BATIRAMA BATIMAT 2026
BATIRAMA | HORS-SÉRIE - SALON BATIMAT - SEPTEMBRE / OCTOBRE 2026 | www.batirama.com 28 BATIMAT Les règles professionnelles actuelles de la construction paille encadrant principalement l’emploi de la paille de blé, l’utilisation de paille de riz sur ce chantier a nécessité la mise en place d’un protocole spécifique : le projet a ainsi bénéficié d’un Avis de Chantier délivré par le bureau de contrôle Socotec, sur la base d’un travail d’équivalence avec la paille de blé réalisé par le Réseau Français de la Construction Paille (RFCP), permettant de sécuriser comme de justifier le recours à cette ressource agricole encore peu courante dans la construction. À leur réception, les bottes depailleont fait l’objetd’uncontrôleparEnvironnementBois afin de vérifier leur conformité avant leur intégration dans les caissons ; certaines, présentant un taux d’humidité trop élevé, ont dû être écartées, mais dans une proportion suffisamment limitée pour ne pas nécessiter de nouvelle commande. Les bottes retenues ont ensuite été recompressées en atelier à l’aide d’une machine conçue et fabriquée en interne à partir d’un vérin pneumatique, avant d’être mises enœuvre dans les caissons à ossature bois, dont le remplissage a lui-même été réalisé manuellement en atelier. Une succession d’opérations qui illustre leniveaudepréparationnécessaire pour intégrer une ressource agricole locale dans un système constructif conçu pour répondre aux exigences d’un bâtiment tertiaire. La terre du chantier réinvestit les murs Leprojet poussecette logiquedeproximité jusque dans les finitions. À l’intérieur, les parois sont recouvertes d’un enduit en terre crue fabriqué à partir des terres excavées directement sur le site. Il ne s’agit donc pas seulement de choisir un matériau géosourcé : une partie de la matière extraite lors du chantier retrouve ici un usage dans le bâtiment lui-même. Cette approche permet de limiter les mouvements de matériaux comme les flux liés à l’évacuation des déblais, tout en donnant une seconde fonction à une ressource issue directement du terrain. Le CSTB identifie d’ailleurs le réemploi des terres excavées comme l’une des pistes de valorisation possibles dans le secteur de la construction, sous réserve notamment de leur caractérisation et de leur qualité. Dès la phase d’avant-projet, des analyses ont été menées sur la terre présente sur le site afin de vérifier son aptitude à être transformée en enduit intérieur ; les résultats se sont révélés particulièrement favorables, ouvrant la voie à un réemploi direct de cette ressource issue du terrassement. La configuration de la parcelle a par ailleurs constitué un atout déterminant, puisqu’un espace disponible en fond de terrain a permis de préparer la terre sur place, après son amendement avec du sable, mais aussi de la stocker jusqu’à sa mise en œuvre, limitant ainsi les transports et les manipulations de matériaux. Le dispositif constructif a également été adapté pour faciliter la mise en œuvre de ces enduits sur les façades bois-paille : une canisse a ainsi été ajoutée aux montants en bois des caissons afin d’améliorer l’accroche de la terre et de garantir une meilleure compatibilitéentre lesdifférentsmatériaux. Cette spécificité a enfin nécessité une organisation particulière entre les différents corps d’état, l’enduiseur et le façadier ayant répondu en groupement avec le charpentier pour assurer la réalisation de l’ensemble des parois bois-paille-terre, depuis la préparation des supports jusqu’à leur finition. La chaux-chanvre complète le dispositif en façade À l’extérieur, les façades reçoivent un enduitmixte chaux-chanvre. Celui-ci vient protéger les parois tout en complétant le dispositif constructif. L’ensemble forme Crédit : LaurePophillat
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