Observatoire de l’Immobilier Durable 2019 : des indicateurs au vert très pâle...

Observatoire de l’Immobilier Durable 2019 : des indicateurs au vert très pâle...

L’OID a publié le 21 janvier son observatoire annuel des performances des bâtiments tertiaires existants : les progrès sont lents et l’effet des rénovations est très relatif





Depuis 12 ans, l’Observatoire de l’Immobilier Durable (OID) https://o-immobilierdurable.fr/ mène une enquête sur les bâtiments tertiaires. Il analyse leurs consommations d’énergies réelles et totales – tous usages compris -, leurs consommations d’eau, leurs émissions de Gaz à Effets de Serre (GES), leur production de déchets et leur consommation d’énergie par occupants, en distinguant bureaux, grandes surfaces alimentaires, centre commerciaux, bâtiments logistiques et, pour la première fois en 2019, les bâtiments résidentiels collectifs chauffés au gaz ou raccordés à un réseau de chauffage urbain.

 

©OID

 

Une base de données de 19 500 bâtiments

 

La base de données regroupant les bâtiments suivis par l’OID croît d’année en année. En 2019, elle contient 19 500 bâtiments, soit 11% de plus qu’en 2018. Au total, cela représente 42 millions de m², soit environ 4 à 5% du parc tertiaire français total. La base de données de l’OID contient 24% des bureaux d’Île-de-France. En 2019, tous les indicateurs sont au vert, mais un vert très pâle.

 

La consommation moyenne des bureaux audités atteint 179 kWhEF/m².an, soit une baisse de 2% par rapport à 2018. Il s’agit de consommations en énergie finale, tous usages confondus. Les grandes surfaces alimentaires atteignent 544 kWhEF/m².an, mais 36% d’entre elles dépassent 551 kWhEF/m².an.

 

Tandis que la consommation des centre commerciaux – hors consommation des locataires, ce qui réduit fortement la portée de l’enquête – plafonne à 96 kWhEF/m².an. Les logements collectifs chauffés au gaz ou raccordés à un réseau de chauffage urbain poussent à 266 kWhEF/m².an.

 

La consommation énergétique des bureaux en détail

 

 

Expimées en indice, les consommations des bureaux – à la fois en énergie finale et en énergie primaire corrigée (à climat normal) - baissent régulièrement, de 1,5% par an en moyenne. C’est insuffisant pour atteindre les buts fixés par la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC) pour 2030 et 2050.

 

Il faudrait doubler le rythme et atteindre une baisse moyenne de 3% pour les atteindre. En périmètre courant et en partant d’une consommation de référence à 196 kWhEF/m².an (données OID 2013), il faudrait atteindre une consommation énergétique réelle de 118 kWhEF/m².an en 2030, 98 kWhEF/m².an en 2040 et 78 kWhEF/m².an en 2050. ©OID

 

 

 

Par usage, les consommations des bureaux montrent trois postes prépondérants : le chauffage, le rafraîchissement et l’éclairage. Ensemble, ils représentent 54% des consommations en énergie finale et 45% en énergie primaire. Les postes suivants sont la bureautique et la ventilation. ©OID

 

 

 

Si l’on considère les consommations par usage et par localisation géographique, Paris montre une part de chauffage nettement plus importantes que La Défense ou le reste du pays. ©OID

 

 

 

En fonction des périodes de construction, les consommations de chauffage sont proportionnellement plus lourdes pour les bâtiments construits entre 1948 et 2001. Ce qui reflète probablement la hâte mise à la construction des années 50 à 70 où la qualité thermique des bâtiments n’était pas la première considération. ©OID

 

 

Voici clairement montré l’effet des règlementations thermiques successives. Il est net, mais pas dramatique. Tous usages confondus, les bâtiments construits depuis 2012 consomment seulement 33% d’énergie de moins que les bâtiments haussmanniens. Ce qui traduit trois phénomènes négligés.

 

Premièrement, les consommations d’énergie hors CVC (Chauffage Ventilation et Conditionnement d’air) pèsent presque la moitié des consommations d’énergie totales. Deuxièmement, les RT sont des méthodes conventionnelles, pas des méthodes de calcul de consommations prévisionnelles. Il faudrait plus de STD (Simulation Thermique Dynamique) pour affiner la conception des bâtiments.

 

Troisièmement, enfin, la qulité du pilotage, de l’exploitation des bâtiments, ainsi que le comportement de leurs occupants sont des facteurs déterminants dans le niveau de consommation d’énergie atteint. ©OID

 

 

L’effet de la climatisation sur les consommations d’énergie est majeur : plus de 400 kWhEF/m².an pour les bureaux climatisés, contre 179 kWhEF/m².an en moyenne pour le parc de bureaux suivi par l’OID. Outre, la simple existence d’une climatisation, plusieurs explications sont mises en avant pour expliquer ce doublement de consommations, dont les difficultés de réglage et de pilotage des installations de climatisation centralisées et l’absence de protections solaires efficaces. ©OID

 

 

Enfin, ce graphique pose beaucoup de questions. Clairement, l’effet des RT sérieuses, depuis la RT2005, est sensible. Mais le faible écart de consommation entre des bâtiments construits avant 2008, non-rénovés et rénovés – à peine plus de 8% d’écart – pousse à s’interroger sur l’efficacité des rénovations thermiques. ©OID

 

Selon l’ARSEG (Association des Directeurs de l’Environnement de Travail), citée par l’OID, le coût d’exploitation technique des bureaux était de 95,5 €/m² en 2019, en légère baisse par rapport à 2018. Les fluides représentent 24%, suivis par la maintenance technique (22%), la sécurité et la sûreté (22%) et le nettoyage (21%).


Source : batirama.com / Pascal Poggi

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