Soupçons de fraude fiscale : le groupe Altrad visé par une enquête du PNF

Le Parquet national financier enquête sur le groupe Altrad pour des soupçons de fraude fiscale aggravée et de blanchiment en bande organisée. Plusieurs perquisitions ont été menées, notamment au siège du groupe.

Le Parquet national financier (PNF) a ouvert une enquête pour fraude fiscale aggravée et blanchiment de fraude fiscale aggravée en bande organisée visant le géant français des services à l'industrie et au BTP, le groupe Altrad. Cette procédure, déclenchée à la suite d'une plainte de l'administration fiscale déposée à la mi-avril, s'est traduite par plusieurs perquisitions réalisées dans différents sites du groupe en France.

 

 

Une enquête ouverte après une plainte de l'administration fiscale

Les investigations ont donné lieu à une vaste opération menée par les enquêteurs dans plusieurs implantations françaises du groupe, dont son siège social basé à Montpellier. Selon le PNF, les perquisitions ont mobilisé "une cinquantaine d'enquêteurs". Le parquet a également précisé que "des auditions sont intervenues pour les personnes physiques sous le régime de l'audition libre. Il n'y a donc pas eu de garde à vue".

 

Le siège social du groupe Altrad, à Montpellier. © Gillet Architecte

 

Selon une source interne au groupe ayant requis l'anonymat, les soupçons porteraient sur un système de fraude fiscale représentant "entre 23 et 86 millions d'euros par an sur la période 2018-2024, soit un montant total compris entre 350 et 400 millions d'euros". Toujours selon cette source,  le montage aurait consisté à sortir ces sommes de la marge du groupe, en jouant sur les nombreuses filiales à l'international via un hub basé à Dubaï, des éléments qui n'ont toutefois pas été confirmés à ce stade par le Parquet national financier.

 

 

Le groupe évoque un ancien contentieux fiscal

Du côté d'Altrad, l'existence des perquisitions a été confirmée par son avocat, Me Christophe Ingrain. Celui-ci a indiqué que le groupe "a fait l'objet d'une perquisition" dans le cadre d'un dossier qu'il présente comme "lié à un contentieux ancien avec l'administration fiscale".

L'avocat a également souligné que l'opération « s'est déroulée sereinement dans un esprit de coopération », précisant que l'entreprise « ne fera pas de commentaire supplémentaire ».

Fondé par Mohed Altrad, le groupe est aujourd'hui l'un des principaux acteurs mondiaux des services industriels, de la maintenance et des prestations destinées aux secteurs du BTP, de l'énergie et des infrastructures. En 2025, il a réalisé un chiffre d'affaires d'environ 6 milliards d'euros et emploie près de 65 000 salariés à travers le monde.

 

Cette nouvelle procédure intervient dans un contexte déjà délicat pour son dirigeant. En effet, en décembre 2022, Mohed Altrad avait été reconnu coupable par le tribunal correctionnel de Paris d'avoir conclu un pacte de corruption avec Bernard Laporte, ancien président de la Fédération française de rugby. L'homme d'affaires avait alors été condamné à dix-huit mois de prison avec sursis ainsi qu'à une amende de 50 000 euros. Bernard Laporte et lui doivent être rejugés en appel en septembre prochain. © Ecomnews

 

 

Parallèlement à ses activités industrielles, Mohed Altrad est également président du Montpellier Hérault Rugby (MHR), qui disputera ce samedi la finale du Top 14 face au Stade Toulousain. © MHR



Source : batirama.com / AFP / Laure Pophillat / © Gillet Architecte

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