Les Défis du Bois 3.0, moteur de la Wood Valley

Les Défis du Bois 3.0, moteur de la Wood Valley

Les Défis du bois ont réuni à Epinal une dizaine d’équipes mixtes (architectes, ingénieurs) qui ont réalisé des structures étonnantes pour le jardin botanique de Nancy.





Pour la 14e année consécutive, la ville d’Epinal a été le théâtre d’un événement original sous forme d’une aventure pédagogique, technique et humaine : les Défis du Bois. L’événement s’est concrétisé par la réalisation de micro-structures construites en lien avec le thème du paysage.

 

Un peu d’histoire auparavant… En 2005, Pascal Triboulot, Jean-Claude Bignon et Gilles Duchanois se lancent un grand défi. Enseignants et responsables pédagogiques à l’école des ingénieurs bois d’Epinal (ENSTIB), et/ou de l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Nancy, ont l’idée de faire passer leurs étudiants à la pratique de la construction bois, dans un cadre ludique et compétitif.

 

Si la proximité entre l’Ensa Nancy et l’Enstib d’Epinal a favorisé la naissance de l’évènement , n’oublions pas l’accent que l’école de Nancy met sur l’architecture bois, un positionnement récompensé récemment par la création d’une chaire dédiée.

 

Un défi renouvelé

 

Le concept des Défis a pris très vite : dix ans durant, au printemps, des équipes constituées de jeunes ingénieurs/architectes en fin de formation supérieure ont développé sur des thèmes divers des ouvrages éphémères délirants et poétiques, comme le retrace le site dédié des Défis du Bois.

 

Les sponsors naturels de la manifestation étant des scieurs de résineux locaux, le matériau de base était et reste la planche. Pile pour la 10e édition, en 2015, les organisateurs se sont lancés un nouveau défi, une formule dite 3.0. Les Défis ont conservé l’essentiel, la dimension pédagogique, la compétition bon enfant, le travail collectif, la créativité.

 

 

La texture particulière du pavillon Au bord de l’étang, Prix Séquences Bois et Prix de l’efficience poétique (sic !) ©Les Défis du Bois 3.0

 

Mais fini le gaspillage, désormais, les réalisations se veulent pérennes et elles ont un client. Ainsi, l’an dernier, l’Ecole Polytechnique a passé commande de 10 modules de répétition musicale pour son campus, et déboursé 100 000 euros.

 

Il s’agissait de modules au gabarit routier, isolés et étanches. Forcément, cette nouvelle approche a bridé un peu la créativité débordante qui s’exprimait plus facilement par le passé. Mais voilà, l’édition 2018 a réussi à renouer pleinement avec l’esprit des Défis, et à franchir un cap plein d’avenir.

 

 

Au bord de l’étang en version HEV ©Les Défis du Bois 3.0

 

Cabines de contemplation

 

Cette année, la commande venait des Jardins Botaniques de Nancy Métropole à Villers-les-Nancy, dès le mois de juin 2017. Son directeur a fait visiter le site, et c'est à partir de ses souhaits que Franck Besançon et l'équipe d'enseignants a conçu le sujet de l’épreuve 2018 qui vient de s’achever.

 

Lignea Camera (cabine de contemplation démontable), ce sont dix microarchitectures de 12 m2 maximum (hauteur maximale 3,80 m), destinées à essaimer au sein des jardins un peu comme les Folies du parc de La Villette de Tschumi, avec le bois comme signe distinctif.

 

 

Les Défis, c’est un peu les 24h du Mans© Les Défis du Bois 3.0

 

10 équipes constituées par tirage au sort

 

Comme chaque année, les dix équipes ont été constituées par tirage au sort parmi les étudiants en Master ABC, une formation prodiguée à parts égales par l’Ensa et l’Enstib, qui réunit à la fois des architectes et des ingénieurs formés par différentes écoles françaises.

 

S’ajoutent des étudiants du Québec, de Mons en Belgique et de Sarrebruck dans la Sarre (un étudiant étranger par équipe). Depuis 2015, un compagnon du Devoir vient épauler chaque groupe.

 

Une implication lourde, sachant que les projets s’élaborent dès le mois de janvier à distance, avant la phase de réalisation qui s’étend sur huit jours pleins. L’osmose entre les étudiants et les compagnons a fonctionné, au point que Franck Besançon explicite le 3.0 des nouveaux Défis par cette nouvelle dimension, l’apport des compagnons au tandem initial des ingénieurs bois et des architectes sensibilisés au bois.

 

 

C’est fou tout ce qu’on peut faire avec un planche de résineux des Vosges ©Les Défis du Bois 3.0

 

Une créativité débridée

 

L’édition 2018 a été marquée par plusieurs évolutions. Premièrement, l’arrivée d’une table tactile qui facilite le travail pédagogique collectif. Franck Besançon confirme qu’il est  « difficile de travailler à plusieurs sur plan ou sur écran. La table tactile est un outil d’avenir et permet de visualiser les détails constructifs ».

 

Ensuite, les Défis 3.0 se sont débridés en quittant le gabarit routier et l’approche modulaire 3D au profit de la préfabrication re-montable, avec des éléments manuportables d’un poids limité à 100 kg (80 kg en hauteur).

 

Enfin, grâce à l’entrée en lice d’un partenaire industriel (le chocolatier Valrhona), et le recentrage des opérations sur le campus de l’Enstib, les Défis deviennent un événement grand public.

 

 

Le pavillon de l’Eau Reine, Grand Prix des Défis, Prix de l’élégance, Prix des étudiants… et prix du jeu de mots ©Les Défis du Bois 3.0

 

La Wood Valley, creuset d’innovation

 

Les Défis sont en train de doter la Wood Valley d’Epinal d’un outil qui vaut bien le vénérable salon grand public Habitat et Bois, le Forum International Bois Construction, ou le cluster incertain du site industriel de Golbey.

 

Fondamentalement, cette épreuve reste un outil d’évaluation pédagogique, comme le souligne Franck Besançon. C’est aussi depuis des années déjà un vecteur de promotion de l’Enstib et de l’Ensa, de la filière bois du Grand-Est.

 

A présent, les Défis deviennent le creuset international pour la recherche en microarchitecture. D’ailleurs, le conteneur d’habitation verticale qui avait tant frappé lors de l’édition de 2015 a trouvé corps plus récemment à Almere aux Pays-Bas, tandis que les « tiny homes » sont un phénomène de société américain fortement relayé par les médias. La micro-architecture, notamment en bois, est en train de prendre son envol et son lieu de décollage architectural se trouve en France, à Epinal.

 

 

Une petite expérience pédagogique qui ne cesse de grandir ©Les Défis du Bois 3.0

 


Source : batirama.com / Jonas Tophoven

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