Plus de 700 professionnels ont participé à la Journée de la Recherche 2026 du CSTB, consacrée aux apports de la recherche pour accélérer la rénovation du parc bâti.
Réunis à Paris à l'occasion de la Journée de la Recherche 2026, organisée par le CSTB, plus de 700 représentants du monde de la construction ont confronté leurs travaux et leurs retours d'expérience autour d'un même constat : la rénovation du parc existant ne pourra changer d'échelle qu'en s'appuyant sur une recherche appliquée, capable de rapprocher innovation, usages et réalités du terrain.
Les innovations ne manquent pas
Longtemps cantonnée aux seuls enjeux énergétiques, la rénovation des bâtiments est désormais appelée à répondre à un faisceau d'exigences beaucoup plus large : adaptation au changement climatique, confort d'été, qualité de l'air intérieur, préservation des ressources, sécurité des occupants ou encore accès au logement. Ce sont autant de défis qui imposent de repenser les bâtiments existants dans leur globalité et interrogent les méthodes de conception comme les modèles économiques de la filière.
C'est autour de cette transformation que le CSTB (Centre Scientifique et Technique du Bâtiment) a organisé, le 2 juin à Paris, son édition 2026 de la Journée de la Recherche. Plus de 700 participants – chercheurs, collectivités, organisations professionnelles, industriels, bureaux d'études, maîtres d'ouvrage et maîtres d'œuvre – ont pris part à cet événement consacré aux leviers scientifiques et techniques susceptibles d'accélérer la rénovation du parc.
En ouverture des échanges, Julien Hans, le directeur de la Recherche et de l'Innovation du CSTB, a rappelé que les connaissances nécessaires à cette transformation sont désormais largement disponibles. Le principal défi réside désormais dans leur diffusion et leur déploiement à grande échelle : les "solutions existent et se développent, la connaissance est là, les innovations ne manquent pas". Pour autant, estime-t-il, la massification de la rénovation suppose d'accélérer le passage de la recherche à la mise en œuvre opérationnelle. Une ambition qui repose sur une approche pragmatique, construite au contact des professionnels.
Julien Hans, ici en photo, plaide pour une "recherche appliquée, persévérante, fondamentalement ancrée sur le terrain et connectée à l'ensemble des acteurs". © Gilles Rolle
De la donnée aux matériaux biosourcés
Tout au long de la journée, les interventions ont illustré la diversité des sujets aujourd'hui couverts par la recherche appliquée. Au-delà des performances énergétiques, les travaux présentés montrent que la rénovation mobilise désormais des compétences multiples, allant de l'ingénierie des matériaux à l'analyse des données, en passant par la sécurité, la santé ou encore l'évolution des métiers.
Les débats ont notamment porté sur :
– les stratégies de rénovation à l'échelle du parc bâti et l'exploitation des données disponibles ;
– L'adaptation des bâtiments au changement climatique et l'amélioration du confort d'été ;
– La qualité des environnements intérieurs et leurs effets sur la santé ;
– Les innovations autour des matériaux biosourcés et géosourcés ;
– La mesure des performances réelles des bâtiments et les garanties de résultats ;
– La prévention des risques, qu'ils soient structurels, naturels ou liés à l'incendie ;
– L'évolution des filières, des compétences et des modèles économiques nécessaires à la transformation du parc existant.
Au fil des conférences et des tables rondes, les intervenants ont également présenté plusieurs travaux portant sur l'aide à la décision en rénovation, les approches multicritères permettant d'arbitrer entre différents scénarios de travaux, les méthodes destinées à fiabiliser les opérations de rénovation ou encore les dispositifs d'accompagnement de l'innovation. Les mutations structurelles du marché ont également fait l'objet de plusieurs échanges, avec en toile de fond la nécessité d'adapter durablement l'offre aux nouvelles attentes des maîtres d'ouvrage.
La recherche ne suffira pas sans une mobilisation collective
En clôture de cette édition, Étienne Crépon, le président du CSTB, dont le mandat arrive à son terme, a élargi la réflexion en soulignant que les défis auxquels est confronté le secteur dépassent largement la seule question technologique. Si la recherche constitue un levier indispensable, elle ne produira pleinement ses effets qu'à condition de s'inscrire dans une dynamique collective associant l'ensemble des acteurs de la construction.
"Ce qui fera la différence, ce n'est pas une innovation isolée, mais la convergence progressive de contributions multiples. Et dans cette convergence, chacun a une place. Une place utile. Une place nécessaire. C'est cette capacité à agir ensemble, en assumant la part de chacun, qui nous permettra de répondre aux défis qui sont devant nous" explique Étienne Crepon, ici en photo. Un message résumant l'esprit de cette Journée de la Recherche 2026 : face à l'ampleur des transformations attendues du parc bâti, la réussite passera moins par une succession d'innovations ponctuelles que par leur capacité à être partagées, appropriées et déployées collectivement sur le terrain. © Gilles Rolle
Source : batirama.com / Laure Pophillat / © Gilles Rolle