À Vaulx-en-Velin, Builders École d’ingénieurs prépare un nouveau campus pensé pour conjuguer innovation pédagogique, qualité de vie étudiante et construction durable, avec l’ambition de former 550 ingénieurs d’ici 2032.
Builders École d’ingénieurs accélère son développement en Auvergne-Rhône-Alpes avec un projet de campus ultra bas carbone ambitieux pensé comme un véritable lieu d’innovation, d’expérimentation pédagogique et de décarbonation. Implanté à Vaulx-en-Velin La Soie, ce nouvel ensemble accueillera à terme 550 étudiants et entend répondre à un double enjeu : offrir des conditions d’études exemplaires tout en accompagnant les besoins croissants des entreprises du territoire en ingénieurs spécialisés dans la construction durable.
Pensée comme un véritable outil d’apprentissage, l’opération sert de terrain d’expérimentation grandeur nature pour les quelque 150 élèves-ingénieurs actuellement en formation. Associés à la conception de certains de leurs futurs espaces de vie et de travail, les étudiants sont impliqués tout au long du chantier, depuis les visites de l’usine de préfabrication des façades jusqu’au choix des essences paysagères. Ils ont par ailleurs accès à une "maquette carbone" du bâtiment, conçue comme un support pédagogique évolutif, leur permettant d’évaluer l’impact environnemental des matériaux utilisés et de simuler, à terme, différentes hypothèses de réduction de l’empreinte carbone de leur école.
Builders, qui porte bien son nom, forme des ingénieurs de la construction depuis 1993 – la première école a été ouverte à Caen, en Normandie. Reconnue par l’État, labellisée EESPIG et membre de la Conférence des Grandes Écoles, elle accueille près de 900 étudiants sur ses campus de Caen et de Lyon. L’établissement propose également plusieurs Mastères spécialisés autour du BIM, des éco-matériaux, des environnements portuaires et de l’adaptation climatique des bâtiments, ainsi qu’un Bachelor en ingénierie responsable et construction durable accessible après le baccalauréat.
Situé à l’est de la métropole lyonnaise, le quartier de Vaulx-en-Velin La Soie s’impose comme l’un des grands territoires de transformation urbaine du Grand Lyon. Ancienne friche industrielle articulée autour du patrimoine emblématique des usines TASE, le secteur connaît depuis plusieurs années une profonde mutation mêlant logements, bureaux, équipements publics, espaces verts et pôles économiques. Le projet urbain du Carré de Soie ambitionne d’y construire un quartier durable, connecté au métro A, aux tramways et au Rhônexpress, conciliant développement économique, renouvellement urbain et valorisation du patrimoine industriel. © Laure Pophillat
Lucie Destouet, ici en photo, a pris le poste de Directrice des Études et de la Vie Étudiante. Diplômée de l’école en 2011, cette ingénieure de 37 ans a construit un parcours à dimension internationale en pilotant d’importants projets avant de prendre, en juin 2021, la direction du campus Auvergne-Rhône-Alpes de l’établissement. Lucie Destouet a notamment la responsabilité de définir comme d’accompagner les grandes orientations pédagogiques de l’école, tout en veillant à renforcer la qualité de l’expérience étudiante. Elle conserve parallèlement la direction du campus Builders Auvergne-Rhône-Alpes ainsi que le pilotage du projet immobilier de l’école à Vaulx-en-Velin. © Builders
Un campus pensé comme un laboratoire pédagogique à ciel ouvert
Le chantier, qui a débuté en novembre 2025 – pour une livraison au T1 2027 – donnera naissance à un campus décarboné à l’architecture contemporaine, imaginé autour de la flexibilité des usages comme de l’évolution constante des pratiques pédagogiques.
Les salles de cours et espaces de travaux pratiques ont été conçus pour être entièrement modulables, afin de favoriser les méthodes d’apprentissage actives et collaboratives désormais au cœur de la formation des ingénieurs. Le bâtiment lui-même devient un outil pédagogique, pensé afin d’enrichir l’expérience des apprenants et encourager les interactions.
Cette approche innovante a d’ailleurs été reconnue par le CCCA-BTP, qui participe au financement du projet. Le futur campus de Builders en métropole lyonnaise est ainsi appelé à devenir un site pilote, destiné à inspirer d’autres centres de formation du secteur de la construction souhaitant développer des modèles pédagogiques plus attractifs et immersifs.
Le campus s'étend sur 2 876 m2. Maître d’ouvrage de l’opération, l’école a choisi de conduire son projet dans le cadre d’une conception-réalisation confiée au groupement mené par Léon Grosse avec l’agence d’architecture Patriarche, Graphyte (paysagiste) et les bureaux d’études Betem (fluides), ICS (structure), Inddigo (environnement) et Lasa (acoustique). Un consortium réuni autour d’un cahier des charges particulièrement exigeant, plaçant les enjeux énergétiques, la réduction de l’empreinte carbone et la qualité des usages au cœur du projet. l’école est labellisée DD&RS, label qui répond au volet du plan climat-biodiversité et transition écologique du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Elle atteindra le niveau E3C2 du label E+C-. © Patriarche
Le futur campus bénéficiera d’une connexion facilitée avec l’ensemble de la métropole lyonnaise grâce à la mise en service – prévue en 2026 – de la ligne de tramway T9. Celle-ci reliera directement Vaulx-en-Velin à Lyon ainsi qu’aux principaux pôles universitaires de l’agglomération. © Laure Pophillat
Le développement de ce campus s’appuie sur un investissement global de 16 millions d’euros, soutenu notamment par les collectivités locales. La Région Auvergne-Rhône-Alpes finance le projet à hauteur de 4 millions d’euros, tandis que la ville de Vaulx-en-Velin apporte un soutien d’un million d’euros, tout comme le CCCA-BTP. De son côté, Builders a investi 3,8 millions pour Builders. © Laure Pophillat
Béton ultra bas carbone, sobriété énergétique et matériaux durables
Qualité de vie
Au-delà des espaces d’enseignement, le projet accorde une place centrale à la qualité de vie étudiante. Implanté à Vaulx-en-Velin, le futur campus intégrera un vaste jardin paysager ainsi que plusieurs toitures-terrasses végétalisées, offrant des espaces de respiration comme de convivialité au sein même du site.
L’ensemble du bâtiment a été imaginé dans une logique de sobriété énergétique et de construction responsable. Façades préfabriquées hors site par , recours à un béton ultra bas carbone dont les volumes ont été optimisés au strict nécessaire, intégration d’un mur en pisé pour l’escalier monumental, sans oublier une importante démarche de réemploi des matériaux : chaque choix de conception traduit la volonté de Builders d’inscrire son développement dans une démarche environnementale cohérente avec les enjeux portés par l’école.
En toiture, l’installation photovoltaïque d’une surface de 100 m2 pour une puissance de 20 kWc, permettra une autoconsommation de la production totale de l’école, ainsi qu’une revente du surplus. © Patriarche
Des façades biosourcées hors site Techniwood
Techniwood se présente comme le spécialiste de la façade bois hors-site, avec son système constructif breveté Panobloc®. Conçu à partir de matériaux biosourcés et à faible empreinte carbone, tels que la fibre de bois et la laine de roche, Panobloc® est un système constructif fabriqué en France, pensé dans une logique de durabilité et d’éco-conception. Développé pour les opérations neuves comme pour les projets de réhabilitation, y compris en site occupé, ce procédé industrialisé repose sur une structure bois multicouche permettant d’adapter précisément les épaisseurs et les niveaux de performance aux contraintes de chaque programme. Compatible avec les modes constructifs béton, il peut également s’intégrer dans des opérations hybrides.
Destiné aussi bien aux immeubles de grande hauteur qu’aux bâtiments résidentiels jusqu’à la quatrième famille, Panobloc® répond aux nouvelles exigences environnementales et techniques du secteur de la construction. Les panneaux reposent sur un assemblage de plis croisés à 90 °, collés entre eux afin d’assurer la stabilité et les performances structurelles de l’ensemble. Chaque pli se compose d’une alternance de plusieurs éléments :
– des lames de bois aboutées et rabotées, de section rectangulaire, disposées parallèlement, dont le nombre et l’espacement varient selon les exigences mécaniques du projet ;
– Des bandes d’isolant insérées entre les lames afin d’occuper les espaces libres et de renforcer les performances thermiques ;
– Et une structure assimilable à un treillis bois, participant à la rigidité de l’ensemble constructif.
Le système offre une grande souplesse architecturale, autorisant de larges ouvertures et une diversité de finitions — bois, métal, terre cuite, pierre ou panneaux composites — tout en répondant aux exigences contemporaines en matière d’acoustique et de résistance au feu.
Panobloc® se distingue par une approche constructive combinant performances thermiques, maîtrise des impacts environnementaux et rationalisation du chantier. Grâce à la suppression des ponts thermiques et à une enveloppe particulièrement étanche, le système affiche des performances énergétiques supérieures aux façades à ossature bois traditionnelles. © Laure Pophillat
Fabriqué en France à partir de matériaux biosourcés, Panobloc® revendique une faible empreinte carbone et une attention portée à la qualité de l’air intérieur. Sa conception autoportante limite par ailleurs les charges rapportées sur la structure existante, un atout particulièrement adapté aux opérations de réhabilitation. © Laure Pophillat
Sur le chantier, les façades sont rapidement posées – sur 1 000 m2 – afin de fermer rapidement le site. Les panneaux, évidemment, sont locaux – fabriqués à moins de 150 km du site – et livrés au fur et à mesure, avec leurs différents composants intégrés — menuiseries, parements ou isolation –, ce qui permet aussi de réduire les délais d’exécution, les nuisances de chantier et les déchets générés sur site.© Laure Pophillat
Carat, by Vicat, un matériau ultra bas-carbone
Le béton du futur atrium du campus, de marque Vicat, sera posé sur approximativement 300 m2. Il surprend autant par sa couleur – béton noir, non normé, pour lequel il a fallu que Vicat obtienne un ATEx en collaboration avec le CSTB – que par sa composition. Selon le groupe cimentier familial, il serait dix fois plus décarboné qu'un béton standard. En effet, Vicat a développé Carat, un liant innovant intégrant du biochar afin de permettre le stockage durable du carbone tout en conservant les performances techniques d’un ciment conventionnel.
Le procédé repose notamment sur une diminution de la part de clinker, principal composant émissif du ciment, associée à l’incorporation de biochar permettant de séquestrer du carbone biogénique directement au sein du béton. Carat entend ainsi conjuguer exigences environnementales et performances mécaniques comparables à celles d’un ciment traditionnel. Ce liant est produit en France, au sein de la cimenterie Vicat de Montalieu-Vercieu.
Pour rappel, produit par pyrolyse de résidus de biomasses, le biochar est géochimiquement stable, souvent de faible granulométrie et ses usages permettent de générer des puits de carbone permanentes. Il est identifié par le GIEC comme une solution de stockage durable du carbone et l'UE a adopté un acte délégué reconnaissant la permanence de la séquestration de carbone par le biochar.
Le biochar utilisé dans Carat provient de Soler, un producteur français valorisant des ressources forestières locales afin de stocker durablement du carbone. © Laure Pophillat
Destiné aux ouvrages en béton, ce matériau s’inscrit dans une démarche de réduction de l’empreinte carbone du secteur de la construction. © Laure Pophillat
Le futur atrium de l'école Builders. © Patriarche
Un futur vivier de talents pour accompagner la transition du secteur de la construction
Avec 550 diplômés attendus à horizon 2032, le campus Auvergne-Rhône-Alpes de Builders ambitionne également de devenir un levier stratégique pour les entreprises locales du bâtiment et des travaux publics, confrontées à des besoins croissants en compétences techniques et environnementales.
La formation de profils capables d’accompagner la transition écologique du secteur constitue l’un des axes majeurs du projet. "Ces étudiants seront les talents dont nos entreprises ont besoin pour renforcer notre compétitivité et participer à la réindustrialisation du territoire", souligne Catherine Staron, vice-présidente de la Région Auvergne-Rhône-Alpes.
Cette implantation répond ainsi à une logique territoriale forte, associant enseignement supérieur, développement économique et attractivité régionale.
En attendant la fin du chantier, une palissade colorée d'une fresque cache une partie du futur campus. Pour l'association-entreprise Anamorphose, en charge du projet, il s'agissait – et c'était une volonté commune à l'ensemble des intervenants sur le chantier – de donner de l'artistique à la construction. Là encore, le réemploi est au cœur du sujet puisque les panneaux sont des tables de ping-pong jetées, puis recyclées, tout comme la peinture utilisée. La fresque sera ensuite conservée par l'école Builders. © Laure Pophillat
Source : batirama.com / Laurre Pophillat / © Laure Pophillat