Etanchéité : comment protéger les espaces extérieurs des logements

Etanchéité : comment protéger les espaces  extérieurs des logements

Terrasses, balcons et toitures-terrasses sont particulièrement vulnérables aux intempéries, au gel, ou au rayonnement ultra-violet. Et surtout à l’eau et à l’humidité. Leur étanchéité devra être choisie en fonction de l’ouvrage.






 

Sans surprise, le marché de l’étanchéité en résidentiel peine. «Le logement a reculé de -18% en 2012, il suit cette tendance», concède Éric Zimmer, directeur marketing chez Siplast. Reste que des lueurs d’espoir demeurent.

 

D’abord du côté de la toiture-terrasse végétalisée, «plébiscitée par rapport aux terrasses jardins. De charges plus faibles, elles consomment moins d’eau tout en contribuant à sa rétention».

 

Au­tre atout souligné par Philippe Domange, chef de produits Sika Membranes Toitures chez Sika, «elles contribuent à améliorer le confort thermique et acoustique du bâti. En construction neuve, elles sont portées par les maisons à ossature bois».

Étanchéité : se reporter aux documents de référence. Une autre réponse à l’étanchéité des balcons, terrasses, et toiture-terrasse végétalisées tient dans les systèmes d’étanchéité liquide (SEL), en particulier en rénovation.

 

«Selon le support, il est possible de les mettre en œuvre sans tout déposer, ils ne posent pas de problème de surcharge, ou permettent de traiter les points singuliers sur une membrane bitumineuse», énumère Sandrine Garnier, responsable marketing et communication chez Kemper System. Tout en tenant à rappeler, «que l’étanchéité est fonction de la destination de l’ouvrage et de ses exigences».

 

Une autre précaution tient aussi à cœur de ces industriels. Quel que soit le procédé choisi, il faut se reporter aux DTU, aux Avis techniques ou Documents techniques d’application des fabricants, etc. Ils précisent les domaines d’emploi selon les supports. Pour apporter la réponse la plus adaptée.

 

 

EN SAVOIR PLUS

 

L’entretien des toitures végétalisées : une obligation

 

 

Parce qu’il est obligatoire, l’entretien des toitures végétalisées doit être formalisé, au plus tard à la réception de l’ouvrage – pour assurer les travaux de confortement – par un un contrat unique, sur l’ensemble de la toiture y compris les zones stériles.

 

L’entreprise d’étanchéité se réserve la possibilité de sous-traiter ou co-traiter les travaux d’entretien à une entreprise du paysage. L’accès à la toiture nécessaire aux futures ­opérations d’entretien est prévu par les maîtres d’œuvre dès la conception de la toiture.

 

Lors des opérations d’entretien, et comme pour toute toiture inaccessible, la sécurité du personnel doit être assurée vis-à-vis des chutes de hauteur.

 

Les dipositions relatives à l’entretien des ouvrages d’étanchéité sont décrites dans les DTU de la série 43. Et l’entreprise contractante devra préciser au maître d’ouvrage les modalités d’entretien de la végétalisation.





 

Solution 1 : Étanchéité en toiture-terrasse végétalisée

 

 

La végétalisation légère détrône les terrasses jardin. Elle utilise moins d’eau. De faible charge, elle peut être admise sur supports légers.

 

Les procédés de végétalisation légère des toitures-terrasses sont d’abord la végétalisation extensive, des complexes légers de faible épaisseur. Elle nécessite peu d’entretien à l’exception des régions en pourtour du bassin méditerranéen.

 

Non circulable, sauf pour entretenir la toiture une à deux fois pas an, elle se pose sur béton, béton cellulaire, tôle d’acier nervuré, bois ou panneaux dérivés du bois, et sur support béton en réhabilitation de toitures-terrasses existantes.

 

Autre procédé de végétalisation légère : la végétalisation semi-intensive, soit des complexes légers d’épaisseur moyenne à entretien modéré, mais dont l’arrosage régulier est indispensable.

 

L’étanchéité d’une végétalisation légère doit répondre aux sollicitations des toitures inaccessibles : pluie, intempéries, vent, écarts thermiques importants, agressions chimiques... et être résistante à la pénétration des racines sur toute la surface de la terrasse.

 

C’est la seconde couche du procédé, le plus souvent bi-couche, qui sera traitée antiracines. A noter que les revêtements à base de matière synthétique, sous formes de membranes (ou lés) ou forme liquide sont mis en œuvre par des techniques à froid.

 

Contrairement aux procédés bitumineux, ils apportent simplicité de mise en œuvre et sécurité quand ces derniers sont soudés au chalumeau.

 

Intérêt :

plus économique qu’une terrasse-jardin, contribue à une plus grande durabilité de l’étanchéité, apport de biodiversité en ville.

Limite :

nécessite une conception préalable avec choix des mises en œuvre, plus value par rapport à un ouvrage d’étanchéité auto-protégé, entretien à prendre en charge.





 

Solution 2 : balcons et loggias

 

 

Les systèmes d’étanchéité liquide (SEL) peuvent rester apparents lors de l’exécution de revêtements d’étanchéité adhérents en neuf comme en rénovation.

 

Les SEL viennent recouvrir un plancher extérieur qui ne comporte pas d’isolant thermique et domine les parties non closes d’un bâtiment.

 

Balcons, coursives, loggias, l’étanchéité de ces ouvrages se réfèrent aux Règles Professionnelles SEL concernant les travaux d’étanchéité réa­lisés par application de Systèmes d’Étanchéité Liquide sur planchers extérieurs en maçonnerie dominant des parties non closes du bâtiment.

 

Les SEL s’appliquent sur ouvrages en maçonnerie neufs ou anciens, bruts ou revêtus. Les supports doivent faire l’objet de préparations particulières conformément aux règles professionnelles.

 

Les SEL s’appliquent au moins en trois couches successives, à froid ou à chaud, avec incorporation éventuelle d’une armature pour former, après séchage ou polymérisation, un système d’étanchéité : un primaire, une première couche de résine et une seconde couche de résine qui doit assurer l’autoprotection du revêtement sauf si une protection dure est rapportée.

 

Afin d’apporter toutes les qualités à cette étanchéité devenue revêtement, des couches supplémentaires peuvent être ajoutées, décoratives ou antidéparantes par exemple.

 

Intérêt :

permet de traiter l’étanchéité et le revêtement en une seule fois, accessibilité aux piétons, variété des aspects, faible épaisseur et légèreté, pas de recours à la flamme.

Limite :

nécessite une préparation des supports irréprochables, mise en œuvre réservée aux entreprises spécialisées conformément au DTU 43.1





 

Solution 3 : étanchéité sous carrelage en terrasse et balcon

 

 

Selon l’ouvrage et le mode de pose, l’étanchéité sous carrelage s’accompagne d’un drainage, et/ou de solutions pour découpler et désolidariser.

 

En pose scellée en extérieur, pas question de déroger à la règle du NF DTU 52.1 dans sa version révisée : une couche de désolidarisation drainante doit être réalisée. Sur un SEL (système d’étanchéité liquide) appliqué en deux couches, ce sera un voile non tissé d’au moins 150 g/m2 surmonté d’un film synthétique d’au moins 100 micromètres d’épaisseur.

 

Cette couche de désolidarisation peut aussi être effectuée au moyen d’un système de drainage bénéficiant d’un Avis technique ou d’un Document technique d’application visant cet emploi.

 

En pose collée, les fabricants proposent des procédés d’imperméabilisation : systèmes d’étanchéité liquide (SEL), avec ajout de silice pour donner ensuite une accroche à la colle, ou systèmes de protection à l’eau sous carrelage (SPEC).

 

Mais uniquement pour les terrasses ou balcons, sur terre-pleins ou vides sanitaires, donc au-dessus d’une pièce non habitée.

 

Intérêt :

sécurise la pose du carrelage sensible à l’eau, en extérieur.

Limite :

s’assurer dans tous les cas de la destination des procédés choisis.





 

INFOS PRATIQUES

 

Réglementation

 

  • NF DTU 52.1 Revêtements de sol scellés
  • NF DTU 52.2 Pose collée des revêtements céramiques et assimilés-pierres naturelles, P 1.1.3 Cahier des clauses techniques types pour les sols intérieurs et extérieurs
  • Cahier 35 29, CPT, Sols P3 - Rénovation
  • Règles professionnelles SEL en planchers extérieurs dominant les parties non closes des bâtiments (APSEL CSFE-Edition septembre 1999). Elles régissent l’étanchéité liquide des balcons et coursives qui ne nécessitent pas l’obtention d’un Avis technique ou Cahier des clauses techniques visé mais d’une conformité aux Règles professionnelles.
  • Règles professionnelles pour la conception et la réalisation
  • des terrasses et toitures végétalisées. Édition n°2, avril 2007.
  • DTU 43.1 (référence NF P 84-204) pour les éléments porteurs en maçonnerie, DTU 43.3 (référence NF P-84 206) pour les éléments porteurs en tôles d’acier nervurées, DTU 43.4 (référence NF-P 84-207) pour les éléments porteurs en bois et panneaux dérivés du bois et DTU 43.5 (référence NF P 84-208) pour les travaux de réfection.    

 

Classement du SEL selon les Règles professionnelles
en planchers extérieurs 1999 – balcon ou loggia
Classe du SEL Objet Destination Exposition climatique Epaisseur sèche du SEL

SE1

Travaux curatifs sur ouvrages anciens de plus de 10 ans Piétonniers privatifs, de surface unitaire ≤20 m2 Climat plaine ≥0,5 mm armé
0,8 mm

SE2

Travaux neufs
ou sur ouvrages anciens
Piétonniers
sans limitation de surface
Climat plaine ≥0,8 mm

SE4

Climat plaine et montagne ≥1 mm

 

 

Source : batirama.com / Stéphanie Lacaze-haertelmeyer

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Pose collée de carrelage en travaux neufs - NF DTU 52.2