Le nouveau président du Louvre, Christophe Leribault, arrivé dans le sillage du spectaculaire vol survenu en octobre dans ce musée, a confirmé le vaste plan de rénovation de l'établissement.
Ébranlé par le spectaculaire cambriolage d’octobre dernier et fragilisé par des critiques sur l’état de ses infrastructures, le Louvre refuse pourtant de ralentir sa transformation. À peine installé à la tête du plus grand musée du monde, Christophe Leribault confirme la poursuite du projet "Louvre Nouvelle Renaissance", un programme colossal destiné à :
– moderniser le palais ;
– Fluidifier l’accueil des visiteurs ;
– Et, enfin, repenser l’exposition de la Joconde.
Un chantier monumental, aussi stratégique que controversé, dont le coût dépasse désormais le milliard d’euros.
Un projet jugé "indispensable"
Pour Christophe Leribault, il n’y a plus d’alternative : le Louvre doit se réinventer en profondeur. Dans un entretien accordé au journal Le Monde, le nouveau président du musée défend avec fermeté le vaste plan de rénovation engagé avant le cambriolage du 19 octobre 2025.
Selon lui, l’actuelle organisation du musée a atteint ses limites. L’afflux massif de visiteurs – près de 9 millions chaque année – rend la situation intenable autour de la Pyramide, devenue un point de saturation permanent. Le projet prévoit donc une refonte majeure des infrastructures, avec notamment la rénovation des bâtiments historiques, des installations techniques et des couvertures situées dans le périmètre de la Cour carrée.
"Le coût est incompressible", a ajouté celui qui a succédé le 25 février à Laurence Des Cars, ici en photo, mise en difficulté par une série de rapports ayant pointé l'obsolescence des dispositifs de sûreté dans le plus grand musée du monde. © Alexandra Lebon
Autre axe central du projet : la création d’un espace dédié à la Joconde afin de mieux gérer les flux autour du chef-d’œuvre de Léonard de Vinci, devenu à lui seul un phénomène touristique mondial. © Martin Bureau / AFP
Afin de boucler le financement, Christophe Leribault indique également être à la recherche de 330 millions d’euros supplémentaires auprès des mécènes.
Sécurité renforcée après le cambriolage des joyaux de la Couronne
Le cambriolage d’octobre a profondément secoué l’institution. Le vol des joyaux de la Couronne de France dans la galerie Apollon a mis en lumière les failles d’un système de sûreté déjà critiqué dans plusieurs rapports récents. Le nouveau président assure néanmoins que des mesures immédiates ont été prises : les grilles d’accès au domaine ont été restaurées et un poste mobile de police a été installé à proximité de la Pyramide afin de renforcer la surveillance du site.
La galerie Apollon, théâtre du vol, doit rouvrir au public au cours du mois de juillet, mais dans une configuration totalement repensée : la grande vitrine centrale disparaîtra pour retrouver l’esprit originel du XVIIe siècle, celui d’une galerie d’apparat ouverte et spectaculaire. Les objets précieux qui y étaient présentés seront désormais déplacés dans l’aile Richelieu. Quant aux joyaux non dérobés – dont la couronne de l’impératrice Eugénie, retrouvée endommagée – ils resteront protégés dans un espace sécurisé en attendant une nouvelle installation adaptée.
Cette transformation du musée s’accompagne aussi d’un changement stratégique sur le plan financier. Suivant une recommandation de la Cour des comptes, la part des recettes de billetterie consacrée à l’acquisition d’œuvres va être réduite. Jusqu’ici fixée à 20 %, elle passera désormais à 12 %, signe que la priorité est désormais donnée à la modernisation comme à la sécurisation du site plutôt qu’à l’enrichissement des collections.
Source : batirama.com / AFP / Laure Pophillat / © Vidéo YouTube / Musée du Louvre