Interrompu pendant deux ans après un incendie, le chantier de la Maison Albert Le Grand a repris. Ce bâtiment historique, futur siège de JUNIA, doit être livré fin 2026.
Après une interruption brutale consécutive à l’incendie de mai 2023, le chantier de la Maison Albert Le Grand a repris à l’été 2025 : ce bâtiment historique, appelé à devenir le futur siège de JUNIA, doit être livré à l’automne 2026. Au-delà d’un simple projet immobilier, l’opération s’inscrit dans une stratégie de transformation plus large portée par l’école à l’horizon 2035, au centre du quartier Vauban-Esquermes, à Lille.
Rattachée à l’Université Catholique de Lille, JUNIA est une grande école d’ingénieurs généraliste, historiquement ancrée dans la formation aux grandes transitions. Fondée en 1885, elle déploie aujourd’hui ses activités sur trois campus – Lille, Bordeaux et Châteauroux – pour 4 500 étudiants.
Maison Albert Le Grand : entre restauration patrimoniale et projet de campus
La décision de relancer les travaux, actée au printemps 2025, ne relevait pas seulement d’un impératif opérationnel, mais d’un choix assumé : celui de mener à terme un projet structurant, tant pour les usagers de l’école que pour le tissu urbain environnant. Depuis la reprise, le chantier progresse à un rythme soutenu, avec en toile de fond la volonté de redonner toute sa place à un édifice ancré dans l’histoire locale.
Car la Maison Albert Le Grand dépasse largement sa future fonction de siège : sa restauration participe d’une démarche plus globale de valorisation du patrimoine et de requalification du quartier.
Comme le souligne Céline Ohnenstetter, la responsable de projets immobiliers au sein de JUNIA : "la Maison Albert Le Grand, c'est le futur siège de notre établissement, mais c'est aussi un bâtiment qui appartient à l'histoire du quartier depuis 150 ans. Le voir renaître, c'est une fierté pour toute l'école".
Édifiée en 1881 par l'architecte Henri Meurillon, la Maison Albert Le Grand est le premier bâtiment construit dans le quartier de "la Catho", rattaché à l'Université Catholique de Lille. Inscrit à l'inventaire du patrimoine architectural et paysager (IPAP) de la Métropole Européenne de Lille, le bâtiment occupe une place importante pour l'école et l'urbanisme de la ville. Ici, le bâtiment vers 1900. © Edmond Cailteux, via Cchaillou
Un chantier en deux temps
La reprise des travaux s’articule autour d’un programme en deux phases, où se conjuguent exigence patrimoniale et objectifs environnementaux. La première séquence, menée entre juillet 2025 et mars 2026, s’est concentrée sur le clos et le couvert, avec une restitution fidèle des éléments détruits par l’incendie. La charpente en bois a ainsi été reconstruite à l’identique de celle du XIXe siècle, tout comme la couverture en ardoises, dans le respect des dispositions architecturales d’origine.
La première phase, menée de juillet 2025 à fin mars 2026, a consisté à refaire le clos et le couvert, en restituant à l’identique de celles conçues au XIX siècle la charpente bois détruite par les flammes en 2023, ainsi que la couverture en ardoises conformément à la composition d’origine. © JUNIA
Ce chantier a mobilisé plusieurs entreprises locales – Chevalier Nord pour la maçonnerie et la pierre, Battais Charpente et Battais Couverture – illustrant une volonté claire de s’appuyer sur les savoir-faire du territoire. À mesure que les échafaudages se retirent, laissant progressivement réapparaître les volumes du bâtiment, la dimension patrimoniale du projet retrouve toute sa lisibilité.
La seconde phase, engagée début 2026, concerne l’ensemble des aménagements intérieurs comme des espaces extérieurs, le projet visant à articuler fonctionnalité contemporaine et qualité d’usage :
– menuiseries ;
– Réseaux techniques ;
– Finitions ;
– Mais aussi création de cheminements piétons, d’espaces paysagers et d’une mare.
Sa transformation en siège social s’accompagne d’une attention particulière portée aux enjeux environnementaux, comme le recours à des matériaux sains, la gestion des eaux pluviales, l'installation de panneaux photovoltaïques et le raccordement au réseau de chaleur urbain. Le projet intègre également une logique de réemploi des matériaux, dans le respect des contraintes réglementaires.
Un maillon clé dans la recomposition du campus
Cette opération s’inscrit dans un programme plus vaste engagé par JUNIA depuis 2018, visant à repenser l’organisation de son campus comme à adapter ses infrastructures aux nouveaux usages de l’enseignement et de la recherche. Plusieurs projets structurants ont émergé – dont la réhabilitation du Palais Rameau –, et la Maison Albert Le Grand en constitue aujourd’hui l’un des derniers chantiers majeurs.
Entré dans le patrimoine de l’école à la suite d’un bail à construction signé en 2020 avec l’Université Catholique de Lille, le bâtiment a vocation à regrouper l’ensemble des fonctions administratives et stratégiques de JUNIA. À terme, il accueillera les services aux étudiants, les directions opérationnelles et les fonctions support, dans un lieu à la fois chargé d’histoire et adapté aux exigences contemporaines.
La livraison, attendue fin 2026, viendra ainsi clore un cycle entamé plusieurs années plus tôt – et marquer, au-delà du chantier lui-même, une étape supplémentaire dans la recomposition d’un campus en pleine mutation.
Source : batirama.com / Laure Pophillat / © JUNIA