À l’approche des municipales et de la présidentielle, la filière ascenseur appelle à intégrer pleinement ses enjeux dans les politiques publiques, entre rénovation, accessibilité et transition.
À l’issue de son assemblée générale 2026, tenue le 31 mars, la Fédération des Ascenseurs appelle à un changement d’échelle. Dans un contexte marqué par le renouvellement des équipes municipales et l’ouverture de la séquence politique menant à l’élection présidentielle de 2027, la profession entend replacer durablement la modernisation des ascenseurs au cœur des politiques publiques, entre logement, accessibilité et adaptation au vieillissement. Car, souvent relégué au simple rang d’équipement technique, l’ascenseur s’impose pourtant comme une infrastructure essentielle, tout autant maillon clé de la mobilité quotidienne, outil d’inclusion et levier concret du vivre-ensemble.
Pour rappel, la Fédération des Ascenseurs dont la création remonte à plus de 100 ans, représente l’ensemble de la profession : entreprises intégrées, exploitants maintenance, équipementiers ou prestataires de services et supports, y compris les professionnels des appareils élévateurs (depuis 2016).
Presque 170 entreprises aujourd’hui adhérentes de la Fédération représentent près de 90 % de l’activité économique du secteur et plus de 17 000 salariés.
Les trois chiffres clés de l'ascenseur : 2,83 milliards d’euros de chiffres d’affaires en 2025, 94 % des Français jugent prioritaire le remplacement des ascenseurs vétustes et 72 % des Français sont des usagers réguliers de l’ascenseur (Source : baromètre IPSOS 2026 "Les Français et l’ascenseur"). © Freepik
Un secteur solide, rattrapé par l’enjeu de la rénovation
Avec un chiffre d’affaires de 2,83 milliards d’euros en 2025 (+ 1,1 % sur un an) et un parc de 661 000 appareils en service, la filière ascenseur affiche une stabilité de façade. Une certaine dynamique, qui masque en réalité de fortes disparités. En effet, les ventes d’équipements neufs reculent nettement (- 9 %, à 10 100 unités), tombant à leur plus bas niveau depuis dix ans – un reflet direct du ralentissement de la construction neuve.
À rebours, le marché de la modernisation gagne du terrain. Il progresse de 8,5 % en 2025, à 255 millions d’euros, signe d’une prise de conscience progressive. Car le parc vieillit : 40 % des ascenseurs ont plus de 25 ans, et un quart dépasse les 40 ans. Autant d’équipements désormais confrontés aux exigences contemporaines, en matière de sécurité, de performance et d’accessibilité.
Les usages évoluent, eux aussi. Selon le baromètre Ipsos 2026 pour la Fédération des Ascenseurs, un Français sur deux sait que l’appareil qu’il utilise date d’avant 2000. Et la perception est claire : une large majorité juge nécessaire de rénover les installations les plus anciennes. Dans une société marquée par le vieillissement de la population et la densification urbaine, la modernisation du parc s’impose désormais comme une condition essentielle d’une mobilité à la fois universelle, inclusive et durable.
"94 % des Français considèrent le remplacement des ascenseurs vétustes comme une priorité dans le cadre de la rénovation des bâtiments et 80 % sont favorables à une provision obligatoire annuelle pour financer leur modernisation. Ces chiffres constituent un signal clair adressé aux pouvoirs publics et aux propriétaires" précise Florence Bigé, ici en photo, la présidente réélue de la Fédération des Ascenseurs. © Studio Géhin
Municipales 2026, présidentielle 2027 : l’ascenseur en quête de reconnaissance politique
À l’heure du renouvellement des équipes municipales et à l’approche de l’échéance présidentielle, la Fédération des Ascenseurs entend faire émerger le sujet dans le débat public : faire reconnaître pleinement le rôle stratégique de cet équipement et l’inscrire durablement dans les politiques du logement, de l’accessibilité et de la transition.
Car au-delà de sa fonction technique, l’ascenseur s’impose comme un levier opérationnel immédiat face aux grands défis contemporains : adaptation des logements au vieillissement, accessibilité universelle, rénovation des copropriétés, attractivité des territoires ou encore performance environnementale. Il conditionne concrètement le maintien à domicile des personnes âgées, l’autonomie des personnes à mobilité réduite et, plus largement, l’accès au logement pour tous.
Accélérer, moderniser, anticiper : une feuille de route opérationnelle
Face à ces enjeux, la filière avance une stratégie claire, articulée autour de priorités à la fois techniques, économiques et sociétales.
Accélérer la modernisation du parc
La Fédération plaide pour une intégration pleine et entière des ascenseurs dans les politiques de rénovation. Cela suppose de lever les freins, notamment financiers, et d’encourager une logique d’anticipation dans les copropriétés. Car le sous-investissement pénalise d’abord les publics les plus fragiles et freine l’adaptation du parc. Moderniser, ici, relève d’un impératif d’équité autant que de performance.
Renforcer la sécurité et anticiper les mutations
Autre priorité : accompagner les évolutions réglementaires tout en renforçant la fiabilité des équipements. La digitalisation du parc – maintenance prédictive, connectivité, intelligence artificielle – s’impose comme un levier structurant pour améliorer la disponibilité et la sécurité des installations.
Accompagner les transitions environnementales
La filière intensifie ses engagements en matière d’économie circulaire, de réemploi et d’efficacité énergétique. Un ascenseur modernisé peut générer jusqu’à 70 % d’économies d’énergie. Un potentiel significatif, qui inscrit pleinement le secteur dans la trajectoire de décarbonation du bâtiment.
Attirer les compétences et structurer l’avenir
Enfin, la question des ressources humaines devient centrale. Avec près de 1 000 recrutements annuels, la filière cherche à renforcer son attractivité : promotion des métiers, partenariats avec les filières de formation, reconversions, féminisation. Non délocalisable, le secteur constitue un vivier d’emplois qualifiés ancrés dans les territoires.
À travers cette feuille de route, la Fédération entend changer de statut : faire de l’ascenseur non plus un simple équipement, mais une véritable infrastructure du quotidien.
Source : batirama.com / Laure Pophillat / © André Meier