Crise de l’acier : Thyssenkrupp suspend sa production en France cet été

Face à la concurrence mondiale comme à la chute des commandes, Thyssenkrupp annonce la suspension estivale de son site d’Isbergues, fragilisant 1 200 emplois en France.

La filière européenne de l’acier traverse une tempête sans précédent. Confronté à une concurrence mondiale à bas coût et à une chute des commandes, le mastodonte allemand Thyssenkrupp annonce une nouvelle fermeture estivale de son site d’Isbergues (Pas-de-Calais), illustrant les tensions qui pèsent sur l’industrie comme ses salariés.

 


Une fermeture estivale face à la concurrence mondiale

De juin à septembre, le site d’Isbergues, spécialisé dans l’acier électrique à grains orientés – matériau stratégique pour les transformateurs des postes électriques et les éoliennes –, s’arrêtera temporairement. Cette décision fait suite à un premier arrêt au tournant de l’année, qui avait également touché le site allemand de Gelsenkirchen. Depuis janvier, l’usine française ne fonctionne déjà qu’à 50 % de sa capacité.

 

L’acier électrique à grains orientés est un matériau spécialisé, essentiel au fonctionnement des moteurs et des réseaux électriques, ainsi qu’au transfert de l’énergie produite par des installations aussi diverses que les centrales nucléaires, hydroélectriques, à gaz ou les parcs éoliens. Il est impossible de fabriquer des transformateurs ou des moteurs électriques sans cet acier, qui en améliore fortement l’efficacité. Dans un contexte de transition énergétique, la demande mondiale pour ces équipements est donc appelée à exploser. © Shutterstock

 

Angelo di Martino, le président du directoire de Thyssenkrupp Electrical Steel, pointe "l’afflux ruineux d’importations à bas coût" et des prix parfois "nettement inférieurs aux coûts de production européens" comme principale cause de cette suspension. Selon le groupe, cette mesure est indispensable pour stabiliser l’entreprise face à une sous-utilisation massive des capacités de production en Europe, conséquence d’une hausse fulgurante des importations depuis 2022.

 


Des emplois fragilisés et un appel à l’Europe

L’avenir des 1 200 salariés des sites d’Isbergues et de Gelsenkirchen demeure incertain. Thyssenkrupp assure mettre tout en œuvre pour préserver l’emploi, tout en appelant l’Union européenne à agir rapidement, via des mesures de sauvegarde efficaces encore inexistantes.

La Commission européenne a proposé fin 2025 un plan de sauvetage visant à doubler les droits de douane sur les importations d’acier, un texte qui doit encore être validé par le Conseil et le Parlement européen d’ici fin juin. Le sort des sites et des salariés dépendra largement de cette décision stratégique.

 


Source : batirama.com / AFP / Laure Pophillat / © INA FASSBENDER / AFP

 

 

 

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