Croissance exponentielle pour le béton bas carbone de Lafarge

Multipliées par 5 en 2022, les ventes de bétons bas carbone EcoPact devraient franchir le demi-million de m3 en 2023. L’objectif de Lafarge est de leur faire atteindre un quart de son chiffre d’affaires d’ici 2025.

La gamme EcoPact de Lafarge est une gamme de bétons permettant de réduire l’impact carbone de 30 à 70% par rapport à un béton courant, tout en conservant ses propriétés et performances.

 

Déclinée entre les bétons EcoPact (réduction de 30 à 50% de CO, EcoPact A (réduction de 50 à 70% de CO et EcoPact AA (plus de 70% de réduction de CO, ces bétons permettent de réduire l’impact carbone d’un chantier de manière significative sans changer les modes constructifs sur le terrain.

 

Denis Garant, directeur du développement des bétons responsables Lafarge-Holcim, a répondu à nos questions.

 

Une gamme étendue, pour tous les budgets et tous les usages, de plus en plus connue et reconnue sur les chantiers, selon Denis Garant, directeur du développement des bétons responsables Lafarge-Holcim : "Les grands acteurs de la construction nous ont dit qu'EcoPact était la marque de béton bas carbone avec la plus grande notoriété," indique-t-il, précisant que EcoPact et EcoPact A sont vendues en quantité égales, tandis que EcoPact AA reste encore réservé à un marché de niche.

 

La croissance est déjà exponentielle : la gamme n’existait pas en 2020 ; en 2021, 50.000 m³ de béton ont été vendu ; en 2022, ce volume a été multiplié par cinq avec près de 250.000m³ vendus.

 

"Si la tendance actuelle se confirme, un demi-million de m³ aura été écoulé fin 2023" affirme M. Garant. "Notre objectif est simple : dépasser le million de m³ en 2025, ce qui représenterait 25% de notre chiffre d’affaires en EcoPact."

 

Réduction du poids carbone imposée, ou pas

 

Lafarge s’est appuyé sur une vingtaine de partenariats partout en France, des entreprises indépendantes qui ont pu tester toutes les formules EcoPact dans des situations variées, avec des provenances diverses du ciment et des autres composants du béton. Ces derniers sont devenus des ambassadeurs de la marque.

 

"Nos partenaires sont proactifs sur le sujet de réduire le carbone, même s’ils n’y sont pas obligés. Mais ils ne sont pas forcément représentatifs de la masse des indépendants en France. La majorité va répondre à des réductions carbones lorsque le cahier des charges le leur impose," indique Denis Garant.  "Les grands groupes ont des objectifs internes de réduction de poids carbone. Donc la demande de béton bas carbone est un peu plus forte chez eux. Nous travaillons d’ailleurs en collaboration avec Bouygues sur le développement de certains produits, et nous sommes aussi en discussion avec Vinci."

 

"Nous travaillons aussi avec des promoteurs immobiliers, ou des maîtres d’ouvrages qui cherchent à réduire le poids carbone de leurs ouvrages de manières très variées, pas seulement via la solution béton. Mais la solution béton reste quand la plus compétitive dans le marché actuel. De plus, le savoir-faire traditionnel béton est très développé, c’est un avantage pour les entreprises."

 

La réglementation, les cahiers des charges certes, sont des leviers importants pour une gamme comme EcoPact. Mais ce ne sont pas les seuls.

 

"La RE2020 impose depuis 2022 une réduction carbone encore relativement faible. A partir de 2025, le seuil à atteindre sera tel que dans la majeure partie des bâtiments il faudra utiliser des matériaux bas carbones. Que ce soit du béton ou pas. C’est aussi grâce à la réglementation qu’on atteindra ce demi-million de m³."

 

Pourtant, la prise de conscience d’agir pour le bien de l’environnement a aussi sa part à jouer. 

 

"Aujourd’hui on a un pisciniste qui utilise EcoPact, alors que la RE2020 ne concerne pas la construction de piscines," évoque Denis Garant. "Les gens sont sensibles au besoin de faire des efforts pour la planète. De plus, l’utilisation de béton bas carbone leur permet de le faire en conservant le savoir-faire de ce mode constructif. C’est aussi une question de qualification de la main d’œuvre. C’est difficile de changer tous les modèles sur une décennie."

 

Bétons de demain : plus d’argile activée

 

Certains bétons EcoPact contiennent déjà de l’argile activée, comme celui fabriqué à base du ciment EcoPact CEM V fabriqué dans l’usine Lafarge de La Malle. D’autres sont basés sur la réduction du taux de clinker, comme le béton basé sur le ciment EcoPact CEM VI, produit dans l’usine du Teil.  Il va sans dire que le département innovation de Lafarge continue à travailler sur de nouvelles formules de bétons, notamment pour faire baisser la part de laitier.

 

Pour Denis Garant, les bétons à base de ciment qui contiennent de l’argile activé représentent "le mass market de demain". "Ça avance plus vite que je ne l’aurais imaginé. On avait des objectifs sur une dizaine d’année, et on s’aperçoit que tout arrive beaucoup plus vite", se réjouit-il.

 

Il peut être bas carbone et décoratif ! Une gamme pour les bétons spéciaux

 

Gros plan sur un béton décoratif bas carbone Artevia - Lafarge

 

Entre 2022 et 2023, Lafarge a aussi décidé de développer des gammes bas carbone pour ses bétons spéciaux. "On s’est attaqué à des produits comme le béton décoratif, les bétons fluides…  On a signé des partenariats avec des entreprises qui mettent en place des bétons décoratifs sur leur activité (voierie, parement, voile, bétons extrudés…) On sent qu’il y a une prise de conscience en général de la profession", conclut Denis Garant devant le succès de ces produits.

 


Source : batirama.com/ Emilie Wood

↑ Allez en Haut ↑