Après dix-sept mois de travaux, la gare d’Angoulême dévoile une halle voyageurs entièrement rénovée, associant préservation du patrimoine ferroviaire et production d’énergie renouvelable.
Avec sa verrière entièrement restaurée et équipée de panneaux photovoltaïques translucides, la gare d’Angoulême prorpose une réalisation inédite, qui conjugue préservation architecturale et production d’énergie renouvelable et illustre la volonté de la SNCF d’adapter ses infrastructures historiques aux défis environnementaux contemporains.
Une rénovation d’envergure pour un monument ferroviaire
La gare d’Angoulême vient d’achever l’un des plus importants chantiers de rénovation menés ces dernières années sur une infrastructure ferroviaire historique. Inaugurée le 28 mai en présence de Jean Castex, président-directeur général du groupe SNCF, d’Alain Resplandy-Bernard, directeur général de SNCF Gares & Connexions, et de Xavier Bonnefont, maire d’Angoulême et président du Grand Angoulême, la nouvelle grande halle voyageurs constitue désormais une référence à l’échelle nationale.
L’opération, qui représente un investissement de 17,4 millions d’euros hors taxes, a nécessité dix-sept mois de travaux et la reprise complète de plus de 3 000 m. Construite en 1886 par la Compagnie du chemin de fer Paris-Orléans, cette vaste structure métallique de 119 mètres de long, 26 mètres de large et 11 mètres de hauteur avait progressivement subi les effets du temps. Les matériaux installés lors de précédentes rénovations, notamment les plaques de polycarbonate mises en œuvre dans les années 1980, présentaient des signes avancés de vieillissement et ne répondaient plus aux exigences actuelles de confort comme de performance.
La restauration a été menée avec une attention particulière portée au respect de l’architecture originelle de l’ouvrage car l’objectif consistait autant à redonner son identité historique à la halle qu’à préparer son adaptation aux usages contemporains. Le projet a donc été mené en collaboration avec l’architecte des Bâtiments de France.
Xavier Bonnefont, maire d’Angoulême et président de l’Agglomération du Grand-Angoulême, Jean Castex, président-directeur général du groupe SNCF, et Alain Resplandy-Bernard, le directeur général de SNCF Gares & Connexions lors de l'inauguration. © SNCF Gares & Connexions
Une centrale solaire intégrée au cœur de la verrière
La singularité du projet réside dans l’intégration de panneaux photovoltaïques translucides directement au sein de la couverture. Au total, 840 modules – fabriqués par l’entreprise strasbourgeoise Voltec Solar – ont été installés sur près de 1 900 m2 de surface, faisant de la gare charentaise la première gare française à disposer d’une verrière solaire de cette ampleur. Produisant environ 300 000 kWh par an, l’installation développe une puissance totale de 327,6 kW. Cette production permet de couvrir près de 40 % des besoins électriques du bâtiment voyageurs, soit l’équivalent de la consommation annuelle d’environ soixante-quinze logements.
Pour parvenir à ce résultat, les équipes techniques ont dû relever plusieurs défis. La charpente historique a été partiellement conservée, tandis que certains éléments structurels ont été renforcés ou remplacés afin de supporter les nouvelles charges induites par les équipements photovoltaïques. Des dispositifs spécifiques ont également été intégrés afin de faciliter les futures opérations de maintenance.
Les travaux, qui se sont déroulés entre octobre 2024 et mai 2026, ont été menés par :
– le groupement Baudin Chateauneuf – mandataire ;
– Le Ny – bois et couverture ;
– Altrad – échafaudages ;
– Et Lassarat – peinture et décapage).
L’ensemble a été conçu de manière à préserver la luminosité naturelle sous la halle. Des panneaux transparents complètent ainsi le dispositif solaire, garantissant un équilibre entre production énergétique, confort visuel et qualité architecturale. © SNCF Gares & Connexions
Patrimoine, confort thermique et transition écologique
La rénovation a également permis de restituer les lanterneaux qui caractérisaient la halle lors de sa construction. Autrefois utilisés pour évacuer les fumées des locomotives à vapeur, ces éléments architecturaux retrouvent aujourd’hui une fonction essentielle en assurant une ventilation naturelle efficace du bâtiment. Cette combinaison entre ventilation passive et protection solaire améliore sensiblement les conditions de confort sous la verrière puisque les premiers retours font apparaître une diminution notable des températures – une baisse de la température de 2 à 4 degrés a été enregistrée – lors des épisodes de forte chaleur, grâce à l’ombrage généré par les panneaux photovoltaïques.
Au-delà de ses performances techniques, le projet constitue un symbole de l’évolution des infrastructures ferroviaires. Longtemps considérées uniquement comme des lieux de transit, les gares deviennent progressivement des équipements capables de participer à la production d’énergie et à la décarbonation des territoires. "Malgré la complexité du sujet, le projet démontre les possibilités d’adapter un ouvrage du XIXe siècle aux enjeux contemporains et de concilier préservation du patrimoine et production d’énergie renouvelable", souligne SNCF Gares & Connexions.
Source : batirama.com / Laure Pophillat / © SNCF Gares & Connexions