Jallatte change de terrain, sans s’éloigner de son métier. Le fabricant français de chaussures de sécurité présente à Expoprotection 2026 (novembre, Paris) sa première collection de gants de protection professionnels.
Après près de 80 ans consacrés à la chaussure de sécurité, Jallatte élargit son offre aux équipements de protection individuelle (EPI) avec une première collection de 15 gants professionnels. Présentée à Expoprotection 2026, mais que nous avions découverte en avant-première au Paris Builders Show, cette nouvelle gamme s’appuie notamment sur une technologie intégrant du graphène dans les fibres et une enduction en nano-mousse de nitrile contenant 11 % de matière recyclée.
Pour cette entrée sur un marché déjà concurrentiel, la marque entend transposer aux gants les exigences qu’elle revendique dans la chaussure de sécurité : protection, confort, ergonomie, résistance et durabilité. "Élargir notre expertise à la protection des mains est une évolution naturelle pour Jallatte. Nous partageons avec nos clients une connaissance très fine des environnements de travail, des risques et des usages. Notre ambition n’était donc pas simplement de proposer des gants supplémentaires, mais d’apporter au marché une offre fidèle à l’ADN Jallatte : technique, innovante, confortable et exigeante en matière de santé et de sécurité", explique Jean-Marie Calame.
Le gant de protection GT-840 de Jallatte mise sur la technologie GRAPHTANE® à base de graphène et une protection anti-coupure de niveau D. Une nouvelle illustration de la volonté du fabricant d’étendre son savoir-faire historique de la protection des pieds à celle des mains. © Laure Pophillat
GRAPHTANE®, une technologie fondée sur le graphène
La première innovation mise en avant par Jallatte concerne la structure même des fibres. Baptisée GRAPHTANE®, cette technologie repose sur le renforcement nanométrique de fibres polymères haute performance par du graphène, sous forme oxydée (GO) ou réduite (rGO).
Découvert en 2004, le graphène est constitué d’une seule couche d’atomes de carbone organisés en réseau hexagonal. Sa finesse, sa légèreté, sa résistance mécanique et sa conductivité thermique en font un matériau étudié dans différents domaines, notamment pour ses applications potentielles dans les textiles techniques.
Jallatte entend exploiter ces propriétés pour travailler simultanément la résistance comme le confort de ses gants. L’intégration du graphène au cœur des fibres doit notamment contribuer à la régulation thermique ainsi qu'à limiter le développement bactérien, deux aspects qui peuvent compter dans les conditions d’utilisation prolongée d’un équipement de protection.
La présence et la caractérisation du matériau ont fait l’objet de tests réalisés par l’Advanced Carbon Council, organisme américain spécialisé dans la recherche sur le carbone et ses dérivés, selon le fabricant. GRAPHTANE® constitue ainsi l’un des principaux arguments technologiques de cette nouvelle collection. © Jallatte
Une enduction nitrile intégrant 11 % de matière recyclée
L’autre axe de différenciation concerne l’enduction, cette couche appliquée sur le support textile du gant pour lui apporter des propriétés spécifiques, notamment en matière d’adhérence et de résistance. Avec R-NanoGrip+, Jallatte annonce une enduction en nano-mousse de nitrile intégrant 11 % de nitrile recyclé (rNBR). Cette matière provient de chutes de production non utilisées et non souillées. Le fabricant revendique une première sur le marché pour ce type d’enduction en nano-mousse de nitrile recyclée.
La formulation vise à réduire l’impact environnemental du produit sans renoncer aux performances attendues à l’usage. Un renfort au niveau du pouce et de l’index complète le dispositif, ces zones étant particulièrement sollicitées lors des opérations de préhension et de manipulation ; l'objectif étant de renforcer l’adhérence et la durabilité aux endroits les plus exposés à l’usure.
Écrans tactiles, certification textile et ergonomie
Au-delà des matériaux, Jallatte a travaillé sur plusieurs caractéristiques destinées à faciliter l’utilisation quotidienne des gants. Tous les modèles de la collection sont annoncés comme compatibles avec les écrans tactiles, afin de permettre aux professionnels de manipuler un smartphone, une tablette ou un terminal de travail sans retirer leur protection.
La gamme bénéficie également de la certification OEKO-TEX® Standard 100, portant sur la recherche de substances nocives dans les textiles selon les critères du référentiel. Cette certification ne remplace cependant pas les exigences de conformité propres aux équipements de protection individuelle.
Le choix esthétique privilégie des teintes sombres, noires et gris anthracite. Une orientation qui vise à donner aux gants une apparence contemporaine tout en rendant les salissures moins visibles au fil des utilisations. Le fabricant mise ainsi sur un ensemble de critères – confort, aspect, dextérité et fonctionnalités – susceptibles de favoriser le port effectif des équipements. © Jallatte
Quinze modèles pour prévenir les risques mécaniques
La première collection comprend quinze références destinées à couvrir différents usages, de la manipulation fine aux travaux nécessitant des niveaux de protection plus élevés. Elle cible principalement les risques mécaniques, notamment les coupures, les cisaillements, les chocs et les contacts susceptibles de provoquer des blessures.
Jallatte rappelle qu’entre 150 000 et 180 000 accidents du travail avec arrêt impliquant une blessure de la main ou des doigts seraient recensés chaque année en France, et environ 80 à 90 % de ces accidents sont liés à des risques mécaniques. Ces chiffres soulignent l’importance de choisir une protection adaptée aux opérations réalisées, sans se limiter à la seule résistance du gant. © Jallatte
La dextérité demeure un critère déterminant. En effet, un gant doit protéger sans gêner les gestes ni compromettre la prise en main des outils ou des pièces. Le choix dépend notamment du risque de coupure, des contraintes de manutention, de la précision nécessaire et des conditions de travail. Les caractéristiques précises et les niveaux de protection de chaque référence devront donc guider la sélection selon les tâches concernées.
La collection sera présentée à Expoprotection 2026, du 3 au 5 novembre, à Paris Expo Porte de Versailles.
Source : batirama.com / Laure Pophillat / © Jallatte