La haute ingénierie explore le bois

Au sein de SETEC TPI à Paris, l’équipe d’ingénieurs qui travaille désormais sur les projets incorporant le bois structurel s’est présentée dans le cadre de la première édition des conférences SETEC WOOD DAY.

Leader est depuis plus de cinquante ans le partenaire des projets les plus complexes et prestigieux, à l’image du viaduc de Millau. Au moment de sa création il y a dix ans, l’association AdivBois s’est tournée vers SETEC pour disposer de maquettes virtuelles montrant trois types de possibilités pour construire en bois en hauteur. Logiquement, SETEC est devenu l’interlocuteur de l’agence Viguier lorsqu’il s’est agi de bâtir à Bordeaux la tour d’habitation Hypérion, record de hauteur avec une proportion décisive de bois structurel. Parallèlement, dans la division des travaux publics, SETEC a étudié des solutions de passerelles mixtes, notamment avec sa spécialiste Valentina Bruno-Huré, qui a modéré la journée SETEC WOOD DAY au siège parisien, le 2 juin dernier.

 

Projet de tour – en cours – de l'agence WOA pour REI Habitat avec SETEC TPI à Lyon. © SETEC

 

 

SETEC WOOD DAY le 2 juin 2026 à Paris. © SETEC TPI

 

 

L’ingénierie bois française se structure

Le département dédié au bois n’a été créé qu’après la réussite d’Hypérion, à partir du recrutement de l’ingénieur dédié Didier Sauvage, précédemment partenaire de l’agence Graam et responsable d’Irabois au sein de l’Union des Métiers du Bois de la FFB. C’était l’époque où plusieurs ingénieurs spécifiquement sortis de la filière bois ont intégré des structures jusque-là réservées à l’ingénierie générale. Avec Woodeum, Wewood, Elioth (Egis), Terrell et Setec, sans oublier les IBC, il existe maintenant en France un noyau de haute ingénierie bois épaulé par des ingénieurs bois. 

 

Village des Athlètes, lot E, Bâtiment E3 avec le dernier étage réservé en principe au basket, mais ce magnifique ensemble, le plus haut en bois et peut-être aussi le plus beau, n'a toujours pas trouvé de locataire et l'idée d'ouvrir le terrain au public est restée en plan. © SETEC

 

 

L’équipe bois de SETEC

SETEC WOOD DAY a été imaginé cette première fois comme une sorte de prolongation du Forum International Bois Construction (Atelier parallèle A5, Haut projets bois). L’événement capitalise sur la compétence de l’équipe dédiée, l’auditorium du siège en plein Paris à deux pas de la gare de Lyon, et une vision du marché international qui lui permet d’inviter des conférenciers comme Sébastien Bildau intervenant au sujet d’une rénovation et surélévation de tour au Cap en Afrique du Sud, et Hiriko Nakatani de Renzo Piano Building Workshop pour la réalisation en cours d’une tour de 100 m à Tokyo.

En parallèle, l’équipe dirigée par François Lebrun fait le point sur les projets marquants en cours en France, comme deux opérations de belle hauteur à Lyon avec REI Habitat (Audrey Zonco / Jordi Cornudella). Sans oublier de faire appel à Sylvain Desanghère pour synthétiser la situation provoquée par l’arrêté du 19 février relatif à la protection incendie des ERP biosourcés.

 

Cresta Grande Hotel, au Cap, une proposition de rénovation-surélévation de Sébastien Bildau. © Sebastian Bildau

 

 

Le Cap touristique

Sébastien Bildau, habitué des Forums construction bois d’Innsbruck et produit typique de la haute ingénierie germanique du bois, fascine par ses projets calculés, mais à la limite de la science-fiction, créant une architecture insolite où la structure bois est poussée dans ses retranchements. Dans le cas du Cresta Grande Hotel, au Cap, la rénovation et la surélévation d’une tour sans intérêt majeur en fait un objet architectural et technique qui, si les financements sont accordés, le transforme en must du Forum d’Innsbruck et des circuits de découverte du Cap. Plus encore, loger dans cette tour fortement végétalisée deviendra le clou d’un séjour touristique et opérera un peu comme la fondation Guggenheim à Bilbao. Mais peut-être qu’entre temps, Sébastien Bildau ira déjà au bout de ses idées à Francfort, la ville allemande des gratte-ciel, ou l’ingénieur projette une tour tout en bois.

 

Marunouchi Tokio Marine, image de synthèse, chantier en cours. © RPBW

 

 

Tour impériale

En ce qui concerne RPBW (Renzo Piano), depuis le Centre culturel Jean-Marie Tjibaou en Nouvelle-Calédonie avec Mathis il y a 30 ans – un projet qui n’a pas pris une ride – l’attention de l’agence s’est plutôt portée sur le développement d’autres matériaux et systèmes. Retour en force à Tokyo vers le bois structurel avec le projet d’une tour de 100 m reposant sur 42 piliers composés chacun de quatre colonnes de BLC formant des éléments d’environ 2 mètres de section, liaisonnés de façon subtile par une combinaison d’acier (tendeurs) et de béton (cerclage).

En cours de construction, la tour Marunouchi Tokio Marine, en plein cœur de Tokyo et face au Palais Impérial, joue la modestie et l’élégance dans un environnement de tours parfois deux fois plus hautes malgré les risques sismiques. Elle contribue à redévelopper la filière japonaise de bois local en mélèze. Dans quelques semaines, la pose des poteaux en bois commencera à prolonger un socle en acier, sachant que l’acier viendra également ceinturer les derniers étages du siège de cette importante compagnie d’assurance nippone. Après une année noire marquée par l’embrasement de plusieurs temples millénaires, le Japon, avec RPBW, tente de renouer avec son illustre passé de constructeur bois.  

   


Source : batirama.com / Jonas Tophoven / © RPBW

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