BTR 479

28 BATIRAMA N°479 I JUIN - JUILLET 2018 MARCHÉ COUVERTURE ET SOLAIRE Après l’engouement de la fin des années 2000, le photovoltaïque adopte une posture plus technique et réaliste. Quelques fabricants restent bien campés sur ce secteur ; l’arrivée de la mobilité électrique suscite la vocation d’un nouvel acteur. L e moratoire sur le tarif de rachat de l’électricité d’origine photovoltaïque à la fin des années 2000 a brutale- ment interrompu le développement du secteur embryonnaire des petits éléments de toiture à fonction photovoltaïque. À tel point que la plupart de petits fournisseurs ont disparu… quand des gammes ne sont plus suivies – Wienerberger a aban- donné Korasun. À la faveur de plusieurs événements récents, ce marché semble se refaire une santé. En premier lieu, une bonne lecture de la réglementation ther- mique 2012 fournit des arguments sérieux pour installer une solution d’autoconsom- mation : il est ainsi possible de dépasser le seuil de consommation d’énergie primaire (le Cep max) de 12 kWhep /m².an . Soit 62 kWhep /m².an au lieu de 50. Un avan- tage directement lié aux 5 kWhep /m².an obligatoirement produits par une EnR que n’offrent pas les autres énergies : poêle à bois ou chauffe-eau thermodynamique. De forts leviers de développement Deuxième levier en action : la possibilité d’autoconsommer son énergie électrique. Les textes réglementaires datent de février 2017, et ils ont donné un vrai coup d’ac- célérateur à la mesure contenue dans la RT 2012 auprès des futurs propriétaires de maisons individuelles. Troisième point d’appui : l’expérimentation E+C- lancée mi-2017. Cette anticipation de la future transposition de la directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments permet aux pouvoirs publics et à toute la filière bâtiment de tester les bonnes formules de construction et d’équipement avant de poser noir sur blanc, en 2019-2020, la réglementation sur les bâtiments dits « à consommation quasi-nulle ». De fait, le photovoltaïque se refait une place de choix, surtout lorsqu’il s’agit de viser le niveau Énergie 3 – voire 4, mais là, ça devient plus délicat ! Favoriser une autoconsommation naturelle La différence entre la RT 2012 et la future réglementation actuellement en test géant porte sur la stratégie d’auto- consommation. Avec la RT 2012, celle-ci est fondée sur une autoconsommation dite naturelle : on consomme ce que l’on produit, on ne stocke pas, et ce qui n’est pas consommé est rejeté gratuitement sur le réseau. Ainsi, l’investissement est léger – il est de l’ordre de 1 à 3 kWc – et il couvre au mieux 40 % des consomma- tions annuelles. BERNARD REINTEAU RT 2012, galop d’essai avant la future réglementation E+C- PETITS ÉLÉMENTS DE TOITURE PHOTOVOLTAÏQUES CHANTIER PRÈS DE 60 M 2 DE TUILES SOLAIRES SUR UN TOIT DE MAISON La toiture à deux pentes de cette maison à ossature bois dispose de 87 m² de tuiles solaires. Dans les nouveaux éco-lotissements de la commune de Villars-de-Lans, en plein cœur du massif isèrois du Vercors, le plan local d’urbanisme demande de recourir aux énergies renouvelables à hauteur de 53 %. Pour répondre à cette demande, l’entreprise locale Bourguignon a construit une maison de 140 m² à ossature bois dont l’une des deux pentes du toit – celle au sud-est est recouverte de 57,2 m² de tuiles Alpha Solaire d’Imerys Toiture. Soit 26 kits d’une capacité de production annuelle estimée à environ 8,5 kWc. L’intérêt de cette solution se révèle multiple. Technique et énergétique en premier lieu, car les modules affichent d’un rendement de 159 Wc/m², équivalent à celui de panneaux classiques ; esthétique aussi, car les kits se marient avec les tuiles Alpha 10 Ste Foy de teinte ardoisée. L’énergie non stockée est destinée, pour deux tiers de la production, à l’autoconsommation, et pour le reste, à la revente sur le réseau de distribution électrique.

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