Si la GTB et les systèmes BACS (Building Automation and Control Systems) tirent leur épingle du jeu, portés par les systèmes CVC, la régulation terminale des émetteurs est à la peine.
Le 2 avril 2026, l’ACR – syndicat des Automatismes, du génie Climatique et de la Régulation – a présenté les résultats des ventes de régulation et de GTB en France en 2025. L’ACR, élargie à l’Alliance BACS, rassemble dix industriels, soit plus de 80 % des fabricants de matériels de régulation et de systèmes de GTB : Belimo, Comap, Danfoss, Distech Controls, resideo (ex-Honeywell), IMI Hydronic Engineering, Kieback&Peter, Siemens, Somfy et Watts Electronics. L’Alliance BACS ajoute acsion énergie, Airzone, AQlva Systems, apave, Bureau Vezritas, cameo energy, C4E, CarbOn, Cram l’efficacité énergétique, hellio, écométhodes, IMI, Parasitis, Rexel, Sièds Fédérateur d’énergies, Sensinov, Sobren.
Il manque plusieurs gros acteurs dans ces deux organisations, dont ABB, Legrand et Schneider Electric. Mais l’ACR estime que ses chiffres sont fiables et représentent le marché français.
Yann Plévin, président de l’ACR, vice-président de KNX France et, dans le civil, Responsable Normalisation et Réglementation chez Siemens, a présenté les résultats 2025 du marché français de la GTB et de la régulation. © ACR
Le marché de la GTB. © ACR
La GTB progresse de 5 %
Trois textes réglementaires, relativement clairs, les deux versions du décret BACS et le Décret éco-Energie Tertiaire imposent un calendrier d’équipement de solutions de pilotage et tirent le marché. Selon l’ACR, cependant, "les investissements se concentrent sur la régulation des systèmes CVC (Chauffage, Ventilation, Climatisation), avec une attention particulière sur l’équilibrage hydraulique des installations". L’essentiel de l’activité sur le marché de la GTB, ajoute l’ACR, est tiré par des opérations de mise en conformité réglementaire avec une priorité donnée au CVC qui consiste à mettre à jour des installations existantes par des solutions neuves standards.
L’ACR rappelle aussi qu’il est primordial de mettre en œuvre des BACS avec les protocoles standardisés ouverts, comme BACnet, KNX, etc., pour respecter l’exigence d’interopérabilité qui figure dans le décret BACS et pour faciliter une mise à niveau progressive des installations vers des systèmes de GTB de classes A ou B en maîtrisant les coûts.
Les unités de traitement multi-disciplines (- 70 %), qui permettent d’adresser l’éclairage et les stores en complément du CVC, baissent fortement. © PP
Le marché du service autour de la GTB renoue avec la croissance à 5,8 % en 2025, pour s’établir à 67,4 millions d’euros. Ce que l’ACR appelle "services" sont l’assistance technique, la formation, la fourniture de matériels de rechange, le dépannage, ou encore les contrats de maintenance. © ACR
La demande portant principalement sur en 2025 une mise à jour des installations existantes, les clients se tournent naturellement vers les fabricants BACS pour la mise à niveau des installations existantes. Et, souligne fortement l’ACR, les opérations de commissioning et de maintenance préventive doivent contribuer à réduire l’écart qui peut exister entre la conception, l’installation et l’exploitation des "systèmes de GTB et régulation" performants.
Pour l’avenir, indique encore l’ACR, l’enjeu technologique sera l’intégration des exigences de cybersécurité dans le bâtiment, dont les BACS constituent un maillon central. Les industriels ont bien anticipé ces nouvelles contraintes à venir et proposent d’ores et déjà des équipements mettant en œuvre les standards de cybersécurité comme BACnet/SC et KNX Secure. À l’horizon 2030, une fois les bâtiments équipés de BACS correspondant à l’exigence réglementaire qui deviendra une sorte de minimum de fait, "le marché pourra se porter sur le déploiement des instruments de mesure de la consommation énergétique réelle" espère l’ACR.
La régulation progresse de 1,9 %
Selon l’ACR, la boucle à eau chaude résiste mieux à la chute du neuf avec 2,9 % de croissance en 2025. Les dispositifs de régulation de la distribution, qui permettent d’améliorer les fonctions d’équilibrage hydraulique, progressent particulièrement. Les échéances du Décret "Régulation" (Décret n° 2023-444 du 7 juin 2023), dit aussi décret thermostat, et son complément l’arrêté du 8 juin 2023, ont été repoussées à 2030, le niveau d’exigence est connu. Cela concerne le logement collectif et le tertiaire, le chauffage et le rafraîchissement et demande que :
– le système de régulation locale d’une installation de chauffage régule automatiquement, selon un pas minimum horaire, la température de chauffage par pièce ou, si cela est justifié, par zone de chauffage ;
– Le système permette la commande manuelle et la programmation de la température intérieure de consigne selon, au moins, les quatre allures suivantes : "confort", "réduit", avec une commutation automatique entre ces deux allures, "hors gel", "arrêt" ;
– Le système permette une commutation automatique ou manuelle entre l’ensemble de ces allures ;
– Enfin, les systèmes de chauffage central à eau sont équipés d’un régulateur relevant de l’une des classes IV, V, VI, VII ou VIII, telles que définies au paragraphe 6.1 de la communication de la Commission 2014/ C 207/02 dans le cadre du Règlement (UE) 813/2013 de la Commission Européenne.
Nous avions compris, et de nombreux fabricants avec nous, que les simples robinets thermostatiques ne convenaient plus. L’ACR n’en est pas sûre et demande une clarification réglementaire sur ce point. D’autant plus que les robinets thermostatiques sont encore majoritaires dans les ventes de régulation terminale du chauffage et baissent moins (- 3,4 %) que les solutions communicantes (- 7,7 %), autrement dit les robinets motorisés et connectés par un protocole ouvert à un thermostat centralisé. © PP
L’ACR estime que ces solutions communicantes permettant de faire de la programmation horaire dans chaque pièce, dépassent l’exigence réglementaire. Elles sont toujours couvertes par une opération standardisée donnant droit à des CEE selon la fiche BAR-TH-173. Les thermostats d’ambiance programmable (+ 3,5 %) continuent à remplacer progressivement les modèles non-programmables.
Les solutions de régulation de la distribution énergétique, indique l’ACR, sont celles qui ont été le plus plébiscitées quelle que soit la taille et la nature des bâtiments concernés. Les solutions d’équilibrage dynamique sont plus que jamais reconnues comme indispensables pour atteindre les objectifs de performance et de confort. L’ACR constate donc une hausse de 5,7 % des vannes PICV ou vannes de régulation et d’équilibrage automatique indépendante de la pression, et un bon de 35 % des actionneurs de vannes motorisés en 0-10V.
Le marché de la régulation de la ventilation et climatisation se maintient à un niveau équivalent à 2024 (+ 0,8 %). Ici, les régulateurs pour terminaux CVC communicants connaissent des tendances variables selon les protocoles et baissent légèrement au total (- 0,4 %). Sans surprise, les protocoles propriétaires ont quasiment disparu désormais. © PP
Source : batirama.com / Pascal Poggi / © PP