L’ensemble des prévenus ont été relaxé dans le dossier de la destruction du mas de Montredon, un bâtiment médiéval situé sur le domaine d’Estoublon. L’association requérante réclamait 100 000 euros de réparation.
L’affaire portait sur la démolition, en mai 2021, d’un mas médiéval implanté au cœur du Domaine d’Estoublon, propriété viticole et oléicole de prestige située dans le massif des Alpilles. Le chantier, réalisé sans l’ensemble des autorisations nécessaires selon les parties civiles, avait déclenché une procédure judiciaire complexe, impliquant plusieurs entités liées au domaine.
Appartenant à l’entrepreneur Stéphane Courbit, associé au couple Sarkozy, le domaine avait été visé par une citation directe d’une association écologiste dénonçant la destruction du mas médiéval datant du XVe siècle, la Ligue de défense des Alpilles, qui demandait 100 000 euros de dommages et intérêts.
Le Domaine d’Estoublon s’étend sur 17 hectares de vignes et 120 hectares d’oliveraies. Il revendique une histoire remontant à 1489 et valorise aujourd’hui une production d’huiles d’olive multi-médaillées ainsi qu’une offre œnotouristique haut de gamme. Le site, qui comprend notamment un château privatisable de 10 chambres, s’inscrit dans un positionnement exclusif en Provence. Il est détenu et structuré autour de plusieurs associés, dont l’entrepreneur Stéphane Courbit, en partenariat avec le couple Sarkozy et la famille Prats. © Château d'Estoublon / Facebook
Une relaxe prononcée malgré une procédure engagée depuis 2021
Saisie de l’affaire, l'association de la Ligue de défense des Alpilles avait demandé la condamnation solidaire de plusieurs acteurs, dont :
– Estoublon Holding,
– Stéphane Courbit,
– un ancien salarié du domaine,
– et un cabinet d’architecture intervenu sur le chantier.
L’association estimait que la destruction du mas de Montredon, bâtiment d’origine médiévale, avait été réalisée en dehors du cadre légal. Les faits remontaient donc à mai 2021, lorsque l’édifice situé sur le Domaine d’Estoublon avait été entièrement détruit. Une autre structure juridique liée au domaine, la société agricole du Domaine d’Estoublon, avait déjà été poursuivie dans ce dossier.
En mai 2025, cette dernière avait fait l’objet d’une condamnation dans le cadre d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), avec une amende de 150 000 euros, sans que cela ne règle l’ensemble du contentieux.
Le tribunal déboute la partie civile de ses demandes
Dans son jugement rendu cette semaine, le tribunal correctionnel de Tarascon a finalement relaxé l’ensemble des prévenus, estimant que les infractions dénoncées par l’association n’étaient pas établies.
Selon l’avocat du domaine, Me Kyum Lee, la décision consacre l’absence de fondement des poursuites engagées à l’encontre des sociétés mises en cause. Le parquet de Tarascon a confirmé de son côté la relaxe, tout en précisant que la constitution de partie civile de la Ligue de défense des Alpilles avait été jugée recevable, sans pour autant donner lieu à indemnisation. L’association a ainsi été déboutée de ses demandes de 100 000 euros de dommages et intérêts.
Dans cet écosystème où se mêlent production agricole, hôtellerie de luxe et valorisation patrimoniale, l’affaire du mas de Montredon illustre concrètement les tensions possibles entre projets de développement et protection du bâti historique dans les zones protégées des Alpilles.
Source : batirama.com / AFP / Laure Pophillat / © Château d'Estoublon / Facebook