BATIRAMA BATIMAT 2026

BATIRAMA | HORS-SÉRIE - SALON BATIMAT - SEPTEMBRE / OCTOBRE 2026 | www.batirama.com BATIMAT 29 ainsi uneenveloppeoùplusieursmatériaux sont associés plutôt que substitués les uns aux autres : le béton assure la structure, le bois et la paille composent les façades, tandis que la terre crue et le chaux-chanvre interviennent dans leur finition. Selon VINCI Immobilier, cette combinaison de matériaux biosourcés et géosourcés contribue notamment à l’inertie thermique et acoustique du bâtiment. Au-delà du choix dematériaux inhabituels pour un immeuble tertiaire, l’intérêt de Weko réside donc dans cette mise en relation entre ressources agricoles, matériaux issus du chantier et système constructif traditionnel. Une régulation naturelle de l’humidité au service du confort d’été Pensé pour optimiser les consommations énergétiques, l’immeuble est raccordé au réseau montpelliérain de chaleur et de froid de la SERM. Le rafraîchissement est assuré par une CTA adiabatique associée à des brasseurs d’air, afin de garantir le confort estival attendu par la réglementation comme les certifications visées. Le rafraîchissement repose sur un principe physique éprouvé : l’évaporation de l’eau absorbe de la chaleur. L’air chaud extérieur traverse un filtre humide avant d’être soufflé dans les bureaux ; en s’évaporant, l’eau capte les calories de l’air, qui ressort nettement plus frais. Le procédé a toutefois une limite connue : il perd en efficacité dans les atmosphères déjà chargées en humidité, l’air ayant alors moins de capacité à en absorber davantage. ÀWeko, ce risque est atténué par la nature même des parois. Les enduits en terre crue et les caissons de paille de riz sont perspirants : ils absorbent l’excès d’humidité ambiante puis la restituent progressivement, régulant naturellement l’hygrométrie des bureaux. Une propriété qui vient épauler le système adiabatique plutôt que de le fragiliser. Le jour de notre visite est idéal afin de tester le rafraichissement adiabatique et l’absence de clim’ étant donné qu’il fait 39 °C. Résultat mesuré lors des premières fortes chaleurs : une température intérieure stabilisée entre 22 et 24 °C, alors que le thermomètre extérieur dépassait les 35 °C. Une gestion de chantier alignée sur l’économie circulaire La démarche environnementale ne se limite pas à l’enveloppe du bâtiment et se prolonge jusque dans l’organisation du chantier, avec la mise en place d’un schéma d’organisation et de gestion des déchets (SOGED) prévoyant un tri à la source selon cinq flux : ferraille, bois, déchets industriels banals, plastiques et déchets dangereux. L’objectif fixé atteignait 75%devalorisationdesdéchets produits, avec une priorité donnée à la valorisation matière. Le réemploi des terres excavées pour fabriquer les enduits intérieurs en constitue l’une des illustrations les plus concrètes : plutôt que d’être évacuée du site, une partie de la matière extraite lors du terrassement est ainsi réintroduite directement dans l’ouvrage, donnant corps à une véritable logiquedeboucle localeoù les ressources du chantier trouvent leur prolongement dans le bâtiment lui-même. Au terme de la visite, Weko apparaît f i na l emen t mo i ns comme une démonstration technologiquequecomme une réconciliation entre architecture et territoire. Ici, la terre n’est pas cantonnée à un discours sur lesmatériaux biosourcés ou géosourcés : elle se voit, se touche, donne sa couleur aux espaces et participe à l’atmosphère du bâtiment. Associée au bois, à la paille de riz, au végétal et à la lumière méditerranéenne, elle compose une architecture chaleureuse, profondément ancrée dans son territoire. Une manière aussi de rappeler que l’innovation ne consiste pas toujours à inventer de nouveaux matériaux, mais parfois à regarder autrement ceuxque l’on a déjà sous les pieds. À Weko, ceux qui croient encore à la terre crue semblent avoir trouvé un terrain particulièrement fertile pour le démontrer. L.P. Crédit : LaurePophillat Les architectes François Leclercq (à g.) et Olivier Navelet posent devant l’un des murs en terre crue de Weko. Comme l’explique François Leclercq, il s’agissait, pour les architectes, de « sortir du normatif » en assumant un rejet du modèle des bureaux des années 70. Ils souhaitaient « raconter une histoire » et développer un autre « rapport à la ville »

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