La construction bois séduit la Bretagne

La construction bois séduit la Bretagne

Même si elle a marqué le pas depuis 2012, la construction bois a toujours la cote sur les terres bretonnes, et voit l’avenir avec optimisme.






Certes, la Bretagne ne figure pas au rang des grandes régions forestières. Mais cela ne l’empêche aucunement d’afficher une réelle affection pour la construction bois.

 

Sensibilité écologique, dynamisme associatif, culture de la charpenterie marine : ces « marqueurs » régionaux ont sans doute contribué à l’essor remarquable du secteur dans la première décennie de notre siècle. Depuis 2012, un ralentissement sensible est observé, mais il s’inscrit dans une tendance nationale et ne devrait pas durer.

 

La part de marché de la construction bois pour la maison individuelle en secteur diffus est passé de 11,3% en 2012 à 7,5% en 2016, ce qui la ramène à un taux légèrement inférieur à la moyenne nationale (9%).

 

Un recul du marché en maison individuelle

 

« Ce recul fait suite à une forte période de croissance. Il coïncide avec l’apparition de la norme RT 2012, plus souple que le référentiel BBC et donc plus facile à satisfaire pour la construction traditionnelle », analyse Hervé Boivin, animateur bois construction au sein de l’association interprofessionnelle Abibois.

 

Créée en 1990, l’association intervient sur l’ensemble de la filière en Bretagne (construction, énergie, emballage), en s’intéressant à tous les maillons de la chaîne, des exploitants forestiers jusqu’à la maîtrise d’ouvrage.

 

Le marché des extensions-surélévations se porte quant à lui toujours bien ; il a progressé de 21% entre 2014 et 2016. Le bâtiment agricole est aussi un vecteur important pour la filière : il consomme autant de bois (30 000 m2) que le marché de la charpente des autres bâtiments. Concernant le logement collectif, la part du bois reste modeste (1,5%) même si Rennes a vu l’an dernier son premier immeuble R+4 construit dans ce matériau… depuis le XVIIe siècle !

 

Hervé Boisin, animateur bois construction au sein de l’association interprofessionnelle Abibois

 

Lancement d’un AMI « Construction bois pour tous »

 

« Tous marchés confondus, on peut dire que l’activité a été stable en 2017, et la reprise paraît certaine pour 2018. Sans être explosive, la demande va continuer à croître », estime Hervé Boivin. De quoi réjouir les 160 entreprises activement présentes sur le créneau, lesquelles emploient 2400 salariés.

 

Quelques projets emblématiques sont actuellement dans les cartons, notamment dans la capitale bretonne. Près de la gare en complète rénovation, un immeuble de 12 niveaux et 38 mètres de haut verra le jour en 2020.

 

Avec 3 étages de bureaux et 48 logements, il sera à énergie passive et, cerise sur le gâteau, utilisera du bois local : hêtre de la région de Fougères, pin de la forêt de Paimpont.  L’architecte Thierry Soquet, largement engagé dans l’écoconstruction, veut en faire une vitrine de la filière bois.

 

Rennes Métropole a par ailleurs lancé un AMI (Appel à manifestation d’intérêt) baptisé « Construction Bois pour tous » afin d’encourager les communes de l’agglomération à dédier du foncier à de nouveaux logements en bois. 10 collectivités ont répondu à l’appel et 343 logements répartis sur 12 terrains sont actuellement à l’étude dans ce contexte. Abibois, qui accompagne le projet en tant qu’Assistant Maître d’Ouvrage, estime qu’à travers cette initiative, « une vraie dynamique s’est mise en marche ».

 

Bois Breizh ou pas

 

10% seulement des bois valorisés dans la construction en Bretagne sont d’origine locale. Plusieurs raisons à cela. Grâce à ses accès maritimes, la région a eu l’habitude d’importer du bois des pays du nord pour le transformer.

 

De solides entreprises de seconde transformation, telles Tanguy Matériaux, Protac, Silverwood, se sont ainsi développées à quelques encablures des ports de Brest, Saint Brieuc et Saint-Malo, respectivement.

 

La forêt bretonne n’est pas énorme, elle ne représente que 12% du territoire contre une moyenne nationale de 30%. Elle est répartie entre 120 000 propriétaires fonciers et relève du domaine privé à 90% (contre 70% en moyenne nationale).

 

Vers une Sylviculture bretonne ?

 

« C’est une difficulté, admet Hervé Boivin. Il faut convaincre ces nombreux propriétaires d’entrer dans une démarche de sylviculture en faveur du bois d’œuvre. Nombre d’entre eux ne connaissent même pas leurs parcelles reçues en héritage ».

 

Pour Abibois, accroître la part du bois local est un enjeu important. L’association a d’ailleurs lancé en 2013 l’opération « Bois d’ici » visant à mieux orienter l’offre des scieurs vers les attentes des constructeurs, que ce soit en structure, vêture ou aménagement extérieur.

 

« Pour augmenter le recours à la ressource locale, nous devons chercher à développer les feuillus dans la construction, souligne Hervé Boivin car ils constituent les ¾ de la couverture forestière bretonne ».

 


Source : batirama.com / Coline Gady / Photo d'ouverture : La Direction départementale des Territoires et de la Mer du Morbihan. Prix national de la construction en 2017. ©Frédéric Baron.

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