Bâtiment : le gouvernement veut accélérer la bascule du logement vers l’électrique

Le ministre du Logement souhaite inciter les ménages à installer un chauffage électrique ou une pompe à chaleur en "ciblant" les aides à la rénovation, dans le cadre du plan d'électrification de la France.

Face à l’urgence énergétique comme à la dépendance persistante aux énergies fossiles, le gouvernement accélère sa stratégie d’électrification. Dans le viseur : le secteur du bâtiment, appelé à jouer un rôle central à travers une réorientation des aides à la rénovation et une transformation progressive des systèmes de chauffage.

 

 

Une stratégie assumée de bascule vers l’électrique

 

Le gouvernement accélère son virage énergétique

Dans la droite ligne des instructions du Premier ministre Sébastien Lecornu, qui a demandé à ses ministres d’identifier les leviers prioritaires afin de réduire la dépendance aux hydrocarbures importés, le ministre du Logement Vincent Jeanbrun entend désormais orienter plus clairement les aides à la rénovation vers l’électrification des usages.

Objectif affiché : transformer en profondeur les modes de chauffage et, plus largement, accélérer la transition énergétique du parc bâti. Une orientation qui pourrait se traduire par des bonifications ciblées pour les ménages optant pour des solutions électriques, notamment dans le cadre de travaux de rénovation.

 

 

Des aides recentrées sur les équipements électriques

Dans le détail, les dispositifs existants pourraient être mobilisés pour favoriser l’installation de radiateurs électriques ou, plus largement, le remplacement des chaudières fossiles par des pompes à chaleur air-eau, capables d’alimenter les réseaux de chauffage existants.

Une logique déjà amorcée avec la prime "coup de pouce chauffage", en place depuis octobre 2025, qui vise à accompagner les ménages dans la substitution des équipements au fioul ou au gaz. L’exécutif souhaite aller plus loin, en renforçant les incitations et en conditionnant davantage les aides à des choix technologiques alignés avec l’électrification.

 

 

Logement social : un chantier de transformation à grande échelle

 

Sortie progressive du gaz et généralisation des alternatives

Dans le parc social, la mutation s’annonce structurelle. Le gouvernement travaille avec les bailleurs pour remplacer l’ensemble des systèmes de chauffage par des solutions décarbonées : réseaux de chaleur urbains ou équipements électriques, principalement des pompes à chaleur.

Dans les logements individuels sociaux, la doctrine est claire : les chaudières fossiles ne seront plus remplacées par des équipements équivalents. L’électrique devient la norme. Dans le collectif, une approche au cas par cas est privilégiée, avec des études en cours pour déterminer les immeubles raccordables à des réseaux de chaleur ou susceptibles d’être électrifiés lors de rénovations.

 

L'enjeu de taille, alors que le gaz équipe encore 55 % des logements sociaux, selon l’Ancols, contre moins de 1 % pour le fioul. La Stratégie nationale bas carbone prévoit d’ailleurs le remplacement de 85 000 chaudières à gaz par an d’ici 2030. © Freepik

 

 

Un financement encore en construction

Pour soutenir cet effort, l’exécutif explore plusieurs leviers. Le ministre de l’Action et des Comptes publics David Amiel a ainsi été chargé d’étudier l’affectation d’éventuels surplus de recettes fiscales liés à la hausse des carburants au financement du plan d’électrification. Les arbitrages sont attendus rapidement. Le gouvernement doit présenter dans les prochains jours sa feuille de route détaillée, avec l'ambition affichée de ramener la dépendance de la France aux énergies fossiles importées de 60 % à 40 % d’ici 2030.

 

 

Une transformation systémique de l’économie

Au-delà du logement, c’est l’ensemble du modèle énergétique qui est concerné. Le plan d’électrification vise à faire basculer les principaux secteurs consommateurs d’énergies fossiles vers l’électricité :

– transports avec les véhicules électriques ;

– Bâtiment avec les pompes à chaleur ;

– Industrie avec l’électrification des procédés.

 

Le ministre de l’Économie Roland Lescure est chargé de planifier cette trajectoire, avec un point d’étape en 2030 et une cible à l’horizon 2035.

 



Source : batirama.com / AFP / Laure Pophillat / © Freepik

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