BATIRAMA BATIMAT 2026

BATIRAMA | HORS-SÉRIE - SALON BATIMAT - SEPTEMBRE / OCTOBRE 2026 | www.batirama.com BATIMAT 31 Le toit ouvrage clé Un débord de toiture allant jusqu’à 2 m, cela signifieque le toit est devenu l’ouvrage principal et le signe de reconnaissance de la maison. Les débords créent une prise au vent et demandent une attention particulière, il serait également possible de les appuyer sur des poteaux extérieurs comme les vérandas deVirginie. Mais cela dépend aussi de la surface constructible, et du coup de patte architectural. À grand toit, grande surface photovoltaïque, grande autonomie. C’estlascopBoisetPailledeVausseroux(79), 88m, qui réussit àconcevoir cettecharpente inhabituelle en Douglas, se charge aussi du bardage en châtaignier local, des menuisieries en triple vitrage et de l’isolation paille. C’est important ! Dans un rayon de moins de 100 km, indépendamment des métropoles, on trouve des constructeurs assez courants capables de réaliser ce type d’ouvrages. Faut pas aller chercher Mathis en Alsace ou Pyrénées Charpente ! Les nouveaux constructeurs biosourcés assurent ce groupe de prestations. Les baies en triple vitrage ne font pas tout SelonMilenaKaranesheva,lepassifcaniculaire, c’est le calcul PHPP, l’accompagnement par des sachants et la certification, mais aussi la simulation thermiquedynamique, dubon sens et du doigté. Le label lancé en 1990 à Darmstadt en Allemagne table sur le triple vitrage parce que cela correspond à l’approche technologiqueallemandeet offre unbon ratioentreéclairageet performance dansununiversallemandavantl’écroulement climatique. Maintenant, on ne lésine plus sur l’atténuation, le recours aux matériaux biosourcés locaux, la gestion de l’ombre. Pour en finir avec l’inertie Nota bene : la question de l’inertie est réglée par l’autonomie des panneaux photovoltaïques. Jusqu’à présent, il n’était encore et toujours que question d’apport d’inertie en construction bois, justifiant les dalles béton voire la réduction du bois à la seule enveloppe. À présent, avec la multiplication des domes de chaleur, l’inertie devient un piège et transforme les constructions en fours. L’objectif n’est pas tant d’absorber la chaleur excessive que de l’empêcher de pénétrer dans lamaison. La maison fait 130 m 2 mais comme pour Trilogis , Karawitz est passé maître dans les surfaces élargies, les terrasses qui prolongent l’intérieur. S’ajoute un travail paysagiste du jardin, qui va exactement dans le même sens de création d’espaces vivables en saison chaude. Ouvrir ou fermer ? Avec ces chaleurs, l’architecture tropicale n’est-elle pas préférable ?On oublie qu’en dehors depics dechaleurs, il fait assez froid souvent en France. Milena Karanesheva détaille : «  il existe également desmaisons passives dans les Tropiques, notamment au Sri Lanka, qui se révèlent efficaces et estimées à cause de leur capacité à lutter à la fois contre l’humidité et les insectes ». Quand à la pomme de discorde entre la ventilation double flux et la ventilation naturelle, c’est un débat un peu vain mais résurgent queMilena a dû aborder comme présidente de l’ICEB avant le passer la main à Emmanuelle Patte. Elle ajoute : «  je n’avancerai pas trop sur le débat VMC double flux-ventilation naturelle. Toutes nos maisons sont conçues de sorte à assurer une ventilation naturelle transversale. En tant que présidente de l’ICEB, j’ai cherché à ce que ce débat se fasse de façon scientifique et dans l’écoute, sur la base d’outils fiables et de résultats réels. Chaque projet est unique et nécessite une solution adaptée. Les outils existent, l’expertise existe, les techniques existent, il faut juste s’en saisir ». Dans cet esprit, la Maison Canicule de Karawitzneseprésentepascommelasolution définitive à la crise climatique, mais comme uneréponsepenséepour le tempsTde2026 sur labased’uneexpériencearchitecturalede plus de vingt ans. Et en plus, elle est jolie. J.T. ©MischaWitzmann Terrasse en cours de pose, livraison vendredi 26 juin. On souhaite aux maîtres d’ouvrage un bel été au frais ©MischaWitzmann

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