BATIRAMA ARTIBAT
BATIRAMA | HORS-SÉRIE - SALON ARTIBAT - OCTOBRE 2025 | www.batirama.com 12 GROS ŒUVRE Les couvreurs-zingueurs parisiens et les ornemanistes classés à l’Unesco L’Unescoaajoutémercredi 4décembre2024àsa listedupatrimoine culturel immatériel les savoir-faire des couvreurs-zingueurs et des ornemanistes parisiens, une reconnaissance pour ces façonneurs des toits mythiques de la ville Lumière. Tirant leur nom du zinc, ce métal gris qui recouvre près de 80%des toitures parisiennes, les couvreurs-zingueurs (pose et restauration) ont, avec les ornemanistes (décoration), contribué aussi à la reconstruction de la cathédrale Notre-Dame. L’attachement à leur patrimoine de ceux qui œuvrent au quotidien sur les toits de Paris Le 4 décembre 2024 à Asunción (Paraguay), le Comité intergouvernemental pour la sauvegarde du Patrimoine culturel immatériel de l’Unesco a inscrit « Les savoir-faire des couvreurs-zingueurs parisiens et des ornemanistes » sur la liste indicative du Patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Cette inscription arrive après sept ans de mobilisation, durant lequel le GCCP, syndicat des entreprises de génie climatique et de couverture plomberie de Paris, appuyé par le ministère de la Culture et un comité de soutien, a obtenu le prestigieux label de l’Unesco, un symbole fort qui montre combien ces femmes et ces hommes, qui œuvrent au quotidien sur les toits de Paris, sont attachés au patrimoine. Cette reconnaissance répondà toutes lesmesures de sauvegarde mises en place par la communauté de métier et exigées par l’Unesco. Elle s’appuie aussi sur l’adaptation de la profession à la crise climatique : en posant obligatoirement un isolant performant sous le comble, ils participent aux économies d’énergie, apportent du confort aux habitants et répondent ainsi aux exigences de développement durable que l’Unesco impose aux candidats au Patrimoine de l’humanité. Susciter des vocations « Ce que l’on voulait d’abord, c’était faire connaître le geste, faire connaître ce métier qui se transmet de génération en génération », explique Mériadec Aulanier, délégué général du Syndicat des entreprises de génie climatique et couverture plomberie, qui déplore le « déficit d’image » dont souffre la profession. Avec cette inscription, il espère attirer de jeunes talents alors que la profession, qui compte entre 5 000 et 6 000 couvreurs aujourd’hui à Paris, souffre d’une pénurie de main-d’œuvre depuis des années. L’ouverture en octobre 2022 de l’Eco Campus à Vitry-sur-Seine, l’un des plus grands centres de formation européens des métiers du bâtiment, est un exemple phare de la transmission du métier de couvreur. Batirama avait d’ailleurs rencontré il y a quelques mois Kassandra Couet, une jeune femme volontaire et passionnée qui se forme à l’Eco-campus du bâtiment Grand Paris pour devenir couvreuse-zingueuse, un article d’Emmanuelle Jeanson à retrouver sur www.batirama.com . Préserver l’identité des toits de Paris Enfin, les couvreurs-zingueurs de Paris et les ornemanistes s’engagent à préserver cette identité des toits de Paris (née au 19 e siècle avec la généralisation des toits en zinc et en ardoise par le préfet Haussmann, et reconnue dans le monde entier), celle-là même dont parlait déjà Emile Zola à travers Coupeau, son personnage de L’Assommoir (1877) : « Un beau soleil de mai se couchait, dorant les cheminées. Et tout là-haut, dans le ciel clair, l’ouvrier taillait tranquillement son zinc à coups de cisailles, penché sur l’établi, pareil à un tailleur coupant chez lui une paire de culottes ». L.P. Crédit :GillesMermet « Il y a une fierté pour eux de se dire que leur métier va être reconnu internationalement », se réjouit Gilles Mermet, photographe ambassadeur des toits de Paris et coordinateur de la candidature à l’Unesco
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