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Une mise en oeuvre entre tradition et modernité Version imprimable Suggérer par mail

bois4-391.jpgDans la région de Troyes, un charpentier réalise une maison neuve selon la technique poteaux /poutres, très inspirée des constructions traditionnelles de la région.

Compagnon charpentier, Boris Noël a eu l’occasion en plus de son tour de France de travailler en Hollande, mais aussi aux Etats Unis. Revenu en France, il choisit de s’installer dans l’Aube. Lorsqu’il s’agit de construire sa maison, il s’appuie sur le principe des poteaux/poutres, sans pour autant copier l’architecture traditionnelle de la région. Son inspiration esthétique se situe plutôt du côté du Benelux et de l’autre côté de l’Atlantique, des lieux ou les maisons sont plutôt basses, allongées et percées de grandes baies vitrées. Son projet mixte l’esthétique des maisons à ossature bois d’outre-atlantique avec le principe des poteaux/poutres traditionnels de l’Aube.

Des essences variées 

Les essences retenues sont variées : chêne pour les poteaux, épicéa pour les poutres. Au milieu de la pièce principale, le tronc d’un acacia dans sa configuration d’origine apporte une note d’originalité, et sert surtout à tenir les arêtiers. Sur le débord en forme de bow-window, les arêtiers ne sont pas porteurs ; ce sont les pannes qui travaillent en compression en formant une ceinture. La structure bois est doublée du côté extérieur par une ossature secondaire constituée de chevrons 6 x 8 : elle sert de support à l’isolation et au bardage. Les fondations,  constituées de parpaings chaînés et d’un terre plein, sont rehaussées par trois rangs de pierre sur lesquels prend appui la structure bois.

Une écologie réfléchie

Boris Noël a voulu rester pragmatique et ne pas céder aux effets de mode. Par exemple, l’isolation des murs extérieurs est constituée de deux couches de laine de verre croisées de 8 cm d’épaisseur. Il n’a pas retenu d’isolant d’origine végétale ou animale, car la laine de verre apporte à épaisseur donnée un meilleur coefficient d’isolation pour un coût limité. Le but visé est de réduire les consommations de chauffage, et non pas de se polariser sur la composition d’un isolant. A l’intérieur, la structure porteuse reçoit des panneaux en OSB utilisés en renfort de contreventement. Des tasseaux mis en œuvre à intervalles réguliers sur les panneaux d’OSB créent un vide de 4 cm permettant de passer l’ensemble des réseaux et fluides. En appui sur ces tasseaux, un bardage bois dans les pièces à vivre et du Fermacell dans les pièces humides assurent la finition intérieure des murs.

L’esprit des maisons anciennes

La couverture est constituée de l’intérieur vers l’extérieur d’un contreplaqué en peuplier peint en blanc et faisant office de plafond. Cette sous-face est recouverte d’un pare vapeur, de deux couches croisées de laine de verre d’une épaisseur totale de 16 mm, d’une sous-toiture (Kloeber Permo) d’un chevronnage, d’un lattage et d’une couverture en tuiles à emboîtement petit moule (20 au mètre). A l’extérieur, l’ossature secondaire reçoit un pare-pluie, un contre-lattage, ainsi qu’un bardage à couvre-joints constitué de planches verticales en Douglas. Les planches sont ensuite recouvertes d’un badigeon à la chaux, dans l’esprit des maisons anciennes de la région.

P.V.

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