Fin d'année scolaire compliquée pour les 950 élèves d'un lycée de Vesoul, dont l'établissement a été fermé en urgence car il risque de s'effondrer du fait de fissures et de fondations "en mauvais état".
C’est une décision aussi soudaine que radicale, prise dans l’urgence au nom de la sécurité des élèves comme des personnels : le lycée des Haberges, à Vesoul, a été fermé après la mise en évidence d’un risque d’effondrement. Derrière cette mesure exceptionnelle, les autorités évoquent une situation structurelle jugée critique, révélée par des expertises récentes, sur fond d’inquiétudes anciennes autour de l’état du bâtiment.
"Nous sommes dans un état de sidération. Personne ne s’attendait à être obligé de prendre une décision aussi radicale", a reconnu Jérôme Durain, le président socialiste du Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, traduisant le choc d’une collectivité prise de court par la gravité des constats.
Une fermeture dictée par l’urgence absolue
La décision est tombée juste avant le week-end prolongé du 8 mai, dans un climat de tension et d’incrédulité. Le lycée des Haberges, à Vesoul, a été fermé en urgence par les autorités, une mesure qualifiée à la fois de "brutale" et "absolument nécessaire" par le préfet de Haute-Saône, Serge Jacob. Un choix dicté, selon lui, par une seule priorité : la sécurité des élèves et des personnels. "Fermer les locaux" ne revient toutefois pas à "fermer le lycée", a-t-il précisé lors d’une conférence de presse.
Dans la foulée, la rectrice de Bourgogne-Franche-Comté, Nathalie Albert-Moretti, a tenu à détailler les modalités de continuité pédagogique. Les élèves ne seront pas laissés sans solution : les cours seront d’abord assurés à distance, avant un retour progressif en présentiel dans des structures de relocalisation – potentiellement d’autres établissements de la ville – et ce afin, évidemment, de garantir la continuité des enseignements comme permettre le passage des examens.
Le lycée des Haberges, à Vesoul avait été inauguré en 1992. Emmanuel Macron y avait fait une visite, et déjeuné il y a quelques temps. © Jean-François Fernandez / Radio France
Des fissures anciennes : l’édifice sous surveillance depuis des années
Le bâtiment, pourtant décrit comme une "structure récente" construite il y a 34 ans, faisait déjà l’objet d’une surveillance régulière, comme l’a rappelé Jérôme Durain, le président socialiste du Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté. "Des fissures ont été observées en 2014 à différents endroits, notamment sur le parvis de l’établissement et des témoins ont été posés pour surveiller leur évolution. En février 2025, nous avons constaté que la structure porteuse était en mauvais état", a-t-il expliqué. Une surveillance rapprochée avait alors été mise en place, avec une vérification "toutes les 30 minutes du dispositif technique".
Jérôme Durain l'affirme : "on n'était pas en insécurité puisqu'on n’avait pas eu d'alerte". Mais, "comme tout ça nous interrogeait, on a fait faire une expertise géotechnique qui a été rendue ce 7 mai". Le rapport est sans appel : "il y a sur les fondations du bâtiment un risque lié à l'état du béton et le bâtiment n'est plus compatible avec la sécurité des personnes", précisant que des "défauts compromettent directement la stabilité de l’ouvrage et la sécurité de ses occupants" et que "l'état des bétons, le soubassement du bâtiment ne seraient pas compatibles avec un risque sismique".
Une nouvelle expertise a été commandée dans l’urgence, tandis que la Région, en charge des lycées, affirme qu’elle "regardera les éventuelles responsabilités le moment venu".
Plusieurs hypothèses sont désormais évoquées pour expliquer cette fragilité structurelle :
– implantation sur un sol de marnes argilo-calcaires en périphérie de Vesoul ;
– Effets potentiels du changement climatique sur les sols ;
– Activité sismique ;
– Ou encore défauts initiaux de conception.
Source : batirama.com / AFP / Laure Pophillat / © Emmanuel Blanc / France Télévisions