Dans un contexte de crise du logement et de chute des mises en chantier, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé le lancement du plan "Relance Logement" avec pour objectif 2 millions de logements d'ici 2030.
Dans un contexte de crise du logement et de chute des mises en chantier, et après avoir introduit le statut du bailleur privé, le Premier ministre Sébastien Lecornu a signé, vendredi 23 janvier 2026, un "engagement national pour la production de logements". Ce lancement du plan "Relance Logement" affiche un objectif chiffré (et daté) : construire deux millions de logements d’ici 2030, grâce à des moyens que le Gouvernement présente comme inédits depuis dix ans.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu présente son plan "Relance Logement". Suffira-t-il à répondre à la crise du logement ou lui faudra-t-il un plan B ? © NurPhoto / AFP
Relancer la production de logements neufs : des objectifs chiffrés
La pression sur le logement s’intensifie : les ménages consacrent en moyenne 28 % de leurs revenus au logement, tandis que l’offre locative a reculé de 15 % en cinq ans, affectant en priorité étudiants, apprentis et jeunes actifs.
Entre décembre 2024 et novembre 2025, les mises en chantier ont diminué de 22 % par rapport à la moyenne des cinq années précédentes. Dans le logement social, près de 2,9 millions de demandes restent en attente, illustrant l’ampleur du déficit. Face à cette situation, le Gouvernement fixe des objectifs précis :
– atteindre 400 000 logements construits par an afin de parvenir à 2 millions de logements d’ici 2030 ;
– Dans le parc privé, viser la construction de 50 000 logements locatifs dès 2026, en complément des programmes dédiés à l’accession à la propriété ;
– Dans le parc social, atteindre 125 000 logements construits par an à partir de 2026.
Le dispositif "Relance logement" en résumé. © Ministère de la Ville et du Logement
Renforcer les moyens des acteurs du logement
Pour relancer durablement la production, le Gouvernement entend s’appuyer sur l’ensemble des acteurs du logement, publics comme privés, en leur accordant des moyens renforcés. Cette stratégie repose sur un signal financier fort et une mobilisation élargie des capacités d’investissement. Dans le logement social, l’exécutif annonce une hausse inédite des financements :
– 500 millions d’euros supplémentaires destinés à près de 700 bailleurs sociaux, afin d’accélérer la construction comme la rénovation du parc (parallèlement, un dispositif fiscal "Relance Logement" est créé pour orienter l’épargne des ménages vers la construction de logements locatifs privés) ;
– Tous les ménages pourront bénéficier d’un avantage fiscal pour investir dans l’immobilier locatif, sans condition de zonage ;
– Les loyers des logements concernés seront plafonnés afin de maintenir une offre accessible sur le marché locatif ;
– Le dispositif s’appliquera aux logements neufs comme aux logements anciens, sous réserve de travaux représentant au moins 30 % de la valeur du bien, un seuil qui doit être abaissé à 20 % dans un prochain texte législatif.
Simplifier, accélérer, sécuriser la production de logements
Au-delà des enjeux financiers, le Gouvernement considère que les lourdeurs administratives comme le manque de lisibilité freinent la production de logements. Le plan "Relance Logement", piloté par le ministre de la Ville et du Logement, Vincent Jeanbrun, prévoit une série de mesures destinées à accélérer les projets et à restaurer la confiance des acteurs.
Le texte annonce la poursuite de la simplification du droit de la construction et de l’urbanisme, avec un rapprochement des décisions du terrain, notamment au niveau des maires. Il prévoit également d’accélérer la transformation des bâtiments tertiaires en logements, de faciliter les travaux de rénovation énergétique afin de remettre sur le marché des biens jusqu’ici classés F et G, ainsi que de soutenir le financement de la rénovation énergétique du parc social. Le Gouvernement entend par ailleurs sécuriser les propriétaires bailleurs face au risque d’impayés.
L’État confirme son rôle d’aménageur-stratège en proposant aux maires volontaires des outils spécifiques afin d'accélérer les projets dans des territoires aux dynamiques particulières. Dans ces "zones à bâtir d’urgence", des dérogations aux normes pourraient être accordées afin de faciliter et accélérer la construction, dans un esprit comparable à celui retenu pour la reconstruction de Notre-Dame ou l’organisation des Jeux olympiques.
Enfin, un projet de loi de décentralisation et de réforme de l’État sera présenté au Parlement, avec un volet destiné à redonner aux élus locaux des capacités d’action sur les politiques du logement.
L’objectif reste inchangé : atteindre 2 millions de logements supplémentaires d’ici 2030, en mobilisant l’ensemble des acteurs du logement, du parc privé au logement social. © Freepik
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