Basilique Saint-Remi, à Reims : des travaux en urgence avant le chantier du siècle

Fermée fin avril en raison du glissement de sa toiture, la basilique Saint-Remi de Reims, édifice vieux de 800 ans classé au patrimoine mondial de l'Unesco, doit rouvrir ses portes mi-juin après des travaux d'urgence.

Fermée en partie depuis plusieurs semaines après un inquiétant glissement de toiture, la basilique Saint-Remi de Reims va faire l’objet de travaux d’urgence. Derrière cette opération spectaculaire se profile un immense chantier de restauration estimé à plus de 60 millions d’euros, appelé à durer près d’une décennie.

 

Édifiée au XIe siècle, la basilique Saint-Remi a été conçue pour accueillir la sainte ampoule ainsi que les reliques de saint Remi, l’évêque qui baptisa Clovis, roi des Francs, faisant du lieu un symbole majeur de l’histoire de France. Elle a été classée au patrimoine mondial de l'Unesco en 1991. ©  Rosine Mazin / AURIMAGES / AFP

 

 

Une intervention d’urgence pour sauver la toiture

La Ville de Reims et la DRAC ont trouvé un accord pour lancer rapidement des travaux de sécurisation sur cet édifice emblématique du patrimoine français. Une entreprise spécialisée de cordistes doit intervenir sur la toiture afin de stabiliser certaines parties fragilisées du monument. En effet, les services de la collectivité avaient observé un déplacement de la toiture au niveau de la partie centrale de la nef de la basilique. Ladite déformation serait liée à la rupture de plusieurs attaches assurant le maintien d’une partie de la couverture du monument. La situation fait craindre des chutes d’éléments de toiture, aussi bien à l’intérieur de la nef qu’au niveau des arcs-boutants de la basilique et du cloître du musée Saint-Remi. Face aux risques de sécurité, la municipalité avait décidé le 30 avril 2026 de fermer l’accès à la nef.

 

Seul le chœur demeure actuellement accessible afin de permettre la poursuite des offices religieux et l’accueil limité des visiteurs. Plusieurs événements culturels et spectacles ont toutefois dû être annulés, notamment Luminiscence, le concept son et lumière imaginé par la société Lotchi. © Marie Blanchardon / Le Parisien 

 

Pour Arnaud Robinet, le maire de Reims et président du Grand Reims, "plus qu’un avertissement, le diagnostic bâtimentaire de la Basilique Saint-Rémi représente une injonction à agir dès à présent pour protéger l’un des plus grands symboles de la Cités des Sacres et de l’histoire de notre pays. Comme je l’ai proposé il y a quelques semaines, la Ville prendra ses responsabilités, financières et matérielles. Mais face à l’ampleur de ce défi, qui peut s’apparenter au chantier du siècle, notre collectivité ne peut et ne pourra agir seule". Face à l'urgence de la situation, le maire en appelle "à la construction d’un engagement financier exceptionnel et pluriannuel de la part de l’État, condition sine qua non à la préservation sur le long terme de la Basilique Saint-Remi".

Les travaux d’urgence devaient se poursuivre jusqu’au 12 juin et, si le calendrier est respecté, la basilique pourrait rouvrir au public dès le week-end des 13 et 14 juin. Le coût de cette première phase de sécurisation, évalué à plusieurs centaines de milliers d’euros, sera entièrement pris en charge par la Ville de Reims, propriétaire du monument historique.

 

 

Un monument chargé d’histoire au cœur d’un projet colossal

Mais cette intervention n’est qu’un prélude à un projet bien plus vaste. En parallèle, l’État et la collectivité mènent actuellement une étude scientifique destinée à préparer la restauration complète de la basilique millénaire.

Le futur chantier doit concerner la toiture, une partie des façades ainsi que les vitraux du XIIIe siècle. Selon les premières estimations, les travaux pourraient débuter d’ici trois ans pour une durée avoisinant les dix ans.

Le montant total de l’opération dépasse déjà les 60 millions d’euros et pourrait encore être réévalué. "On parle du chantier du siècle", a insisté Arnaud Robinet sur le parvis de la basilique. Le financement du projet s’annonce donc désormais comme l’un des grands défis des prochaines années. Le maire de Reims plaide pour une réactualisation du budget afin de mieux mesurer l’ampleur des besoins. L’objectif est désormais de répartir l’effort entre l’État, la Ville de Reims et un important programme de mécénat à l’échelle nationale.

 


Source : batirama.com / AFP / Laure Pophillat / © Ville de Reims

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