BTR 499
BATIRAMA N°499 I OCTOBRE - NOVEMBRE 2021 29 DOSSIERS INNOVATIONS SUR ARTIBAT En première ligne face à l’immi- nente application de la RE 2020 : les isolants biosourcés. Dans le rési- dentiel, la plaque de plâtre aussi va pouvoir bénéficier de cette nou- velle vague. Les ambitions sont grandes. En 2020, 27 millions de mètres carrés d’iso- lants biosourcés ont été mis en œuvre, selon l’Association des industriels de la construction biosourcée (AICB). Alors que la part de marché de ces matériaux n’atteignait que 6 % en 2010, elle a grimpé à 10 % en 2020, et vise les 20 % d’ici cinq ans. Et pour cause. Elle devrait bénéficier de l’objectif premier de la RE 2020 : celui de limiter l’impact carbone dans la construction faisant ainsi la part belle aux biosourcés. Des avis techniques délivrés par le GS 20 Dans le résidentiel, et sans bouleverser les conditions de mise en œuvre, les isolants idoines vont forcément favori- ser le calcul global. D’autant que désor- mais, de nombreux produits bénéficient d’Avis techniques favorables délivrés par le GS 20 : textiles recyclés, laine de bois, ouate de cellulose, chanvre, mix chanvre/bois, etc. Ainsi, la mise en œuvre est sécurisée tout en offrant une gamme assez large pour pouvoir répondre aux chantiers en toute séré- nité. En outre, le bois favorisé par cette nouvelle RE 2020 va de fait remettre en cause la mise en œuvre de la plaque de plâtre avec une fixation légèrement dif- férente que sur du béton. Une oppor- tunité de marché pour les entreprises concernées, quand le bois le plus sou- vent s’habille de plaques de plâtre. LA RE 2020 VA INÉLUCTABLEMENT POUSSER LE BIOSOURCÉ Quelles sont pour vous les évolu- tions notables quant aux perfor- mances des systèmes ? Bruno Garabos : Pour ce qui concerne la plaque de plâtre, le mar- ché propose désormais des maté- riaux plus performants : en matière de chocs, de dureté pour facili- ter la fixation de charges, ou qui sont durables dans des locaux très humides. D’autres plaques de plâtre contribuent à une meilleure quali- té de l’air intérieur en agissant de manière active sur les composants organiques volatils. Ces produits, intègrent donc toutes ces nouvelles performances, en plus de celles attendues en matière acous- tique et feu. Leur arrivée sur le mar- ché donne plus de choix aux entre- prises de mise en œuvre. Même si ces fonctionnalités ne sont pas obli- gatoires, elles apportent un confort supplémentaire et au-delà de l’as- pect esthétique ou réglementaire. Le plus souvent, la mise en œuvre reste conforme aux DTU, et dans certains cas, parce qu’il faut un écart ou un vissage particulier, il faut se référer aux Avis techniques. Pour répondre aux contraintes thermiques, la tendance en matière d’isolant est aussi à pousser les épaisseurs. Est-ce inéluctable ? La résistance thermique pour un même produit type laine de verre instaure un rapport de proportion- nalité entre le R et l’épaisseur parce qu’on a la même conductivité ther- mique. Selon les configurations du chantier, il peut suffire de changer de produits avec une conductivi- té thermique différente pour avoir les mêmes performances avec une épaisseur donnée. Par exemple, pour obtenir la même résistance thermique, il faudra par exemple plus d’épaisseur avec un isolant bio- sourcé qu’avec une laine minérale. Ce n’est pas anodin, s’il faut choisir entre une laine minérale et un isolant biosourcé ? C’est un paramètre non négligeable. Les aides fiscales en faveur de la rénovation énergétique imposent un certain niveau de résistance thermique. Par exemple dans les combles perdus, le R est de 7 et bien souvent l’isolant qui représente dans ce cas 20 voire 30 cm d’épaisseur est posé sur la plaque de plâtre. Or, suivant le produit il affiche une certaine densité et donc un poids conséquent. On atteint alors la limite que peut tolérer la plaque de plâtre en matière de charge. Il faut donc mesurer les avantages et les inconvénients. Cette notion est importante en par- ticulier avec les isolants biosourcés qui peuvent avoir des poids consé- quents en raison de leur épaisseur nécessaire pour atteindre la même résistance thermique qu’une laine minérale. L’AVIS DE L’EXPERT Bruno Garabos, (Garabos Frères), président de l’UMPI-FFB
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