Corse : deux entrepreneurs condamnés pour tentative d’extorsion à Palombaggia

Deux entrepreneurs corses ont été condamnés pour tentative d'extorsion sur un "ami de 30 ans" qui avait fait construire une luxueuse villa avec vue imprenable sur Palombaggia, considérée comme la plus belle plage corse.

Le tribunal correctionnel d’ a condamné deux hommes dans une affaire de tentative d’extorsion liée à un terrain situé sur la plage de . Au cœur du dossier, des pressions et menaces présumées ayant conduit un entrepreneur et sa famille à quitter précipitamment l’île de Beauté, avant le dépôt d’une plainte et l’ouverture d’une enquête judiciaire.

 

 

Une relation d’affaires qui bascule dans un climat de tensions

 

Des débuts prometteurs sur la Côte d’Azur avant l’implantation en Corse

L’affaire remonte au début des années 1990, lorsque Jean-Philippe Benichou, propriétaire d’une boulangerie industrielle sur la Côte d’Azur, noue des liens avec l’entrepreneur immobilier Alain Terrazzoni. Ce dernier est introduit en Corse, où il fait notamment la connaissance des frères Antoine et Paul-Noël Milanini, exploitants d’un restaurant sur la plage de Palombaggia.

 

 

Palombaggia est un lieu-dit situé sur la commune de Porto-Vecchio, entre les hameaux de Picovaggia et de Bocca dell’Oro. Ses plages de sable blanc, bordées de rochers aux teintes rouges et de pins parasols, font face aux îles Cerbicale et comptent parmi les plus remarquables de Corse. © portovecchio-tourisme.corsica

 

 

Un projet immobilier commun rapidement source de tensions

En 2016, Jean-Philippe Benichou s’associe avec les frères Milanini pour acquérir un terrain à Palombaggia, acheté 2 millions d’euros avec l’objectif de le diviser en six parcelles destinées à accueillir des villas. Il investit alors 800 000 euros dans la construction de sa propre maison et s’y installe la même année. Mais quelques mois plus tard, des tensions de voisinage émergent entre les parties, marquant un tournant dans leurs relations.

 

 

Menaces, pression et condamnations judiciaires

 

Un climat de terreur

En 2017, Alain Terrazzoni, en lien avec Jean-Jacques Pietri, informe Jean-Philippe Benichou de menaces supposées émanant d’individus liés à Antoine Milanini. Des enregistrements de conversations téléphoniques, réalisés à l’initiative de M. Benichou, révèlent des pressions visant à obtenir 500 000 euros, assorties d’invitations à vendre son bien sans réaliser de plus-value. Face à cette situation, qualifiée de "climat de menace", la famille Benichou quitte précipitamment la Corse en hélicoptère pour rejoindre Monaco, puis Israël.

 

 

Procédure judiciaire et condamnations

Deux ans plus tard, en 2019, le couple dépose plainte. L’instruction n’aboutit à aucune charge contre Antoine Milanini, qui a toujours contesté toute implication. En revanche, le tribunal correctionnel d’Ajaccio condamne Alain Terrazzoni à quatre ans de prison, dont 30 mois avec sursis probatoire, ainsi qu’à 50 000 euros d’amende pour tentative d’extorsion. Jean-Jacques Pietri a, pour sa part, été reconnu coupable de complicité et condamné à 24 mois de prison, dont 16 mois avec sursis probatoire, assortis d’une amende de 20 000 euros.

Le tribunal a ainsi suivi les réquisitions du parquet, évoquant un "climat de terreur" orchestré par le principal prévenu et son complice.



Source : batirama.com / AFP / Laure Pophillat / © portovecchio-tourisme.corsica

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