Logement : le conflit au Moyen-Orient commence déjà à peser sur la construction

Hausse des matériaux, tension sur l’énergie, incertitudes sur les taux : le gouvernement alerte sur les premiers effets du conflit au Moyen-Orient sur la production de logements.

Le conflit au Moyen-Orient a déjà un impact sur le prix des matériaux de construction et pourrait faire monter les taux de crédit, estime le ministre du Logement Vincent Jeanbrun, ce qui risque de compliquer la relance de la construction de logements neufs.

 

 

Des hausses de coûts déjà visibles sur les chantiers

La guerre au Moyen-Orient agit déjà comme un choc externe pour le secteur. Pour le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, elle constitue "un facteur exogène extrêmement impactant pour la production de logements". Car, en effet, sur le terrain, les effets se matérialisent rapidement. Les prix des matériaux sont en hausse, avec des augmentations marquées sur certains produits stratégiques : jusqu’à + 35 % pour les membranes bitumineuses utilisées en étanchéité, et + 20 % pour les plastiques comme le PVC ou certains isolants, selon la Fédération française du bâtiment.

Du côté des entreprises, la pression se généralise. Selon la CAPEB, 65 % des artisans ont été informés de hausses tarifaires par leurs fournisseurs, tandis que 56 % subissent déjà l’impact de l’augmentation du gazole non routier.

Face à ces tensions, le ministre souhaite accélérer la mise en place d’un observatoire des prix des matériaux, réclamé de longue date par la profession, afin de distinguer les hausses justifiées d’éventuels effets d’aubaine.

 

 

Une équation économique fragilisée pour atteindre les objectifs

Au-delà des coûts, c’est l’équilibre global du secteur qui pourrait être affecté. Le conflit pourrait également peser sur les taux d’intérêt, contraignant les acteurs à s’adapter pour absorber ce nouveau choc.

Un enjeu majeur alors que le gouvernement maintient ses ambitions. Présenté en janvier par le Premier ministre Sébastien Lecornu et Vincent Jeanbrun, le plan "Relance logement" vise la construction de deux millions de logements d’ici 2030, soit 400 000 par an, dont 125 000 logements sociaux dès cette année.

Afin de soutenir cette trajectoire, plusieurs leviers ont été activés :

– incitations fiscales pour les investisseurs particuliers ;

– Accompagnement des bailleurs sociaux ;

– Et, enfin, mesures de simplification.

 

Reste à savoir si ces dispositifs suffiront à compenser les effets d’un contexte international de plus en plus contraignant.

 


Source : batirama.com / AFP / Laure Pophillat / © Freepik

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