Emmanuel Macron réunit à l'Élysée "l'Équipe de France de l'électricité", un aréopage d'acteurs et d'entreprises qui présenteront des solutions pour accompagner et faciliter l'électrification de la France.
On le sait, l’exécutif veut accélérer la bascule électrique de l’économie française. Emmanuel Macron réunit donc aujourd'hui à l’Élysée "l’équipe de France de l’électricité", composée d'entreprises de différents secteurs – énergie, distribution, BTP, etc. – mais aussi les gestionnaires des réseaux de transport et de distribution d'électricité RTE et Enedis, et des fédérations comme la Fédération des industries électriques, électroniques et de communication (FIEEC), et chargée de faire entrer l’électrification dans une nouvelle phase concrète. Deux "pactes d’entreprises" doivent être signés à cette occasion.
Dansle même temps, les entreprises qui installent les équipements énergétiques dans les bâtiments, électrifient les usines ou raccordent les centrales au réseau se sont engagées à embaucher " pour mener à bien le plan d'électrification que doit présenter le gouvernement.
L’électrification du pays, un programme sur trente ans
Pour l’exécutif, l’enjeu dépasse largement la seule transition écologique. L’objectif est aussi de renforcer l’indépendance énergétique du pays et d’installer durablement l’électricité au cœur de l’économie française. "Il y a de la place pour augmenter massivement la consommation d’électricité, être indépendant d’un point de vue énergétique", explique l’Élysée. Le gouvernement souhaite désormais passer "des trajectoires au concret" en mettant en avant des solutions immédiatement accessibles pour les particuliers comme pour les entreprises.
Pour les ménages, les acteurs du secteur doivent notamment présenter des dispositifs permettant de faciliter le passage au véhicule électrique ou l’électrification du chauffage. Pour les industriels, il s’agit d’accompagner la décarbonation des flottes de véhicules, des poids lourds ou encore des outils de production.
L’exécutif cite notamment l’initiative récemment dévoilée par EDF : un plan de 240 millions d’euros destiné à accélérer le passage à l’électrique des ménages modestes, des petites entreprises et à soutenir l’installation d’activités très consommatrices d’électricité, notamment les data centers. © Magnific
Électricien ? Un métier d'avenir !
Derrière cette ambition, le gouvernement et les industriels savent qu’un immense chantier humain et technique s’ouvre. "L’électrification du pays est un programme sur trente ans", résume Michel Gioria, le directeur général du Serce, le syndicat professionnel qui regroupe 260 entreprises et près de 140 000 salariés, allant de mastodontes comme Equans (Bouygues) à Vinci Energie, en passant par Eiffage Energies, Spie ou des PME et TPE chargées d'intégrer les équipements électriques dans les bâtiments, les infrastructures ou les transports.
Et les besoins vont exploser dès l’an prochain. "À partir de 2026, nous allons embaucher des électriciens sur l’intégralité du territoire français", annonce Michel Gioria. Les recrutements doivent se faire en lien avec les lycées professionnels et les filières de baccalauréat professionnel spécialisées dans l’électricité. Les entreprises du secteur ont déjà fourni des équipements techniques à environ 150 lycées professionnels afin de renforcer la formation pratique des élèves. L’objectif est d’attirer davantage de jeunes vers les métiers liés à la haute tension, aux réseaux électriques et aux installations de forte puissance.
On parle beaucoup des métiers que l'IA devraient faire disparaître, mais en voilà un qu’elle peinera encore longtemps à remplacer : électricien – tout comme plombier, entre autres. Le secteur recrute massivement partout en France, et ce n'est pas prêt de s'arrêter. © Magnific
Ports, agriculture, data centers : l’électricité va s’imposer partout
La transformation envisagée touche désormais tous les pans de l’économie. Les infrastructures portuaires doivent être équipées de bornes électriques capables d’alimenter les navires à quai dans des villes comme Marseille, Saint-Nazaire, Le Havre ou La Rochelle.
Le réseau devra également absorber le raccordement de serres agricoles en Bretagne, de nouveaux sites industriels ou encore de data centers en Île-de-France et en Provence-Alpes-Côte d’Azur, dont les besoins énergétiques explosent avec le développement de l’intelligence artificielle et du numérique.
Le gouvernement affiche un objectif clair : faire passer la part de l’électricité dans la consommation finale d’énergie de 27 % en 2024 à 34 % en 2030, puis à 38 % en 2035.
Pour les industriels du secteur, le mouvement ne fait que commencer. "C’est un voyage de transformation profond qui va durer 25 ou 30 ans", insiste Michel Gioria.
Source : batirama.com / AFP / Laure Pophillat / © Magnific