La résidence Limmat, habillée de briques moulées main, s'inscrit dans une démarche de renouvellement urbain en associant architecture contemporaine et héritage industriel.
Au Havre, la résidence Limmat s'inscrit dans une démarche architecturale qui conjugue mémoire du territoire et expression contemporaine. Imaginé par Sterenn Architectes dans le cadre d'une opération de renouvellement urbain, le projet s'appuie sur un matériau emblématique de l'histoire locale : la brique.
Fournie par wienerberger, la brique habille l'ensemble du bâtiment, des façades jusqu'à la toiture, donnant naissance à une architecture monolithique dont les reliefs et les jeux de matière façonnent une identité singulière.
Une architecture contemporaine ancrée dans l'histoire havraise
Située dans un quartier appelé à connaître d'importantes transformations, la résidence Limmat constitue la première réalisation d'un programme de renouvellement urbain plus vaste. Dans ce contexte, les concepteurs ont cherché à établir un dialogue entre le patrimoine industriel havrais et les usages contemporains. Pour y parvenir, Sterenn Architectes a repris certains codes des constructions historiques, notamment leurs proportions et leurs volumes, tout en développant une écriture résolument actuelle.
La brique s'est rapidement imposée comme un élément central. Longtemps omniprésente dans le paysage havrais avant les reconstructions d'après-guerre, elle offre ici un lien direct avec l'histoire constructive de la ville tout en répondant aux ambitions esthétiques du projet. © Sandro Carlo di Darsa
Une enveloppe monolithique façonnée par le travail de la brique
Sur la résidence Limmat, la terre cuite ne se limite pas à un simple habillage de façade. La brique recouvre l'intégralité du bâtiment et se prolonge jusqu'à la toiture, épousant les lignes inclinées des terrasses et des coursives. Ce choix architectural confère à l'édifice une lecture monolithique particulièrement affirmée. La peau du bâtiment se distingue par un important travail de composition où alternent retraits, reliefs, motifs et variations de profondeur.
Les ouvertures prennent place au sein de cadres rectangulaires creusés dans la façade, créant un rythme régulier tout en variant les dimensions. À cela s'ajoutent des décors en relief inspirés des moucharabiehs, dont les motifs géométriques évoluent au fil de la journée sous l'effet de la lumière naturelle. L'ensemble produit une façade vivante où les jeux d'ombre et de matière modifient en permanence la perception du bâtiment.
Les façades se distinguent par un travail subtil des reliefs et des ouvertures, qui anime le bâtiment au gré de la lumière. Les variations de profondeur et les motifs intégrés à la brique créent ainsi des jeux d’ombre évolutifs, donnant à l’ensemble une apparence changeante tout au long de la journée. © Sandro Carlo di Darsa
Deux nuances de terre cuite pour distinguer les volumes
La résidence est composée de deux bâtiments séparés par une large faille centrale accueillant les circulations communes, notamment l'escalier principal. Si les deux volumes partagent le même langage architectural, ils se distinguent par le choix de leurs teintes de brique.
Le bâtiment principal est habillé d'une terre cuite beige-gris aux nuances légèrement rosées, la brique Forum coloris Prata. Cette teinte fait écho aux tonalités du béton qui caractérise une grande partie de l'architecture havraise reconstruite après la Seconde Guerre mondiale. Le second volume, plus étroit et plus vertical, est revêtu d'une brique plus sombre, la Pragus coloris Gris. Un choix qui permet de différencier les constructions tout en faisant référence à une autre réalisation conçue par l'agence dans la même rue.
Deux salles, deux ambiances. © Sandro Carlo di Darsa
Une matière au service de la durabilité et de l'innovation constructive
Pour Benoît Andrier, architecte associé de Sterenn Architectes, la brique s'est imposée comme une évidence tant pour ses qualités patrimoniales que pour ses possibilités de mise en œuvre. Selon lui, le matériau offre une grande liberté de création grâce à la diversité des décors, des reliefs et des modes d'assemblage qu'il autorise. Sur la résidence Limmat, l'écriture architecturale repose précisément sur ce travail minutieux des retraits, des inclinaisons et des motifs qui donnent du rythme à la façade.
L'agence a également privilégié une finition moulée main afin d'apporter davantage de nuances et de singularité à l'ensemble. Chaque élément présentant de légères variations, l'architecture gagne en douceur et en chaleur par rapport à une production plus standardisée.
Au-delà de ses qualités esthétiques, la terre cuite a également été retenue pour sa durabilité. "L’avantage de la terre cuite, c’est aussi que c’est un matériau durable qui vieillit bien et peut durer 150 ans sans qu’on ait besoin d’y retoucher. Pour ce projet, nous avons pu compter sur l’appui de wienerberger dès la phase de conception sur la partie technique, notamment pour le retournement de la brique en toiture qui sort des règles habituelles de construction et pour lequel nous avons dû réaliser un Atex. Nous sommes très satisfaits du résultat final" témoigne Benoît Andrier, architecte associé de Sterenn Architectes.
Source : batirama.com / Laure Pophillat / © Sandro Carlo di Darsa