BATIRAMA ARTIBAT

BATIRAMA | HORS-SÉRIE - SALON ARTIBAT - OCTOBRE 2025 | www.batirama.com 36 ÉQUIPEMENT Finale du championnat de France de soudure : l’industrie fait la promotion de son élite On ne ressort pas d’un passage sur le site du championnat de France de soudure sans quelquesmaux degorge… Imaginez une grande salle circulaire au centre de laquelle quarante soudeurs émérites s’activent pendant une heure, voire deux pour les dernières épreuves, à assembler parfaitement des pièces d’acier, d’aluminium ou d’inox avec les procédés industriels tels qu’électrode enrobée, TIG ( Tungsten Inert Gas ) et MIG-MAG ( Metal Inert Gas - Metal Activ Gas ). Pour corser le tout et reprendre des postures possibles en milieu industriel, les parcours sont "durcis" par des gênes opératoires (des tubes placés de part et d’autre des éléments à souder pour simuler un encombrement) ou une faible hauteur de travail. Une véritable épreuve physique quand on mesure 1,80 m et que l’on opère couvert d’équipements de protection idoines de la tête aux pieds…Les trois épreuves de ces finales cumulent quatre heures de soudage. 500 participants, 40 finalistes Les compétiteurs rassemblés les 23 et 24 mai derniersdans legrandhall desArènes de Poitiers pour cette finale ont déjà subi une longue et imposante sélection : des épreuves de connaissances théoriques en décembre dernier, des qualifications pratiques de février à mi-avril. Près de 500 concurrents se sont prêtés à ce jeu pour cette troisième édition biennale animée par l’association française de la promotion de la soudure (AFPS). Cette structure est présidée par Mehdy Addad, coordinateur en soudage chez Beirens, un constructeur de conduits de fumée industriels du groupe Poujoulat. Pour chaque catégorie, la compétition compte trois épreuves : deux d’une heure la première journée, une de deux heures la seconde. Semesurer entre industries de pointe En observant l’environnement de cet événement, on s’aperçoit rapidement que le sérieux l’emporte largement sur le jeu. En premier lieu, la lecture des noms des entreprises partenaires de l’événement en impose : Altrad, EDF, Framatome, Alstom, Naval Groupe, Monteiro, Safran, Chantiers de l’Atlantique, …La plupart des finalistes du championnat sont d’ailleurs issus de leurs équipes et de leurs écoles de formation internes. En deuxième lieu, pour départager ces aristocrates de la soudure, l’organisateur met les moyens. Le déroulement des épreuves est placé sous la direction de Cécilia Ftaich, spécialiste nationale du consulting et de la formation en soudage au sein de l’entreprise Asalli. Son rôle est de rassembler et valider toutes les données transmises par les membres des jurys : les uns scrutent lesmanières de procéder des candidats durant les épreuves, d’autres inspectent les pièces rendues dans le moindre détail, les derniers les auscultent de manières très approfondies, par ultrasons et radiographie. En troisième lieu, l’ambition de cette compétition est aussi de présenter les intérêts de ce métier : réaliser des constructions d’exception, trouver une voie professionnelle et exprimer ses talents. Recruter pour un métier en tension Pour les partenaires, l’occasion est trop belle de présenter les métiers et les opportunitéspar lebiaisdes recrutements, car pour beaucoup, cette profession de la soudure est en tension. Pour Mathieu Beaujon, responsable du pôle soudure chez EDF, «  la filière nucléaire a annoncé l’embauchede1800soudeursd’ici 2033 ». Plus largement, ce secteur adéjà annoncé un besoin, tous métiers confondus, de 10 000 embauches par an, 100 000 pour les dix prochaines années.

RkJQdWJsaXNoZXIy Mjc5MjEx