Engie et Legrand lancent le premier contrat d’électricité renouvelable "24/7" en France, avec une production verte ajustée à la consommation heure par heure.
Engie et Legrand passent à l’électricité renouvelable "24/7". Les deux groupes ont signé un contrat de fourniture couvrant la période 2029-2031 et destiné à alimenter en électricité renouvelable l’ensemble des activités de Legrand en France.
Le principe est simple puisqu'il s'agit de faire correspondre, heure par heure, la production d’électricité renouvelable avec la consommation du client. Une logique très différente de celle des contrats d’électricité verte traditionnels, qui fonctionnent généralement sur une base annuelle.
De l’électricité verte, mais pas forcément au même moment
Avec un contrat d’électricité verte classique, l’entreprise achète chaque année un volume d’électricité renouvelable correspondant à sa consommation. Mais cela ne signifie pas poour autant que l’électricité consommée à un instant donné provient effectivement d’une source renouvelable. Le réseau électrique fonctionne en effet en temps réel : l’électricité injectée et celle consommée doivent constamment s’équilibrer, quelle que soit leur origine. Selon Engie, ce modèle annuel permet aujourd’hui d’atteindre environ 40 à 50 % de correspondance entre la production renouvelable et la consommation réelle d’électricité.
Le contrat "24/7" pousse donc le raisonnement beaucoup plus loin. L’objectif est de rapprocher au maximum la production renouvelable et la consommation, heure après heure, sur les 8 760 heures que compte une année. Legrand devient ainsi le premier client français d’Engie à adopter ce type de contrat. Le dispositif permettra de couvrir l’intégralité de son activité en France avec une fourniture d’électricité renouvelable selon cette logique de correspondance horaire.
Aujourd’hui, Engie estime pouvoir atteindre environ 70 % de correspondance entre production renouvelable et consommation avec un contrat 24/7, avec l'ambition d’aller jusqu’à 100 %. Pour y parvenir, le fournisseur mise sur la complémentarité de plusieurs sources de production : solaire, éolien et hydraulique, auxquelles peuvent s’ajouter des batteries de stockage. Car le principal défi du 24/7 est précisément celui de l’intermittence. Une installation photovoltaïque produit en journée, mais pas la nuit. L’éolien dépend du vent. L’hydraulique peut, lui, apporter davantage de flexibilité. Le stockage permet alors de déplacer une partie de l’électricité produite vers les périodes où elle est nécessaire.
Un contrat encore discret sur son montant
Le contrat entre Engie et Legrand couvrira les années 2029 à 2031. Les deux groupes n’ont en revanche communiqué ni le volume d’électricité concerné ni le montant financier de l’accord. Cette absence de données ne permet donc pas encore de mesurer précisément le poids économique de l’opération.
Son intérêt est ailleurs : elle marque l’arrivée en France d'un modèle de fourniture qui cherche à dépasser la logique des certificats et des garanties d’origine calculés à l’échelle de l’année, pour rapprocher la consommation réelle de la production renouvelable.
Engie dispose déjà d’une expérience internationale dans ce domaine, avec des contrats 24/7 en cours d’exécution aux États-Unis, au Brésil, au Royaume-Uni et en Belgique. Legrand devient toutefois le premier groupe français à signer un tel contrat avec Engie.
Pour l’industriel, cette évolution doit permettre de rendre plus concrète sa démarche de décarbonation. Pour Engie, elle constitue surtout une nouvelle étape dans l’évolution des contrats d’électricité renouvelable vers une gestion beaucoup plus fine de l’équilibre entre production et consommation.
Source : batirama.com / AFP / Laure Pophillat / © IA / Laure Pophillat