La lettre ouverte au ministre des présidents Norbert Fontanel (BTP) et Samuel Minot (FFB)

Norbert Fontanel, préseident de la Fédération BTP Rhône et Métropole et Samuel Minot, président de la FFB Auvergne-Rhône-Alpes. ©Christophe Pouget

Norbert Fontanel et Samuel Minot étaient conviés par le ministre Christophe Béchu à une réunion portant sur la transition écologique dans le Rhône, invitation qu'ils ont déclinée dans une lettre ouverte.




Ce 22 février 2024, les présidents Norbert Fontanel (BTP Rhône et Métropole) et Samuel Minot (FFB Auvergne-Rhône-Alpes) étaient conviés par le ministre Christophe Béchu à une réunion portant sur la transition écologique dans le Rhône, invitation qu'ils ont déclinée, en expliquant les raisons de leur refus dans une lettre ouverte adressée à Christophe Béchu, le ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires de France. Norbert Fontanel et Samuel Minot font entendre disctinctement leur voix : "le temps n'est plus à la concertation mais à la considération et surtout à l'action".

 

 

 

Les raisons du refus


Le Ministère conviait les présidents Norbert Fontanel (BTP Rhône et Métropole) et Samuel Minot (FFB Auvergne-Rhône-Alpes) à un débat dans les salons de la Préfecture, sur les "attentes","projets" ou "difficultés en matière de transition écologique et de cohésion des territoires" dans le cadre d’une réunion intitulée « Réussir ensemble la transition écologique dans le Rhône », et ce en présence des ministres des Collectivités Territoriales et de la ruralité, du Logement, de la Ville et de la citoyenneté, de la Mer et de la biodiversité. En tant que représentants du bâtiment, les présidents Norbert Fontanel et Samuel Minot, arguant que leur "engagement en matière de transition écologique n’est plus à démontrer" et qu'ils seront toujours prêts à prendre part à la lutte contre le réchauffement climatique et la décarbonation de leur filière, ont fait valoir leur droit de non-participation.

 

Dans ce courrier, les présidents ont tenu à rappeler que dans la région Auvergne Rhône-Alpes :

- environ 10 000 entreprises sont certifiées RGE, dont 3 500 dans le Rhône ;
- la Fédération du Bâtiment Auvergne-Rhône-Alpes, la Fédération BTP Rhône et Métropole, le réseau des Fédérations départementales accompagnent les entreprises dans leurs mutations en partenariat étroit avec les agences de l’Eau, l’Ademe, la Région et l’Europe (RE 2020, diagnostic flux, mobilité alternative, recyclage des déchets…), et ce depuis plus de 15 ans.

 

 

L’heure n’est plus à la concertation mais à l’action


Norbert Fontanel et Samuel Minot soulignent que pour leur filière, celle du bâtiment, "l’heure n’est plus à la concertation mais à l’action" car, depuis des mois, ils alertent le ministre sur l’ampleur de la crise comme ses conséquences, allant jusqu'à lui soumettre "toute une série de propositions pour construire une politique ambitieuse du logement", depuis la Commission REBSAMEN (la commission pour la relance durable de la construction de logements) jusqu’au Conseil National de la Refondation du Logement, propositions pour le moment demeurées lettre morte.

 

Plus récemment encore, c'est le président de la Fédération française du Bâtiment, Olivier Salleron, qui a été reçu par le Ministère, ainsi que Guillaume Kasbarian, le ministre délégué du Logement, afin d'apporter les simplifications au dispositif MaPrimeRenov’ "ardemment sollicitées par la Profession". Coïncidence ? Trois jours plus tard, le Gouvernement décide d'amputer de 1 milliard d’euros l'unique dispositif d’aide à la construction encore épargné. Or, ces mesures d’allégement du DPE et de simplification du dispositif MaPrimeRenov’, même si elles sont indispensables, ne pourront pas "alimenter sérieusement le choc d’offres espéré et soutenir le marché de la rénovation qui s’essouffle". En Auvergne-Rhône-Alpes, sur un an, les dossiers MaPrimeRenov’ engagés à la fin du troisième trimestre 2023 ont baissé de 20 %.

 

 

Une oppositon contre-productive entre construction neuve et rénovation


Dans cette lignée, Norbert Fontanel et Samuel Minot ont rencontré le 6 février dernier Fabienne Buccio, la Préfète de Région et du Rhône, qui "n’hésite pas à reprendre courageusement la main sur la délivrance des permis de construire lorsque cela se révèle nécessaire", et à laquelle ils font fait à nouveau part de leurs propositions, avec en tête de liste celle d’alerter sur les 15 000 emplois menacés dans la région, dont 5 000 dans le seul département du Rhône, rappelant une opposition contreproductive qui perdure, "sans aucune raison, ni logique et contre tout bon sens", entre construction neuve et rénovation.
 
Certes, la rénovation des logements existants constitue un enjeu majeur, mais il demeure impossible de réussir cette réhabilitation de l’ancien sans le logement neuf, la première raison étant que les actions de réhabilitation supposent un "stock tampon" afin de reloger les occupants. Or, dans le Rhône, ce seul stock est évaluté à environ 1 500 logements par an. La stigmatisation de la construction neuve est vaine : avec la RE 2020, la France est le "premier pays à avoir introduit une réglementation qui, aux normes de performance thermique, a rajouté un critère sur l’empreinte carbone", sans doute l’une des réglementations les plus exigeantes conçues dans l'objectif de maîtriser l’impact des constructions neuves sur le climat.

 


Les propositions pour réussir la transition écologique dans le bâtiment
 

Norbert Fontanel et Samuel Minot posent clairement leurs propositions sur la table, dans une liste non exhaustive :

- Le retour d’un PTZ élargi ;
- la création d’un statut pérenne pour les bailleurs privés ;
- la simplification drastique et le maintien du budget de MaPrimeRenov’ en soutien à la demande ;
- rendre la REP opérationnelle pour les entreprises en déployant un vrai maillage territorial.
 

Les présidents du BTP Rhône et Métropole et de la FFB Auvergne-Rhône-Alpes le martèlent : cette crise est majeure et déteint sur l’ensemble de l’économie et de la société, avec des conséquences plus ou moins importantes, telles la dégradation des contributions du bâtiment aux budgets de la nation et des collectivités, ou bien l'explosition du mal-logement, ou encore l'essoufflement de la rénovation énergétique et de la trajectoire bas-carbone, etc. Sans compter les répercussions néfastes sur l’emploi, ou encore une réindustrialisation au ralenti, ...

 



Source : batirama.com / communiqué de presse Norbert Fontanel et Samuel Minot / Laure Pophillat

L'auteur de cet article

photo auteur Laure Pophillat
Laure Pophillat est rédactrice web polyvalente depuis plusieurs années. Curieuse, éclectique et investigatrice, tous les thèmes pertinents (et donc passionnants) l’intéressent ! Pour Bâtirama, elle rédige avec bonheur sur un large spectre de sujets couvrant l’entièreté de la filière BTP (actualités, conjoncture, réformes, innovations, etc.). Elle apprécie notamment réaliser des portraits de femmes et d’hommes engagés, inspirés et inspirants, dans un environnement, celui du BTP, toujours en mouvement.
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