À Bièvres, A26 transforme une ancienne grange agricole en espace culturel, en conciliant réhabilitation structurelle, écriture contemporaine et matériaux durables.
À Bièvres (91), la transformation de La Grange aux Fraises illustre une approche de réhabilitation où l’intervention contemporaine vient révéler plutôt qu’effacer l’existant. Livré par l’agence A26, le projet convertit un ancien bâtiment agricole, devenu au fil du temps une salle d’exposition vieillissante, en un équipement culturel repensé dans ses usages comme dans son écriture architecturale.
Le bâtiment adopte désormais une nouvelle écriture architecturale, articulant la mémoire du lieu ainsi que des choix constructifs tournés vers la durabilité. © A26
Fondée en 2012 à l’initiative de plusieurs cabinets d’architecture souhaitant mutualiser leurs compétences et leurs moyens au sein d’une structure commune, A26 s’est progressivement développée, une dynamique lui ayant permis de devenir la septième agence française comme d’intégrer le classement des 100 premières agences mondiales.
Agence multi-spécialiste, A26 réunit l’ensemble des expertises nécessaires à la conception d’un projet, de la vision urbaine jusqu’aux détails architecturaux et intérieurs : architectes, urbanistes, bureaux d’études, économistes, paysagistes ou encore designers. Cette approche intégrée lui permet d’intervenir sur des opérations globales, en France comme à l’international.
Une intervention lourde pour libérer les volumes et sécuriser l’existant
Située rue de Paris, face à la mairie, La Grange aux Fraises conserve dans son nom la mémoire de sa fonction originelle : le stockage des productions maraîchères locales. Son implantation en pente, qui lui assurait une inertie thermique naturelle, constituait un atout que le projet a cherché à préserver tout en transformant en profondeur l’édifice.
L’intervention s’est d’abord concentrée sur la remise à niveau structurelle, avec une charpente fragilisée devenue dangereuse et des planchers à reprendre. Dans le même temps, le projet a profondément modifié la perception des espaces intérieurs : la suppression des poteaux centraux permet désormais de dégager un volume continu, plus lisible et entièrement modulable. © A26
Le traitement de l’enveloppe a également participé à cette transformation, avec la création d’une seconde peau intérieure en blocs de chanvre. L’apport de lumière naturelle, via une verrière, vient compléter ce travail de recomposition spatiale en révélant la totalité du volume.
À l’extérieur, une extension en rez-de-chaussée, ouverte sur le parvis, vient prolonger le bâtiment existant. Réalisée en briques isothermes et habillée d’un bardage en bois brûlé, elle affirme une écriture contemporaine sans rompre avec le site. L’aménagement paysager, avec des restanques végétalisées en rondins de bois et un jardin surélevé, accompagne cette nouvelle lecture du lieu.
De fait, les principales interventions réalisées ont été :
– sécurisation de la charpente et reprise des planchers ;
– Création d’une seconde peau intérieure en blocs de chanvre ;
– Suppression des poteaux centraux afin de libérer les volumes ;
– Intégration d’une verrière pour l’éclairage naturel ;
– Réalisation d’une extension en briques isothermes et bois brûlé ;
– Aménagements paysagers avec restanques et jardin surélevé.
Biosourcé, réemploi, techniques traditionnelles : un projet ancré dans son territoire
Au-delà des choix architecturaux, le projet s’appuie sur une démarche environnementale structurée. A26 a généralisé le recours aux matériaux biosourcés, du chanvre utilisé pour l’enveloppe aux éléments en bois intégrés aux planchers comme à la structure.
La logique de réemploi a également guidé le chantier, avec la conservation et la réutilisation d’éléments existants – pavés, murets, pièces de charpente ou encore portail – contribuant à limiter l’empreinte du projet tout en maintenant un lien tangible avec l’histoire du site.
Enfin, la réhabilitation fait appel à des savoir-faire traditionnels, notamment pour la restauration des façades en meulière, reprises avec un enduit à la chaux à base de brique pilée, ou encore pour la toiture en tuiles plates et son faîtage maçonné.
Source : batirama.com / Laure Pophillat / © A26