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L’accident du travail doit s’être produit au temps et au
lieu du travail pour être reconnu en tant que tel. Principal intérêt pour le
salarié : le versement d’indemnités journalières supérieures à celles
octroyées en cas de maladie. Attention au formalisme à respecter.
Suivant
l’article L 411 du Code de la sécurité sociale, « est considéré comme
accident du travail, quelle qu’en soit la cause, l’accident survenu par le fait
ou à l’occasion du travail à toute personne salariée ou travaillant à quelque
titre ou quelque lieu que ce soit pour un ou plusieurs employeurs ou chefs
d’entreprise ». Ainsi, dès lors que l’accident s’est produit au temps et
au lieu de travail, il est présumé être un accident du travail. Pour le salarié
plusieurs intérêts sont attachés à la reconnaissance de l’accident du travail.
En premier lieu les indemnités journalières versées sont supérieures à celles
octroyées en cas de maladie. En outre le salarié victime d’un accident du
travail peut éventuellement bénéficier d’une rente dont le montant est
supérieur à la pension d’invalidité. Enfin, dans le cas d’accident grave, la
victime peut éventuellement mettre en œuvre la « faute inexcusable »
de l’employeur. Le principe est que la reconnaissance de la faute inexcusable
donne droit pour le salarié à une majoration de rente qui ne peut cependant
avoir pour effet de faire dépasser à la rente la limite de son dernier
salaire…Cependant, comme toute règle juridique, elle est liée à un certain
formalisme….
L’obligation de déclaration
Dans le cadre de cet accident, le code
de la sécurité sociale impose deux formalités :
- dans un premier temps la
victime doit informer l’employeur ou l’un de ses représentants dans la journée
où l’accident s’est produit, au plus tard dans les 24 h, sauf cas de force
majeure ou impossibilité absolue d’en délivrer l’information. On notera
cependant que le salarié victime de l’accident peut opter pour une déclaration
directe auprès de la caisse sans passer par l’intermédiaire de son employeur.
Le code de la sécurité sociale lui laisse un délai de deux ans à compter de
l’accident pour faire cette démarche…
- son côté, l’employeur doit déclarer
tout accident dont il a connaissance à la caisse primaire d’assurance maladie
dont relève la victime dans les 48 h suivant l’accident non compris les
dimanches et jours fériés. Il est donc clair que le point de départ du délai de
48 h est la connaissance de l’accident par le chef d’entreprise. L’employeur
n’est pas juge de l’opportunité de la déclaration. Toutefois il peut sur cette dernière, ou dans un
courrier annexe indiquer des réserves qui inciteront la caisse à mettre en
œuvre une enquête…Faute pour le chef d’entreprise de faire une déclaration à la
caisse dans le délais susvisé, celui-ci pourrait se voir condamner à des
sanctions pénales, civiles (remboursement à la caisse des dépenses occasionnées
par l’accident) et à des dommages et intérêts à la victime. Le respect strict
des délais s’impose donc…Un homme averti en vaut deux…
Contestation
La caisse de
sécurité sociale, peut bien évidemment avoir intérêt à contester le caractère
professionnel de l’accident. Le code de la sécurité sociale lui laisse un délai
de 30 jours à compter de la déclaration. S’il y a nécessité d’une enquête
complémentaire, la caisse doit en informer l’intéressé et l’employeur dans le
délai précité par lettre recommandée avec AR. Elle dispose alors d’un nouveau
délai de 2 mois pour statuer. En l’absence de décision de la caisse à
l’expiration de ces délais, le caractère professionnel de la lésion est
reconnu. Toutefois on rappellera que ces délais ne sont pas applicables en cas
de fraude ou de fausse déclaration.
Modèle de contestation d'un accident du travail
Nom
Adresse de l'entreprise
Numéro de téléphone
CPAM de
Messieurs,
Par la présente, je vous informe, suite à la déclaration d'accident du
travail que j'ai faite en vos services le ........concernant la situation de M.........,
salarié de mon entreprise, que je formule les réserves suivantes :
.....................
Je vous remercie de l'attention que vous porterez à ce courrier,
Et vous prie d'agréer, l'expression de mes sentiments distingués.
JURISPRUDENCE A SUIVRE
Droit du travail - démission - notion
A
défaut de démission claire et non équivoque du salarié, il appartient à
l'employeur qui entend tirer les conséquences de l'absence du salarié de mettre
en oeuvre la procédure de licenciement (Cass soc. 4 avril 2006.pourvoi n°
03-46427)
Les faits
Pour imputer la rupture du contrat
de travail au salarié et le débouter de sa demande d'indemnité, la cour d’appel
de Versailles avait énoncé que ce dernier n'avait pas fait l'objet d'une
procédure de licenciement. L’employeur s'était en effet étonné de la lettre de
son salarié faisant état du licenciement, alors qu'en fait le salarié s'était
auto licencié, n'avait plus rejoint son poste et avait réclamé à deux reprises
son solde de tout compte, manifestant ainsi sa volonté de rompre son contrat de
travail. Pour la chambre sociale, à défaut de démission claire et non équivoque
du salarié, il appartient à l'employeur qui entend tirer les conséquences de
l'absence du salarié de mettre en oeuvre la procédure de licenciement.
La
solution
Cet arrêt a le mérite de
rappeler une fois de plus ce qu’est une démission. Faute de volonté claire et
non équivoque du salarié, il appartient à l'employeur qui entend tirer les
conséquences de l'absence du salarié de mettre en oeuvre la procédure de
licenciement.
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