La caméra thermique, un outil indispensable

La caméra thermique, un outil indispensable

La caméra thermique met rapidement en évidence les anomalies et zones à risques, de l’enveloppe des bâtiments… Comment bien interpréter les résultats ? Eléments de réponses.





Utiliser une caméra thermique est la méthode la plus facile et la plus rapide pour détecter les pertes d’én­ergie, l’humidité, les défauts d’isolation, les fuites, les ponts thermiques… Une caméra indique exactement sont situés les problèmes et permet de diagnostiquer correctement les surfaces nécessitant des actions correctives.

 

Elle contribue également à visualiser ­l’humidité superficielle et donc à localiser rapidement les risques potentiels de moisissure dans un bâtiment. «Utilisable sur tous types de logement, en aide à la rénovation ciblée, auto-contrôle ou à réception de travaux en neuf et rénovation, l’inspection avec une caméra thermique peut être exécutée de l’intérieur de l’habitation et/ou de l’extérieur afin de mettre en évidence les irrégularités dans l’isolation thermique de l’enveloppe, les défauts d’étanchéité à l’air, les infiltrations d’eau, la présence ­d’humidité…», explique Marc ­Albrecht, Chef de produits, contrôle et mesures physiques chez Chauvin Arnoux.

 

« La caméra localise les zones d’inconfort thermique, la condensation et les risques d’apparition de moisissures, elle détecte aussi les canalisations ou les fuites sur planchers chauffants…», ajoute ce spécialiste.

 

Détecter les vices de construction et garantir la qualité !

 

De plus, l’analyse au moyen d’une caméra aide à découvrir les éventuels vices de construction et donc d’attester de la qualité et de la bonne réalisation de travaux de construction. Un simple coup d’œil sur cette dernière suffit à détecter une répartition irrégulière des températures. Autre point important, celui des défauts de ventilation.

 

La caméra peut déceler une entrée d’air qui a été bouchée par l’occupant (elle apparaît chaude alors qu’elle doit normalement apparaî­tre froide si elle est opérationnelle car refroidie par l’air qui la traverse). «On peut ainsi mettre en évidence des comportements correctifs des gens qui cherchent à préserver la chaleur en bouchant ces entrées d’air, mais ils vont occasionner des désordres internes pensant bien faire. En logements collectifs, le but étant la prise de conscience pour faire voter des travaux de rénovation», complète Marc ­Albrecht.

 

Par contre, et afin de ne pas fausser la thermographie d’un logement, «il reste préférable de réunir certaines conditions climatiques notamment une absence de précipitations avant l’intervention, une faible vitesse de vent, une température extérieure suffisamment stable et inférieure à +10°C. La période préférable reste en fin de nuit avant le lever du jour», ajoute le spécialiste.

 

 

Un marché stagnant

 

 

©Trotec

 

  • Etat du marché : le marché global des caméras thermiques est assez stagnant ces dernières années.
  • Fabricants : les trois principaux fabricants, Testo, Flir et Fluke se partagent le marché des caméras thermiques.
  • Profils des acheteurs : deux profils d’acheteurs de caméras thermiques se distinguent : ceux qui utilisent les caméras à des fins commerciales afin de proposer des travaux de rénovation (vitrage, isolation…) et ceux qui utilisent les caméras à des fins d’expertise afin de vérifier leur travaux d’exécution (vérification de la pose et bon fonctionnement d’un plancher chauffant, travaux d’ITI et ITE…).
  • Distribution : auprès d’un large réseau de distribution de matériaux, quincaillerie, chauffage…
  • Prix : l’entrée de gamme commence à 1.000€, le prix des caméras thermiques les plus chères peut atteindre jusqu’à 10.000€.



Philippe Dijon, Ingénieur Conseil et thermicien,
ECIC – bureau d’Etudes Thermiques et Environnement

 

« La caméra thermique permet de détecter les défauts d’isolation »

 

Batirama : Comment fonctionne une caméra thermique ?
Philippe Dijon :

Il s’agit d’un appareil numérique qui capture des images thermographiques, sans contact, sans endommager le bâtiment et non intrusif. Tous les objets présentant une température supérieure à -273°C, soit le zéro absolu, émettent des rayonnements infra-rouges.

 

Plus un objet est chaud, plus il en émet. A chaque couleur est associée une température. La caméra thermique est capable de convertir ces rayonnements infra-rouges en signaux électriques et, ainsi, de fournir une représentation visible pour l’œil humain, sous la forme d’images thermiques ou thermogramme. Avec ces images thermiques, il est donc possible de réaliser une analyse qualitative et quantitative de la température.

Batirama : Comment faut-il se placer par rapport à l’objet observé ?
Philippe Dijon :

Pour limiter les risques d’erreur, il faut se placer le plus horizontalement et le plus perpendiculairement possible à l’objet que vous désirez prendre avec la caméra, mais les perspectives peuvent être possibles et nécessaires.

 

Il faut partir du principe qu’il est préférable d’observer les objets visés avec un angle d’observation inférieur à 45°. Dans un bâtiment collectif, il n’est pas nécessaire et pas possible de prendre tous les étages, les premiers étages suffisent car on part
du principe que tous sont plus ou moins identiques.

Batirama : Y a-t-il un moment de la journée favorable pour l’utilisation de la caméra ?
Philippe Dijon :

Oui en effet, l’idéal est la nuit ou le matin de très bonne heure si le temps est dégagé car le soleil sur une façade va modifier la température apparente de la paroi. Sinon, un temps très couvert et sans soleil permet d’utiliser une caméra thermique dans la journée.

 

Dans tous les cas, la température extérieure ne doit pas excéder 7°C. Et il est nécessaire d’avoir au moins 15°C entre l’intérieur chauffé et l’extérieur afin de bien mettre en évidence les défauts d’isolation.

 

 

A SAVOIR

 

 

©Testo

 

La thermographie est réalisée suivant la norme NF EN 13187 “Détection qualitative des irrégularités thermiques sur les enveloppes de bâtiments – Méthode infra-rouge” et donne lieu à un dossier de thermogrammes détaillés et interprétés par la personne compétente en thermographie.

 

L’opérateur n’est pas un simple photographe c’est un spécialiste qui saura donner la meilleure interprétation aux images transmises par la caméra thermique à infra-rouge et ce, dans des conditions de prises de vue édictées par la norme.

 

Cette norme demande de spécifier l’équipement utilisé et ses caractéristiques, les caractéristiques de l’enveloppe, les systèmes de chauffage, les structures et les isolants, les matériaux de surface, le climat et l’influence de l’environnement. Le thermographe peut aussi se référer aux normes NF?A09-400, 420 et 421 qui répertorient le vocabulaire de thermographie et de caractérisation de “caméra infra-rouge”.

 

 

Source : batirama.com / Aude Moutarlier

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