une entreprise artisanale d’électricité. Elle souligne la nécessité d’être polyvalente. Son mari est sur les chantiers, mais elle assure la gestion de l’entreprise, les RH, les relations avec les fournisseurs. C’est elle qui répond aux clients, etc. Elle est devenue présidente de la CIFA, la Commission Interdépartementale des Femmes de l’Artisanat, et administratrice de la CAPEB Grand Paris. © PP

 

En conclusion de l’atelier sur la féminisation des métiers du bâtiment, Karima Ziani, la directrice adjointe de France Travail, a rappelé que France Travail propose de multiples services aux candidates, notamment des cessions d’immersion dans les entreprises partenaires, pour qu’elles découvrent de manière concrète la réalité des entreprises artisanales du bâtiments. Elle a également expliqué aux membres de la CAPEB que France Travail les aide dans leurs projets de recrutements, épluchant les CV et sélectionnant les candidats pour présenter aux entreprises ceux qui leur conviendront le mieux.

 

 

Des femmes. Des métiers. Des possibles

À l’occasion de la Semaine nationale des métiers du BTP, la CAPEB a lancé "Des femmes. Des métiers. Des possibles.", un site consacré à la féminisation des métiers du bâtiment. "Elles construisent aujourd’hui un secteur plus ouvert, plus juste, plus fort. Et si c’était aussi votre histoire ?" : le site donne la parole aux femmes qui exercent ces métiers et propose des contenus pour mieux les découvrir. Il rassemble notamment huit portraits de femmes et huit parcours, une rubrique "Quel métier pour vous ?", des chiffres clés sur la place des femmes dans le secteur et un espace "Stop aux clichés !".

 

 

 

La CAPEB mène depuis plusieurs années, une campagne soutenue pour accélérer la féminisation des métiers du bâtiment. © CAPEB

 


Source : batirama.com / Pascal Poggi / © PP

↑ Allez en Haut ↑